Une vie apaisée, un troisième album en préparation, mais une santé qui décline... Le paludisme qui touche Victor gagne du terrain. La révolte populaire burkinabè aussi. La jeunesse du pays se lève contre le président Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans. En septembre 2015, Ouagadougou s'embrase, les tirs de mitraillettes et les couvre-feux rythment la vie sur place : le Burkina Faso vit un coup d’État. C'est dans ce contexte que Blanche, la femme de Victor, contacte Camille Louvel le 21 septembre pour lui annoncer l’impensable : Victor Démé est mort. Depuis ce jour, ses amis font perdurer son art et sa mémoire jusqu’à Marseille et Paris, où doivent se tenir deux concerts pour commémorer les dix ans de sa disparition en septembre 2025. Quelques jours avant les célébrations, Issouf Diabaté – guitariste virtuose qui a accompagné Victor Démé toute sa vie – disparaît dans un accident de moto. Les autres musiciens tiennent néanmoins à maintenir les concerts, rendant ainsi hommage à Victor et Issouf, deux légendes de la musique africaine. Indélébiles.
Victor Démé, considéré comme un véritable ambassadeur culturel du Burkina Faso, profite enfin d’une période calme après plusieurs tournées internationales. Il rassemble sa famille à Bobo-Dioulasso, construit sa maison et continue de composer des morceaux emblématiques. Il enregistre un troisième album au ton apaisant, invitant au pardon.
La disparition de Victor Démé et son héritage musical au Burkina Faso Mais l’histoire prend un tournant tragique en septembre 2015. Alors que le Burkina Faso est secoué par un coup d’État, Victor Démé décède d’une crise de paludisme à Bobo-Dioulasso le 21 septembre. La situation politique rend tout accès médical difficile, et sa famille doit organiser un enterrement rapide.
Tu étais impuissant. Tout est sclérosé. Tu ne peux pas bouger. Tu sais que tout ce qui pouvait être fait n'a pas pu être fait, puisque le pays est bloqué. – Camille Louvel, ami et co-producteur de Victor Démé.
Trois jours après sa mort, le pays est débloqué, et tous les musiciens se déplacent à Bobo-Dioulasso pour lui rendre hommage. L’épisode met en lumière l’héritage durable de Victor Démé. Ses filles, sa musique et ses valeurs continuent d’inspirer et de rassembler, tandis que des projets commémoratifs et des concerts hommages célèbrent sa mémoire et son œuvre.
Mort d'Issouf Diabaté : la disparition d'un pilier de la musique Été 2025, Issouf Diabaté comme tous les autres musiciens de Victor, s'apprête à donner deux concerts en hommage à Victor Démé, à Marseille et Paris. Une dizaine de jours avant son départ pour la France, le musicien emblématique de la scène musicale africaine décède tragiquement dans un accident de moto à Ouagadougou.
La perte d'Issouf n'a pas seulement été un choc pour sa famille et ses amis. Elle a également touché l'ensemble de la communauté musicale africaine. Celle-ci voyait en lui un pilier de la musique moderne. Issouf était capable de fusionner différents styles, tout en restant, à l'instar de Victor Démé, profondément ancré dans la tradition.
À écouter aussiVictor Démé et Acid Arab dans Musiques du monde (2015)
Avec :
Camille Louvel, ami et co-producteur de Victor Démé
Ali Diarra, ami et musicien de Victor Démé
Salif Diarra, ami et musicien de Victor Démé
Ata Seybu Démé, fille de Victor Démé
Sadia Seybu Démé, fille de Victor Démé
Victor Démé (archives)
Extraits musicaux :
Sindi Deni Ma – Yapa et Victor Démé (Chapa Blues Records)
Yafaké - Victor Démé (Chapa Blues Records)
Ambideu - Victor Démé (Chapa Blues Records)
Djabila - Victor Démé (Chapa Blues Records)
Tungan (live) - Victor Démé (Chapa Blues Records)
Sabu (live) - Victor Démé (Chapa Blues Records)
Écriture : David Commeillas
Coréalisation : Simon Decreuze