Au Japon, une campagne électorale éclair sous l'oeil de Pékin et Washington
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Direction l'Asie, et plus précisément le Japon où on s’apprête à voter dimanche 8 février pour des législatives anticipées après la plus courte campagne électorale de l’après-guerre.
C’est la cheffe du gouvernement Sanae Takaichi, première femme à occuper le poste après avoir été désignée en octobre qui a déclenché ces élections anticipées il y a moins de deux semaines. Le but c'est de profiter de sa popularité personnelle pour renforcer la majorité parlementaire de son parti actuellement très courte. Cette ancienne batteuse dans un groupe de heavy Metal à l’université ne cache pas ses vues nationalistes et conservatrices. La campagne se joue d’ailleurs en partie sur le thème de la place des étrangers avec la progression d’un parti nationaliste. L'inflation est aussi un enjeu important. Sanae Takaichi propose l’exemption d’une taxe sur la consommation pour une durée de deux ans. Et ses adversaires se demandent si cette admiratrice de l’ancienne première ministre britannique Margaret Thatcher ne va pas plutôt ressembler à Liz Truss, autre cheffe du gouvernement britannique, mais particulièrement éphémère après avoir proposé des mesures fiscales non financées.
Tensions avec la ChineCette campagne se déroule dans un contexte de fortes tensions diplomatiques avec la Chine. Depuis que Sanae Takaichi a laissé entendre que son pays pourrait intervenir militairement si la Chine mettait à exécution ses menaces de s’emparer de Taïwan par la force. La crise qui s’en est suivie n’est toujours pas retombée. La Chine a déconseillé à ses ressortissants de se rendre au Japon où ils constituent le premier contingent touristique. Dans le cadre de sa célèbre diplomatie du panda, elle a rapatrié les deux plantigrades qu’elle prêtait au zoo de Tokyo. Et surtout, elle a interdit l’exportation vers le Japon des biens à double usage, c’est à dire des biens qui peuvent avoir une utilisation à la fois civile et militaire. Parmi ces biens, les fameuses terres rares, indispensables à de nombreux secteurs industriels, des hautes technologies à l’automobile.
Proximité avec Donald TrumpEt pour faire face, la cheffe du gouvernement japonais compte sur Donald Trump. Avec le président américain, elle a affiché une grande proximité lors de sa visite au Japon et son discours prononcé sur un porte-avion américain fin octobre. Le Japon fait partie intégrante de la stratégie de sécurité nationale américaine en Asie. Les États-Unis veulent dissuader la Chine en nouant des alliances militaires locales fortes. Mais le président américain doit aussi ménager son rival chinois, justement à cause de son quasi-monopole sur les terres rares raffinées. La Chine ne s’est pas gênée pour le rappeler à l’occasion la crise avec le Japon. Selon des informations de presse, le président américain a appelé Sanae Takaichi pour lui demander de ne pas provoquer la Chine au sujet de Taïwan. Le Japon a démenti, mais la Maison Blanche a ensuite publié un communiqué indiquant que tout le monde a intérêt à ce que les États-Unis et la Chine s’entendent bien. Et ce n’est sans doute pas un hasard si le Japon a indiqué hier avoir trouvé dans ses fonds marins des terres rares tant recherchées par les États-Unis pour réduire leur dépendance.