Page de couverture de Malgré les négociations, la paix en Ukraine ne semble pas vraiment proche

Malgré les négociations, la paix en Ukraine ne semble pas vraiment proche

Malgré les négociations, la paix en Ukraine ne semble pas vraiment proche

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Les négociations entre Russes Ukrainiens et Américains reprennent aujourd’hui à Abou Dhabi pour tenter de mettre fin à la guerre en Ukraine. Une guerre qui malgré les difficultés des deux camps, continue sans grand espoir de fin rapide.

Cela fera bientôt quatre ans depuis le début de l'agression russe en Ukraine. Hier encore, malgré un accord négocié pour mettre fin aux attaques sur les infrastructures énergétiques alors que l’hiver est glacial, la Russie a lancé sa plus puissante attaque de ce type en 2026, plongeant à nouveau une partie de la capitale ukrainienne dans le froid et le noir. L’Ukraine continue pour sa part d’attaquer des villes occupées par la Russie en faisant des dégâts et des morts. On connait le point dur de la négociation : c’est la question territoriale. La Russie veut le Donbass, qu’elle n’a conquis que partiellement, et l’Ukraine ne veut pas le céder puisqu’elle ne l’a pas perdu entièrement.

Souffrance des deux côtés

Et pourtant, les deux adversaires souffrent. Il y a quelques jours, le CSIS (en anglais), le centre pour les études internationales et stratégiques basé à Washington, évaluait à 2 millions le nombre total de victimes, morts, blessés et disparus dans ce conflit. Le total russe étant le double de celui de l’Ukraine. Et puis il y a l'aspect économique. Selon l’agence Bloomberg (en anglais), qui cite un rapport du ministère russe de l’économie, les commandes stratégiques russes qui avaient bondi de 30% par an pourraient cette année n’augmenter que de 4 à 5%. Une forme de plafonnement qui peut aussi indiquer que la Russie arrive quasiment au maximum des possibilités de militarisation de son économie. Cela s’explique notamment par la baisse de la part des ventes d’hydrocarbures dans le budget russe, de 40% en 2022, elle pourrait baisser à 22% cette année. Les sanctions internationales sont passées par là, même si l’économie russe a jusqu'ici montré sa résilience.

Du soutien pour Moscou...

Mais la Russie a du soutien. La Corée du Nord lui fournit des soldats. La Chine et l’Iran des technologies et des armes. Ces pays et d’autres continuent à commercer avec elle. L’an dernier, elle a vendu pour 15 milliards de dollars d’armement à une trentaine de pays. C’est une hausse par rapport à 2020. Parmi ces pays, il y a l’Inde. Qui s’est paraît-il engagée à ne plus acheter d’hydrocarbures russes, selon Donald Trump. On demande à voir, car l’Inde n’a pas confirmé et parce que ce ne serait pas la première fois que le président américain ferait des déclarations qui ne correspondent pas aux faits.

... Et pour Kiev

L’Ukraine aussi est soutenue. Moins par les Américains, désormais en position de médiateurs, que par les Européens. À la fois financièrement, logistiquement et en armement. Les armes sont souvent américaines, mais désormais payées par les Européens. Et le message en Europe, c’est qu’il n’y a aucune forme de fatigue dans ce soutien. Parce que pour les pays européens, et en particulier ceux de l’Europe de l’Est, l’Ukraine est un premier rempart, qui leur permet de gagner du temps face à une Russie devenue un pays organisé pour la guerre. C'est ce que confiait il y a quelques jours le président français Emmanuel Macron dans un documentaire télévisé autorisé : Vladimir Poutine fera tout pour ne jamais faire la paix. Trop difficile après ce qu'il a fait et parce que la situation actuelle correspond paradoxalement pour lui à un point d'équilibre.

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