Épisodes

  • La conscience - Victor Hugo - La légende des siècles
    Dec 12 2025

    Nouvel épisode de poèmes à vous !


    Caïn, l’aîné, et Abel, tous deux fils d’Adam et Ève, voyaient leurs chemins se distinguer : Caïn travaillait la terre comme cultivateur, tandis que son frère Abel était berger. Ils offrirent chacun un sacrifice à Dieu, mais celui-ci accorda sa faveur à l’offrande d’Abel plutôt qu’à celle de Caïn. Rongé par la jalousie, Caïn tua son frère. En conséquence, Dieu le condamna à vivre dans l’errance.


    Victor Hugo, dans son magnifique poème « La Conscience », nous plonge alors au plus profond de l’âme de Caïn… et de sa conscience.


    Ingénieur du son : Damien Patou


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    6 min
  • Le Pont Mirabeau - Guillaume Apollinaire - Alcools, 1913
    Nov 28 2025

    Nouvel épisode de Poèmes à vous !


    Le Pont Mirabeau - Guillaume Apollinaire - Alcools, 1913


    Sous le pont Mirabeau coule la Seine

    Et nos amours

    Faut-il qu’il m’en souvienne

    La joie venait toujours après la peine

    Vienne la nuit sonne l’heure

    Les jours s’en vont je demeure

    Les mains dans les mains restons face à face

    Tandis que sous

    Le pont de nos bras passe

    Des éternels regards l’onde si lasse

    Vienne la nuit sonne l’heure

    Les jours s’en vont je demeure

    L’amour s’en va comme cette eau courante

    L’amour s’en va

    Comme la vie est lente

    Et comme l’Espérance est violente

    Vienne la nuit sonne l’heure

    Les jours s’en vont je demeure

    Passent les jours et passent les semaines

    Ni temps passé

    Ni les amours reviennent

    Sous le pont Mirabeau coule la Seine

    Vienne la nuit sonne l’heure

    Les jours s’en vont je demeure


    Photo : Le Pont Mirabeau - P. Narmuse, edit , Paris


    Musique : Chopin - Prélude No. 4 in E minor op 28


    Ingénieur du son : Damien Patou


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    2 min
  • L’Horloge - Charles Baudelaire - Les fleurs du mal
    Nov 21 2025

    Nouvel épisode de poèmes à vous !


    L’Horloge - Charles Baudelaire - Les fleurs du mal


    Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : » Souviens-toi !
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d’effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible,

    Le plaisir vaporeux fuira vers l’horizon
Ainsi qu’une sylphide au fond de la coulisse ;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.

    Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote : Souviens-toi ! – Rapide, avec sa voix
D’insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j’ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

    Remember ! Souviens-toi, prodigue ! Esto memor !
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or !

    Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c’est la loi.
Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.

    Tantôt sonnera l’heure où le divin Hasard,
Où l’auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le repentir même (oh ! la dernière auberge !),
Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard ! »


    Musique : Jean Sébastien Bach - The Well - tempered Clavier : Book 1, 1. Prelude C Major, BWV 846


    Tableau : Dalí - La persistance de la mémoire


    Belle écoute 😘






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    2 min
  • La mort du loup - Alfred de Vigny - Les Destinées - 1864
    Nov 12 2025

    Nouvel épisode de Poèmes à vous !


    La mort du loup - Alfred de Vigny - Les Destinées - 1864


    Monteur son : Damien Patoux


    Tableau : Frederic Remington - Moonlight Wolf


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    7 min
  • Je t’aime - Paul Éluard
    Jul 8 2025

    Nouvel épisode de Poèmes à vous !


    Je t’aime - Paul Éluard


    Je t’aime pour toutes les femmes

    Que je n’ai pas connues

    Je t’aime pour tout le temps

    Où je n’ai pas vécu

    Pour l’odeur du grand large

    Et l’odeur du pain chaud

    Pour la neige qui fond

    Pour les premières fleurs

    Pour les animaux purs

    Que l’homme n’effraie pas

    Je t’aime pour aimer

    Je t’aime pour toutes les femmes

    Que je n’aime pas


    Qui me reflète sinon toi-même

    Je me vois si peu

    Sans toi je ne vois rien

    Qu’une étendue déserte

    Entre autrefois et aujourd’hui

    Il y a eu toutes ces morts

    Que j’ai franchies

    Sur de la paille

    Je n’ai pas pu percer

    Le mur de mon miroir

    Il m’a fallu apprendre

    Mot par mot la vie

    Comme on oublie


    Je t’aime pour ta sagesse

    Qui n’est pas la mienne

    Pour la santé je t’aime

    Contre tout ce qui n’est qu’illusion

    Pour ce cœur immortel

    Que je ne détiens pas

    Que tu crois être le doute

    Et tu n’es que raison

    Tu es le grand soleil

    Qui me monte à la tête

    Quand je suis sûr de moi

    Quand je suis sûr de moi


    Tu es le grand soleil

    Qui me monte à la tête

    Quand je suis sûr de moi

    Quand je suis sûr de moi


    Paul Eluard


    Musique : Le carnaval des animaux - Le Cygne - Camille Saint-Saëns


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  • Notre Mouvement- Paul Éluard
    Jan 26 2025

    Nous vivons dans l'oubli de nos métamorphoses
Le jour est paresseux mais la nuit est active
Un bol d'air à midi la nuit le filtre et l'use
La nuit ne laisse pas de poussière sur nous


    Mais cet écho qui roule tout le long du jour
Cet écho hors du temps d'angoisse ou de caresses
Cet enchaînement brut des mondes insipides
Et des mondes sensibles son soleil est double


    Sommes-nous près ou loin de notre conscience
Où sont nos bornes nos racines notre but


    Le long plaisir pourtant de nos métamorphoses
Squelettes s'animant dans les murs pourrissants
Les rendez-vous donnés aux formes insensées
À la chair ingénieuse aux aveugles voyants


    Les rendez-vous donnés par la face au profil
Par la souffrance à la santé par la lumière
À la forêt par la montagne à la vallée
Par la mine à la fleur par la perle au soleil


    Nous sommes corps à corps nous sommes terre à terre
Nous naissons de partout nous sommes sans limites


    Image : Princesse Mononoké

    Musique : Joe Hisaishi - Ashitaka and San


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    3 min
  • Les Étrennes des orphelins - Arthur Rimbaud
    Dec 6 2024

    C’est l’un des tout premiers poèmes de Arthur Rimbaud


    Il avait seulement 16 ans lorsqu’il composa ce poème en 1870


    Bel écoute


    Musique : Joep Beving - Roses


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    10 min
  • Joseph Ponthus - À la ligne
    Sep 26 2024

    Il y a, à chaque millénaire, des témoignages, des sensibilités, des mémoires bénéfiques pour la société et l’âme humaine.


    Ces feuillets d’usine en font partie.


    Avec courage, humour, intelligence et sensibilité, Joseph Ponthus nous livre son quotidien d’ouvrier intérimaire, employé dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons.


    C’est par amour qu’il migre à Lorient pour rejoindre son épouse, et c’est pour survivre que, chaque soir, à la sortie de l’usine, il se confie dans ses feuillets, sans ponctuation, sans « gras », en prenant soin de revenir chaque fois à la ligne. Comme à l’usine.


    Aujourd’hui, Joseph, vous n’êtes plus, mais sachez qu’à jamais, et pour toujours, je vous écouterai nous raconter, avec humanité et amour, sans jugement, tous ces hommes et femmes avec qui vous avez travaillé à l’usine.


    Vous entendre dans vos interviews parler de vos grands souvenirs de lecture, vous entendre chantonner Charles Trenet, Jacques Brel et d’autres, voir vos yeux briller, étonnés du fabuleux tour que vous joue votre destin, resteront pour moi une source d’inspiration inépuisable.


    Merci pour votre témoignage, cette immersion poétique, nécessaire.


    À la ligne


    Joseph Ponthus, pour l’éternité.


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