AUDITEUR

Claude Lambert

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hécatombe

Au global
4 out of 5 stars
Performance
5 out of 5 stars
Histoire
4 out of 5 stars

Évalué le: 2021-04-19

Un tueur en série, monstre cruel et sans conscience appelé LE VOYAGEUR assassine la femme et la fille de Charlie Parker, un policier ivrogne, du moins au départ. Charlie, appelé BIRD, soupçonné par ses collègues, démissionne de la police et mène sa propre enquête en ruminant sa vengeance. Voilà toute l’histoire. Facile à suivre avec un fil conducteur à toute épreuve et une narration exécutée avec un calme désopilant et une signature vocale de type *multipiste* qui force l’attention. Donc excellente performance vocale de François Tavarès. J’avertis tout de même les auditeurs/auditrices, lecteurs/lectrices que ce roman est d’une infinie noirceur. La plume de Connoly est sans pitié à cause de son pouvoir descriptif qui est par moments d’une cruauté innommable. Les âmes sensibles pourraient trouver l’écoute ou la lecture difficile par moment, l’écriture étant très forte où on trouve, omniprésente, une violence démesurée. LE VOYAGEUR est une occasion pour l’auteur d’explorer les arcanes de la folie. L’imagination de Connoly pousse l’auditeur/lecteur à se demander si la folie doit bien avoir une limite à son déploiement.

C’est un roman très fort. Pas de doute. La partie de l’histoire se déroulant en Nouvelle-Orléans est particulièrement intéressante. La description des bayous est superbe. En général, ce livre est une hécatombe. Les morts s’empilent. C’est un peu surfait mais la principale faiblesse réside dans les personnages que j’ai trouvé plutôt vides et superficiels. En général, les personnages de cette histoire, peu travaillés, me rappellent un peu l’environnement de Dick Tracy, ce célèbre détective issu de la pop américaine, créé par Chester Gould. Les personnages sont, soit exagérément déformés sur le plan physique soit hideux par en dedans. Quant au héros de l’histoire, Charlie Parker, qui reviendra plus d’une quinzaine de fois dans la bibliographie de Connoly, Je n’ai pas pu m’y attacher. C’est un personnage froid, mû par la vengeance, devenu tueur, inatteignable. Mais comme c’est sa première apparition dans l’œuvre de l’auteur, je donnerai la chance au coureur. La principale force tient au fait que l’auteur développe son histoire lentement et avec beaucoup d’habileté jusqu’à une finale plutôt surprenante. Le style Connoly est définitivement addictif. Il m’a accroché dès le départ et m’a tenu en haleine. Et je le rappelle, son écoute est fort agréable.

narrateur à l'avant-plan

Au global
4 out of 5 stars
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5 out of 5 stars
Histoire
3 out of 5 stars

Évalué le: 2021-04-06

C’est une très longue histoire. Trop longue je dois dire. Aussi, il ne faut pas perdre de vue le fil conducteur de l’histoire : la quête désespérée de trois garçons, amis d’enfance : Rand, un jeune berger, Perin, un colosse à l’esprit lent et Mat, un petit farceur, malin et séducteur, leurs alliés : Moiren, une *aes sedai*, c’est-à-dire une super-magicienne, accompagné d’un guerrier et d’un trouvère, qu’on appellerait aujourd’hui un troubadour. C’est l’éternel combat entre le mal, représenté ici par le *ténébreux* et le bien, représenté par la lumière dont les combattant doivent affronter la flétrissure : un environnement putride créé par le ténébreux. Les combattants doivent accomplir la trame prévue par la roue du temps qui est ni plus ni moins que la destinée. Beaucoup d’éléments rappellent le Seigneur des anneaux, les chroniques de Krondor et même Harry Potter. Mais entendons-nous L’ŒIL DU MONDE n’arrive pas à la cheville de l’œuvre de Tolkien en particulier, ce dernier étant plus subtil, plus abouti, plus mature.


L’ouvrage a des forces intéressantes et j’ai plaisir à mettre en tête de liste l’incroyable performance du narrateur Arnauld Le Ridant qui ne cesse de m’étonner. L’écriture de Jordan est assez limpide. Je n’ai pas trouvé les personnages particulièrement travaillés mais j’ai trouvé le jeune Rand attachant et très humain malgré l’étoffe du héro qui lui est attachée. J’ai aussi beaucoup apprécié le personnage de Mat, qui vient alléger un contenu déjà assez lourd avec son attitude désinvolte et son beau sens de l’humour. Enfin j’ai apprécié l’importance que l’auteur a donné aux femmes dans son histoire, placées partie prenante de la culture de leur peuple. Dans un contexte d’heroic fantasy, ça fait du bien je pense. Je le rappelle, le pavé est trop long inutilement, un peu redondant et ce n’est que le premier tome. L’auteur innove très peu sur le thème de l’heroic fantasy. C’est réchauffé et prévisible même si j’ai trouvé la finale intéressante. Le rythme est modéré, peu de rebondissements. Au moins, les jeunes héros ne sont pas surfaits et le roman, sans être spectaculaire, est truffé de petites trouvailles intéressantes. Au final, ça mérite d’être écouté même s’il faut y mettre le temps

un touche-à-tout scientifique

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5 out of 5 stars
Histoire
5 out of 5 stars

Évalué le: 2021-03-18

J’aime bien m’offrir un bon documentaire à l’occasion, Les sciences et l’histoire m’attirent plus particulièrement. Malheureusement, peu de ces ouvrages m’ont emballé. Si j’exclus les livres spécialement écrits pour la jeunesse, ces ouvrages avaient à mes yeux des points en commun peu attrayants, les principaux étant la lourdeur et l’absence de vulgarisation. Bill Bryson a compris le problème et m’a surpris avec UNE HISTOIRE DE TOUT OU PRESQUE, un ouvrage généraliste sur les sciences et leur histoire. J’ai été émerveillé par l’esprit de synthèse de l’auteur, la clarté de son langage et l’excellence de la traduction ainsi que sa façon d’imbriquer l’humour dans ses exemples et en particulier ses comparaisons. Bryson fait une tournée des grands thèmes scientifiques à travers l’histoire : les origines de la vie, l’ADN, l’espace : planètes, météores, soleil et les étoiles. Il fait aussi une tournée des moments forts de la physique, de la chimie, la paléontologie, de l’astronomie, de la géologie et même de la philosophie. Et là où il m’a le plus surpris, c’est dans le développement des thèmes de l’infiniment grand et de l’infiniment petit. Pour moi c’est un chef-d’œuvre de rédaction.
Voilà, en gros, ce que je demande aux auteurs, spécialement dans les documentaires. Surprenez-moi, mais parlez pour que je comprenne. Mission accomplie pour Bill Bryson. Son ouvrage détruit des mythes tenaces, apporte des éclairages nouveaux sur la participation au développement scientifiques de grands esprits comme Albert Einstein. C’est un très bon livre. L’ensemble est attractif, léger et hautement instructif. J’ai aussi beaucoup aimé la prestation du narrateur Emmanuel Lemire qui lit sur le ton d’une discussion amicale autour d’une table avec du café et un entrain particulier qui veut nous entraîner dans la découverte d’un monde merveilleux. Ici le matériel vocal force l’attention, nul doute. Donc c’est un très bon livre, très accessible, peut-être sa plus belle qualité. C’est un ouvrage bien vulgarisé à la portée de tout le monde où le langage du quotidien de la vie et le langage de la science ont été savamment amalgamés.
On ne se surprendra donc pas que *UNE HISTOIRE DE TOUT OU PRESQUE* ait reçu, entre autres, le prix Aventis en 2004 du meilleur livre de vulgarisation scientifique aux États-Unis. En conclusion, je vous dis: Abordez ce livre sans crainte. Vous vous apprêtez à vous faire plaisir avec un bouquin *touche-à-tout* en matière de sciences.

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Un labyrinthe pour l'esprit

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4 out of 5 stars
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4 out of 5 stars
Histoire
4 out of 5 stars

Évalué le: 2021-03-01

C'est un roman complexe qui dénature l'espace-temps au profit d'un système qui ne sera dévoilé qu'à la fin, rien de moins qu'imprévisible, une finale fort intéressante mais qui manque un peu de saveur, ce qui n'est pas le cas du récit dans son ensemble alors que dès que vous croyez mettre la main sur un meurtrier potentiel, une chaîne d'évènements vous ramène à vos devoirs pour la simple raison que tout n'est qu'apparence comme dans SHUTTER ISLAND le livre célèbre de Dennis Lehane qui a entretenu dans son oeuvre une confusion savamment étudiée. LES SEPT MORTS D'EVELYN HARDCASTLE n'est qu'une longue mystification. Reste pour vous à découvrir sur quoi elle repose. Drogue ? Surnaturel ? Machiavélisme ? Un amalgame peut-être. L'intrigue est profonde et complexe. L'histoire débute d'ailleurs presque sur des chapeaux de roues. Un soir, à 11 heures très précises, Evelyn Hardcastle sera tuée. C'est Aiden Bishop qui est désignée pour découvrir le meurtrier et il n'a que quelques heures pour le faire. S'il ne réussit pas, il devra revivre la mort d'Evelyn chaque jour, sans arrêt, vivre chaque journée, qui sera toujours la même. Il n'y a qu'une solution pour sortir de ce cauchemar : fournir un nom à celui qu'on pourrait appeler le maître du jeu. Quand ce fut fait, je compris alors les motivations des mystificateurs et c'est là que j'ai consacré finalement l'originalité du roman : plus qu'un jeu, un défi pour l'esprit.

Turton entretient savamment le mystère et l'intrigue grâce à ses personnages bien modelés, travaillés en profondeur. Que ce soit le mystérieux docteur de Peste qui semble un intermédiaire dans cette histoire, ou l'énigmatique Hélene Hardcastle qui fût ma première suspecte officielle mais qui fut supplantée par la suite, ou le docteur Diggy qui semble en savoir très long ou monsieur Bell qui confirme un lien de la drogue avec cette histoire. Dites-vous bien que, vous explorez un pavé bourré de phrases masquées, de non-dits, de liens obscurs et d'énigmes qui gagnent en épaisseur au fil du récit. Je me demande comment ce serait débrouillé Hercule Poirot, le célèbre détective créé par Agatha Christie dans un casse-tête *mille pièces* comme celui-ci. J'ai beaucoup aimé relever ce défi. Ça m'a bousculé, brassé même. Mais j'y ai pris goût. Malgré tout, je déplore des longueurs, une grande quantité de personnages qu'il faut se remettre à l'esprit rapidement et une finale un peu molle mais le développement est impeccable. J'ai décidé de mettre de côté ce document audio pour le réécouter plus tard avec un esprit *rechargé*. Je crois que ça serait très intéressant. Pour son premier roman, je crois que Stuart Turnton s'est investi à fond. C'est prometteur. Beau travail du narrateur Laurent Natrella.


L'urgence des mots

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4 out of 5 stars
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5 out of 5 stars
Histoire
4 out of 5 stars

Évalué le: 2021-02-17

C'est une histoire prenante et même dérangeante. La narratrice, dont je n'aurai jamais connu le nom finalement, raconte sa vie et plus particulièrement ses premiers temps d'adolescence dans le Nunavut des années 70 à son village envahi par la nuit six mois par année. Dans ce récit magnifiquement narré, il m'a semblé entendre une longue déclamation de *la fureur de vivre*, pour emprunter le titre de l'oeuvre cinématographique immortelle de Nicholas Ray qui devait consacrer James Dean comme symbole de la jeunesse en crise. Car c'est bien d'une crise dont il s'agit ici. Pas seulement une crise d'adolescence, consécutive entre autres, au réveil hormonal, mais une crise existentielle...cri du cœur d'être une femme dans un monde régi par des hommes, d'être autochtone issue pas seulement d'un peuple mais de toute une race violée par les blancs envahisseurs. Le récit est difficile à suivre parce qu'il n'a pas vraiment de fil conducteur mais je me suis laissé submergé par les mots, les nuances d'une plume subtile, chaude et enveloppante.

La description de son accouchement et de ses bébés est particulièrement belle et c'est là que le récit bascule dans toute la force du drame. Déjà que le livre est dépaysant, il est devenu troublant, et sensiblement mystifiant. Son pouvoir descriptif, couplé à la beauté de la plume, le choix des mots et la magnifique prestation de Natasha Kanapé Fontaine m'ont rendu captif comme auditeur. Mais le récit n'est pas sans faiblesses. Outre la fragilité du fil conducteur, l'histoire est insolite, teintée de philosophie et de mysticisme et son caractère intimiste ouvre la voie à plusieurs passages qui m'ont paru hallucinants et peu crédibles. La plupart des personnages sont peu ou pas identifiés en commençant par la narratrice, et son meilleur ami appelé tout simplement le beau gars. Ce sont davantage des entités que des personnages et je n'ai pu m'y attacher. Mais je n'ai aucun doute sur la beauté du récit. Croc fendu est un long poème, donc matière à être interprété. Il est dramatique et porteur d'émotions d'autant que Madame Kanapé-Fontaine campe très bien son personnage.

manque quelque chose

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4 out of 5 stars
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5 out of 5 stars
Histoire
4 out of 5 stars

Évalué le: 2021-02-15

Ce livre, dans sa version audio, comporte quatre nouvelles et bien que je n'aie pas ressenti mon emballement habituel pour Stephen King, j'ai passé un bon moment d'écoute avec ces quatre nouvelles livrées à ma grande satisfaction par les talentueux narrateurs Mathieu Buscatto et Anne-Sophie Nallino. On dirait que King a changé. Les nouvelles de ce recueil sont noires, glauques et leur fond est violent mais je n'ai pas ressenti les émotions habituelles de frayeur, de stress et d'angoisse que projette habituellement King dans ses récits. J'ai senti comme de la retenue et une psychologie des personnages moins détaillées. Les nouvelles sont des romans courts et pourtant j'ai senti quelques longueurs, un peu de redondance. Mais là s'arrêtent les petites faiblesses de ce recueil car les nouvelles qui le composent sont, d'après moi d'une grande profondeur. Pas de monstres difformes, pas de spectre, pas de surnaturel. King a utilisé, avec son intelligence et son habileté habituelles, les tares de l'esprit humain: manipulation psychologique, jalousie, vengeance, envie, abus, violence. S'il y a un domaine où King continue d'exceller, c'est bien l'exploitation de la part sombre des êtres humains.

J'ai trouvé la première et la quatrième nouvelle particulièrement originales : 1922, un homme qui manipule psychologiquement son fils adolescent pour qu'il participe au meurtre de sa mère. Ce sujet, développé froidement a heurté ma sensibilité. C'est, à mon avis, la nouvelle la mieux aboutie du recueil. La quatrième nouvelle, BON MÉNAGE, a suscité en moi un questionnement induit par cette capacité de King de nous amener aux portes du cauchemar. Comment une femme peut-elle vivre sans le savoir, depuis 20 ans avec un meurtrier en série. Belle trouvaille. Les deux autres nouvelles sont très bien écrites mais développent des sujets déjà-vus en littérature : l'histoire de l'agresseur agressé et une espèce de pacte avec le diable pour s'assurer un supplément de vie. Impression de déjà vu oui, mais à la sauce King, grinçant, acide, avec parfois de l'humour noir. C'est un livre sans trop de surprises, sûrement pas le meilleur de King, du moins, dans le style auquel il nous a habitué. Les narrateurs m'on fait oublier ce que je n'ai pas trouvé en lui. Ça ne passera pas à l'histoire mais j'ai tout de même apprécié.

pas génial mais disons très intéressant

Au global
4 out of 5 stars
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5 out of 5 stars
Histoire
3 out of 5 stars

Évalué le: 2021-02-03

L’histoire tourne autour de Thérèsa, fille du scribe Gorgia qui travaille sur un document de la plus haute importance et dont la vie est menacée. Thérèsa est apprentie parcheminière, mais elle deviendra, au fil des évènements, adjointe du frère diacre Alcuin d’York qui enquête sur des meurtres et divers évènements, tous liés au parchemin sur lequel travaille Gorgia : rien de moins que la donation de Constantin. Autant de mort et de souffrance pour la gloire des papes, représentant sur terre Jésus qui prêchait la pauvreté. Sans trop le savoir, la jeune scribe tient entre ses mains le destin de l’occident et l’avenir de la chrétienté. Un rôle très lourd et très meurtrier. C’est une histoire lourde, complexe, au fil conducteur fragile parce que trop tentaculaire. Le regard sur l’histoire est intéressant mais manque de fini. Comme le dit l’auteur lui-même, un roman historique est avant tout un roman. Plusieurs passages sont exagérés et emphatiques. Les personnages ne sont pas d’une même profondeur, même Thérèsa, mais le frère Alcuin d’York est intéressant.


D’abord, Alcuin d’York (732-804) est un personnage historique authentique. Célèbre théologien, conseiller de Charlemagne sous l’empire, sa tutelle intellectuelle aura largement influencé une Europe en devenir. Mais dans le roman de Garrido, sa nature est un peu différente, plus obscure, pas très nette et très ampoulée. Son raisonnement me rappelle un peu Sherlock Holmes et dans une moindre mesure, Guillaume de Baskerville, personnage central du livre de Umberto Eco LE NOM DE LA ROSE mais là s’arrête la comparaison, D’York étant loin d’avoir la pureté du célèbre franciscain enquêteur créé par le grand Eco. Le langage que Garrido prête dans son livre à Alcuin D’York est déclamé, long, prétentieux et très technique. Trop pour un roman dont le centre est un parchemin capital pour la chrétienté. Il est vrai que même si ses déductions ne finissent pas de finir, elles entraînent les auditeurs/auditrices, lecteurs-lectrices dans une intéressante suite de rebondissements. C’est la principale force de l’œuvre à laquelle j’ajoute une excellente prestation de la narratrice Ana Piévic, qui a mis dans prestation force cœur et talent…largement suffisant pour écouter ou lire le livre.

Une uchronie avec beaucoup d'imagination

Au global
4 out of 5 stars
Performance
4 out of 5 stars
Histoire
4 out of 5 stars

Évalué le: 2021-01-28

Voici donc la conclusion de la fameuse tétralogie uchronique des origines. Une série qui aura satisfait finalement l’amateur que je suis de complots, d’intrigues, d’espionnage : mélange explosif dans lequel l’auteur a habilement imbriqué la science-fiction et bien que Przybylski ait retravaillé l’histoire, le récit a assurément un lien avec l’actualité. Ceux et celles qui ont lu les quatre livres se rappelleront que tout a commencé avec la découverte, par des SS, de preuves irréfutables de la présence extra-terrestre parmi nous. C’est un des liens avec l’actualité. Comme on le sait, ce sujet est devenu une conviction de société. Par la suite, les extra-terrestres se sont manifestés et c’est ainsi qu’a commencé un jeu sordide de manipulation, de pouvoir, de contrôle allant jusqu’à l’expérimentation sur des sujets humains finissant suppliciés et que de monstrueuses créatures du nazisme et des SS sont devenus des instruments, marionnettes des étrangers tel le démon blond : Reinhard Heydrich. Le quatrième livre est très axé sur les horreurs innommables des SS pendant la deuxième guerre mondiale. Certains passages pourraient heurter les âmes sensibles.
Le lien avec la science-fiction m’a particulièrement captivé. Les motivations des extra-terrestres m’ont rappelé celles aliens de INDEPENDANCE DAY, film de Rolland Emmerich. Le lien avec l’actualité aussi comme la destruction d’un ovni qui s’est écrasé près de Roswell. Dois-je rappeler que cette affaire est restée jusqu’à nos jours fort énigmatique. J’ai aimé la progression de cette histoire. Un peu moins sa finale, la progression m’ayant préparé à mieux. L’auteur part de faits avérés sur le plan historique et bâtit une uchronie avec beaucoup d’imagination. La plume est fluide, claire et rien ne permet à l’auditeur et à l’auditrice de perdre le fil conducteur de l’histoire. Donc, c’est facile à suivre. Avec sa connaissance pointue de l’histoire, l’auteur nous offre avant tout un récit historique, crédible, convaincant et photographique, me donnant l’impression d’être dans l’action, témoin de l’apparition d’un ovni, venu de nulle part. L’auditeur ou le lecteur ne voit plus le temps passer. La faiblesse, si on peut dire est que la tétralogie n’apporte rien de nouveau au genre et emprunte un peu trop au style X FILES mais j’ai consommé, si je puis dire, un sympathique moment d’écoute. Le narrateur a fait un assez bon boulot.

Au-delà des auteurs...les acteurs

Au global
3 out of 5 stars
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5 out of 5 stars
Histoire
2 out of 5 stars

Évalué le: 2021-01-26

C'est ici que je propose mon commentaire global sur la série. C’est une histoire étrange, glauque. La production est omni sonore avec voix, effets sonores, bruits d’atmosphère, musique. Il y a au moins un point en commun dans ces 13 épisodes, l’atmosphère est lourde de mystère et m’a rappelé un peu ma lecture de L’EXORCISTE de William Peter Blatty ou mon visionnement de DAMIEN LA MALÉDICTION de Richard Donner (novellisé en anglais). L’atmosphère et le jeu des acteurs sont ce qu’il y a de plus réussi dans l’œuvre. Pour ce qui est de l’histoire…eh bien…c’est une autre histoire. L’œuvre évoque l’obscurantisme si longtemps entretenu par l’église avec ce que ça comporte d’hérésie, de chasse aux sorcières et d’inquisition. Dans MALFOSSE, on parle de démonologie, de messes noires, d’invocation du démon, de démonologie. Bref, on parle du mal. Rien de neuf. Il y a beaucoup d’irritants : en particulier des sauts temporels qui m’ont donné le vertige, de brusques changements de rythme, un fil conducteur déficient laissant à entendre que les auteurs ne se sont pas entendus entre eux. Les chapitres sont disparates, inégaux en longueur et en intensité comme un enchaînement de nouvelles différentes mais qui parlent de la même chose.
Enfin, j’aurais souhaité qu’Audible présente la série en un seul livre et en respectant la chronologie au lieu de télécharger chaque épisode et de repérer l’ordre de ces épisodes à chaque fois qu’on veut en écouter un. Je n’ai pas compris l’ordre dans lequel les épisodes sont inscrits. La présentation éditoriale est bâclée et ne prête pas, dans l’ensemble, à une écoute satisfaisante. Les acteurs m’ont tenu dans le coup. Leur jeu, parfois impressionnant mais sans jamais tomber dans l’excès a donné à l’ensemble un petit quelque chose d’immersif. Voix et expression agréable. Autrement dit, ils ont sauvé les meubles. Pour le reste, ou bien quelque chose m’a échappé dans le concept ou bien le concepteur devrait refaire ses devoirs. C’est dommage car le premier épisode était prometteur et la finale, intéressante…improbable. Au final, je crois que le jeu des acteurs vaut l’écoute.

La poésie d'un passé trouble

Au global
5 out of 5 stars
Performance
4 out of 5 stars
Histoire
5 out of 5 stars

Évalué le: 2021-01-18

J'avais l'impression d'être assis à une table avec Dan Bigras, devant une tasse de café fumant, sagesse oblige. J'écoutais le rocker québécois raconter son histoire sur un ton de connivence, chaleureux, intimiste. C'est ce que je retiens de cette écoute, que Dan Bigras se confiait à moi personnellement. LE TEMPS DES SEIGNEURS est l'autobiographie d'un homme au passé agité, malmené avec des hauts très élevés et des bas dramatiques. Comment ne pas être attentif et concentré devant un tel dénuement. L'auteur se confie mais aussi se défoule dans un exercice qui a un petit caractère thérapeutique. Pour moi c'est important car cela donne le récit d'un homme authentique qui a un parcours de vie parfois tordu mais tellement riche d'enseignement. Dan m'a fait oublier le temps qui passe avec, entre autres, beaucoup de passages porteurs d'émotions....des émotions qui m'ont brassé pas mal, en particulier la mort de son frère, ses relations familiales, sa rencontre avec Gerry Boulet qui fut d'abord une collaboration et par la suite une amitié cimentée, sa passion pour les arts martiaux, son déficit d'attention, ses nombreuses petites allusions aux seigneurs, c'est-à-dire les manipulateurs, exploiteurs, profiteurs, ambitieux et grands patrons cupides. J'ai beaucoup aimé les passages où Dan Bigras évoque les moments de sa vie, nombreux, où il se sentait en étau entre le *gros Dan* et le *Petit Daniel* et les moments qui ont suivi la décision définitive de son abstinence, sans oublier son dévouement pour LE REFUGE.

Je n'ai que deux petits reproches et encore là, je ne peux pas vraiment reprocher à Dan d'avoir été lui-même mais j'aurais quand-même souhaité un tout peu moins de crudité dans son langage et un peu moins de sacres. Je ne suis pas puritain mais un peu moins de rudesse dans le langage n'aurait nui ni à l'oeuvre ni à l'identité de l'auteur. Je regrette aussi de ne pas en avoir su davantage dans la relation entre Dan Bigras et son fils. Il en parle peu et ne fait qu'effleurer la question. Je n'ai lu aucun commentaire là-dessus mais ça m'a manqué. Donc j'ai beaucoup aimé ce récit, sa spontanéité, son authenticité, son ton de confidence et son humour aussi. En effet, vous allez *voir*, à l'écoute de ce récit que Dan Bigras ne manque pas d'humour, un peu pince sans rire avec le genre qui, souvent, pointe du doigt. À l'écoute de ce récit, j'ai ressenti un mélange de joie et de tristesse et aussi de l'admiration et je me suis laissé enveloppé par les nombreux poèmes *semés à tout vent* dans le récit. Un très beau moment d'écoute, attractif et chaleureux.

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