Épisodes

  • Emmanuel Lepage, à l’encre du voyage
    Feb 1 2026

    Entre les pages des BDs et récits dessinés d’Emmanuel Lepage, soufflent de grands vents, ceux de l’océan Austral et des confins du monde. Rencontre avec un dessinateur à l’âme nomade et fraternelle.

    Dessiner des lieux inaccessibles, extrêmes disent certains, raconter ses voyages à hauteur d’homme et de pinceau, c’est ce que s’attache à faire le dessinateur breton, Emmanuel Lepage, depuis une décennie au moins, après avoir surtout fait de la fiction…

    Dans « Voyage aux îles de la désolation », publié en 2011, on le suit embarqué sur le Marion Dufresne, mythique bateau ravitailleur des Terres Australes et Antarctiques Françaises, à la découverte de cette France du bout du monde ; une BD qui avait donné envie à beaucoup de prendre la mer et partir dans les archipels de Crozet ou Kerguelen.

    Depuis, Emmanuel Lepage s’est rendu en Terre Adélie en Antarctique, dans la région sinistrée de Tchernobyl, en Guyane ou dans le désert d’Atacama… Livrant à chaque fois des récits sensibles aux allures de témoignages, des images, des dessins puissants qui invitent à la contemplation.

    Fasciné par les milieux marins -il est le premier dessinateur de BD français à décrocher le titre de peintre officiel de la Marine-, Emmanuel Lepage s’invite donc surtout dans des lieux âpres, lointains, où l’homme n’a pour ainsi dire pas sa place ou la cherche... Souvent d’ailleurs dans ses livres, il se demande ce qu’il fait là, ce qu’il fera de ce voyage-là.

    Son dernier voyage est un retour dans les terres australes, à Kerguelen, douze ans après son itinérance sur le Marion. Un moment hors du temps et loin de tout, retracé dans « Danser avec le vent », paru en France aux Éditions Futuropolis. Une ode à la joie, à la beauté du monde et à la vie en communauté à plus de 3 400 km de la première terre habitée.

    En savoir plus:

    - Sur « Danser avec le vent » et les autres récits d'Emmanuel Lepage, parus aux Éditions Futuropolis

    - Sur les TAAF, Terres australes et Antarctiques Françaises

    - Sur les peintres officiels de la Marine.

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    49 min
  • Sénégal Oriental: sur la piste du Caméléon #02
    Jan 25 2026

    Tout au sud-est du pays, les ethnies minoritaires portent encore fièrement leurs identités et leurs traditions, malgré l’isolement ou l’exode rural. Un patrimoine culturel rare à découvrir à travers un nouvel itinéraire : la piste du Caméléon.

    Le Caméléon, c’est l’animal totem des ethnies Bassari et Bédik. Un animal, réputé pour sa patience, qui correspond bien à la résilience et la capacité d'adaptation qu’ont développées à travers le temps les ethnies dites minoritaires du Sénégal Oriental, situées non loin du Mali et de la Guinée.

    Autrefois chasseurs-cueilleurs, ces ethnies Bédik, Bassari ou Dialonké -les Coniagui étant eux surtout situés du côté de la Guinée- ont longtemps vécu à l’écart du monde, parfois perchés en hauteur dans des villages traditionnels. Et aujourd'hui, elles ont décidé de partager leurs cultures ancestrales avec les gens de l’extérieur, qu’ils soient Africains ou Occidentaux à travers cette piste du Caméléon.

    Imaginé par les populations elles-mêmes, ce projet culturel et touristique, développé avec l’ONG de coopération internationale Tetraktys et l’Association des Minorités Ethniques, est une occasion rare de découvrir, en immersion, les cultures Dialonké, Bedik ou Bassari pour en comprendre la richesse mais aussi la fragilité.

    Loin des grands centres urbains, à plus de 700 km de Dakar, le pays dit Bassari est extrêmement isolé et l’exode rural ou le réchauffement climatique menacent ces rites encore pétris d’animisme. Conscients de ces enjeux, des gardiens de la tradition veillent et s’efforcent de transmettre et valoriser ces cultures, notamment à travers le circuit du Caméléon perçu comme un facteur de développement local.

    Itinérance de villages en villages, de Malinda à Ethiolo en passant par Fongolimbi et Kounsi, à travers des paysages de savanes boisées, de collines verdoyantes, d’éperons rocheux ou de cascades impétueuses, dans une région classée patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO.

    Un voyage sonore en deux épisodes de Raphaëlle Constant.

    En savoir plus :

    - Sur les 4 ethnies minoritaires du Sénégal Oriental, un document utile édité par l’Association des Minorités Ethniques sur les principaux événements culturels coutumiers de ces communautés

    - Sur le circuit culturel et touristique en pays Bassari La Piste du Caméléon

    - Sur l’action de l’ONG Tetraktys, présente dans 13 pays, qui intervient depuis 20 ans au Sénégal Oriental. Elle accompagne l’essor d’un tourisme durable dans la région et la valorisation des patrimoines comme vecteur de développement local

    - Sur le photographe français Julien Masson, auteur des images qui accompagnent ce voyage sonore.

    En images

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  • Sénégal Oriental: sur la piste du Caméléon #01
    Jan 18 2026

    Tout au sud-est du pays, les ethnies minoritaires portent encore fièrement leurs identités et leurs traditions, malgré l’isolement ou l’exode rural. Un patrimoine culturel rare à découvrir à travers un nouvel itinéraire : la piste du Caméléon.

    Le Caméléon, c’est l’animal totem des ethnies Bassari et Bédik. Un animal, réputé pour sa patience, qui correspond bien à la résilience et la capacité d'adaptation qu’ont développées à travers le temps les ethnies dites minoritaires du Sénégal Oriental, situées non loin du Mali et de la Guinée.

    Autrefois chasseurs-cueilleurs, ces ethnies Bédik, Bassari ou Dialonké -les Coniagui étant eux surtout situés du côté de la Guinée- ont longtemps vécu à l’écart du monde, parfois perchés en hauteur dans des villages traditionnels. Et aujourd'hui, elles ont décidé de partager leurs cultures ancestrales avec les gens de l’extérieur, qu’ils soient Africains ou Occidentaux à travers cette piste du Caméléon.

    Imaginé par les populations elles-mêmes, ce projet culturel et touristique, développé avec l’ONG de coopération internationale Tetraktys et l’Association des Minorités Ethniques, est une occasion rare de découvrir, en immersion, les cultures Dialonké, Bedik ou Bassari pour en comprendre la richesse mais aussi la fragilité.

    Loin des grands centres urbains, à plus de 700 km de Dakar, le pays dit Bassari est extrêmement isolé et l’exode rural ou le réchauffement climatique menacent ces rites encore pétris d’animisme. Conscients de ces enjeux, des gardiens de la tradition veillent et s’efforcent de transmettre et valoriser ces cultures, notamment à travers le circuit du Caméléon perçu comme un facteur de développement local.

    Itinérance de villages en villages, de Malinda à Ethiolo en passant par Fongolimbi et Kounsi, à travers des paysages de savanes boisées, de collines verdoyantes, d’éperons rocheux ou de cascades impétueuses, dans une région classée patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO.

    Un voyage sonore en deux épisodes de Raphaëlle Constant.

    En savoir plus :

    - Sur les 4 ethnies minoritaires du Sénégal Oriental, un document utile édité par l’Association des Minorités Ethniques sur les principaux événements culturels coutumiers de ces communautés

    - Sur le circuit culturel et touristique en pays Bassari La Piste du Caméléon

    - Sur l’action de l’ONG Tetraktys, présente dans 13 pays, qui intervient depuis 20 ans au Sénégal Oriental. Elle accompagne l’essor d’un tourisme durable dans la région et la valorisation des patrimoines comme vecteur de développement local

    - Sur le photographe français Julien Masson, auteur des images qui accompagnent ce voyage sonore.

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    49 min
  • Dakar-Djibouti: à vélo, le long de la Grande muraille verte
    Jan 11 2026

    Sur près de 8000 km, la Française Elodie Arrault a décidé de suivre, à pied, à vélo et en chameau, la grande ceinture végétale panafricaine. Pour en comprendre la réalité morcelée mais surtout dire l’urgence à coopérer et reboiser…

    Élodie Arrault est une femme à l’âme aventurière et sportive qui un jour, à l’aune de ses cinquante ans, a décidé de vendre sa maison et de tout quitter pour suivre la Grande muraille verte qui se déploie sur près de onze pays d’Afrique.

    Lancé en 2007, mais pensé dès les années 80, ce projet de rempart végétal et nourricier contre l’avancée du désert a, de par son envergure et son ambition, du mal à s’incarner pleinement tout le long des onze pays qu’il traverse : Sénégal, Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Nigeria, Tchad, Soudan, Éthiopie, Érythrée et Djibouti. Mais, des réalités de reboisement et de lutte contre la désertification existent bel et bien sur ce tracé mosaïque, qui d’ici 2030 vise à restaurer 100 millions d’hectares de terres dégradées; et c’est justement ce qu’est allée voir de plus près Élodie Arrault.

    Partir, c’est un luxe que certain.e.s peuvent s’accorder dans les contrées européennes, mais Élodie Arrault l’a fait au service d’un rêve et d’une transmission de savoirs et de bonnes pratiques agroécologiques. Un voyage sur près de 8000 km comme une manière d’aller aux sources de la vie, en suivant une ligne d’espoir et de coopération panafricaine, à la rencontre d’initiatives portées par les populations et ONG locales, dans des régions du Sahel en première ligne du dérèglement climatique où les ressources, à commencer par l’eau, manquent.

    En France, est sorti récemment un livre, Dadji. A la rencontre de la grande initiative verte panafricaine, une BD publiée aux Éditions Futuropolis qui retrace, avec les dessins de Joël Alessandra, ce voyage qu’Élodie Arrault aime à désigner en un jeu de mots comme humani-terre.

    En savoir plus :

    • Sur la BD « Dadji » retraçant ce voyage parue aux Éditions Futuropolis et illustrée par Joël Alessandra.
    • Sur la Grande muraille verte, le site de l’Agence Panafricaine de la Grande muraille verte.
    • Sur la déforestation en Afrique de l’Ouest, le site de la FAO ou Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture.
    • « Comment faire avancer la grande (et fragile) muraille verte? », une émission de 2023 de Caroline Lachowski Autour de la Question-RFI.
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    48 min
  • Empreintes coloniales à Neuchâtel
    Jan 4 2026
    Longtemps occultée et peu connue des Suisses eux-mêmes, la mémoire coloniale se partage désormais à même la rue et dans les musées de la cité helvétique. En arrivant dans la capitale cantonale de Neuchâtel, le voyageur peut partir à la découverte de son paisible lac, de son illustre industrie horlogère ou de ses vignobles qui ont façonné son paysage, mais aussi désormais, du passé colonial de la ville. Colonial… le mot peut laisser perplexe au sujet d’un pays, la Suisse, dénué d’accès à la mer et de colonies. Et pourtant, la Confédération a bel et bien un passé colonial, esclavagiste ; et ses villes, de Berne à Zurich en passant par Genève ou Neuchâtel en portent aujourd’hui les traces, après en avoir pour ainsi dire tiré les fruits. À Neuchâtel, noble cité lacustre de 45 000 habitants, le parcours interactif « Empreintes coloniales » se propose depuis 2023, de faire la lumière sur ce passé, dans l’espace public, au moyen d’une application sur sept sites emblématiques de l’implication coloniale de la ville. Imaginé par des historiens, après une vaste consultation d’habitants et de membres de la société civile, ce projet a vu le jour dans le sillage du mouvement Black Lives Matter, qui a aussi bousculé la vieille Europe, sa statuaire et ses figures controversées. Ainsi, à l’été 2020, à Neuchâtel, le débat s’est d’abord concentré sur la figure de David De Pury, un négociant neuchâtelois du XVIIIè siècle, qui a trempé dans le commerce esclavagiste et légué sa fortune à la ville, qui l’honorait tel un bienfaiteur. Depuis, la ville a adossé des explications et une œuvre d’art contemporain au pied de la statue de De Pury qui trône encore au milieu de la ville. Les musées de la ville s’engagent aussi dans une décolonisation de leurs collections, que ce soit au Musée d’Art et d’Histoire ou au Musée d’Ethnographie, une institution pionnière en la matière. Avec, en filigrane, la question de la restitution, qui sait, de certaines œuvres pillées en contexte colonial. Un reportage de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary initialement diffusé en mai 2024. En savoir plus : - Sur Neuchâtel et sa région, y aller, y séjourner - Sur le parcours connecté « Empreintes coloniales ». Il se découvre uniquement sur place, en visite à Neuchâtel, à travers l’application Totemi. - Sur l’exposition permanente « Mouvements » au Musée d’Art et d’Histoire de Neuchâtel et l’héritage colonial dans les musées - Sur le Musée d’Ethnographie de Neuchâtel, pionnier en Suisse d’une certaine décolonisation de ses pratiques muséales - Sur le consortium « Initiative Benin Suisse » qui rassemble huit musées helvétiques, en collaboration avec le Nigéria autour des fameux « Bronzes du Bénin » - Sur « le Musée « colonial » d’une Suisse sans empire », un article du conservateur Julien Glauser écrit à l’occasion des 100 ans du Musée d’Ethnographie de Neuchâtel - Sur le passé colonial suisse, un dossier intéressant de swiss.info - Sur le chocolat suisse, produit colonial par excellence, un article sur le site très documenté de Colonial-Local, sur les traces coloniales de Fribourg - Sur l’exposition « Mémoires. Genève dans le monde colonial » qui se tient au MEG jusqu’au 5 janvier 2025 - Sur la prochaine exposition du Musée National Suisse de Zurich, sur le passé colonial de la Suisse. Ouverture en septembre 2024.
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    49 min
  • Hekla, la reine des volcans d'Islande
    Dec 28 2025

    Sur cette île de glace et de feu truffée de volcans, le Mont Hekla tient une place à part. Il est un mythe puissant mais aussi une présence singulière, familière pour ceux qui vivent à ses pieds.

    Dans les Hautes Terres du Sud islandais, parmi la roche basaltique et de vastes étendues de landes rases, recouvertes de neige à l’hiver, le volcan Hekla règne en majesté. Culminant à 1 488 mètres d’altitude, ce stratovolcan a connu vingt éruptions depuis l’an 874, ce qui en fait l’un des volcans les plus actifs de l’île. Dans les légendes locales ou sur les gravures anciennes, il n’est pas rare de retrouver Hekla, une montagne de feu que l’on dit impétueuse, dangereuse, car imprévisible. On l’a surnommée jadis « la porte de l’enfer », une image colportée, dit-on, par des moines cisterciens au Moyen Âge.

    Située sur la dorsale médio-Atlantique, l’Islande est à la frontière des plaques tectoniques, eurasienne et nord-américaine, mais aussi à la verticale du plus important point chaud de la planète. Ce qui explique l’intense activité volcanique de l’île, qui doit justement son apparition, son émergence à l’accumulation progressive de coulées de lave, en plein milieu de l’océan. Là-bas, on peut alors entendre et voir le cœur de la planète battre, avec ces innombrables geysers, volcans, champs de lave, sources chaudes ou plages de sable noir. Sur les 130 volcans que compte l’Islande, plus d’une trentaine sont actifs.

    Imprégnant les imaginaires comme le quotidien des Islandais, ces géants de lave font bien plus que partie du paysage. Ils sont le socle d’une culture et d’un rapport au monde singulier, plus résilient, poétique aussi. S’adapter, vivre en paix avec l’incertitude, la violence des éléments, mais aussi leurs beautés, c’est ce que nous enseigne ce peuple qui vit au rythme des éruptions et parfois au pied des volcans. Un peuple pour qui Hekla demeure la Reine.

    Un reportage de Brice Andlauer, au pied du Mont Hekla, dans le sud de l’Islande, initialement diffusé en février 2025.

    En savoir plus :

    - Sur le volcan Hekla, surnommé la Porte de l’Enfer

    - Sur les différentes éruptions en Islande et un guide complet des volcans là-bas

    - Sur Éruption, amour et autres cataclysmes, le livre de l’autrice islandaise Sigridur Hagalin Björnsdottir. En français aux Éditions Gaïa

    - Sur Les volcans et les hommes » d’Arnaud Guérin, un beau livre de l’Etna à Java en passant par l’Islande. Éditions Glénat & Arte Éditions. Arnaud Guérin est également l’auteur de Les deux saisons de l’Islande.

    - Sur Hekla et Laki, un très bel album jeunesse de Marine Schneider paru aux Éditions Albin Michel.

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    48 min
  • À Montréal, capitale de l’humour. Épisode #02
    Dec 21 2025
    De Comédie Clubs en festivals, de soirées stand-up à l'École Nationale de l’Humour, une institution pionnière dans l’espace francophone, virée à Montréal où la blague et le rire sont au coin de la rue. Dans la cité cosmopolite et vibrante de Montréal, du quartier d’Hochelaga au Plateau-Mont-Royal en passant par le quartier de Verdun ou celui de la Petite Italie, il ne se passe pas un soir sans un spectacle d’humour, où le public vient rire et célébrer le rire ! C’est une industrie lourde de la ville et du Québec, et celui qui voyage à Montréal se doit de passer au moins un soir, par une stand-up ou un open-mic pour goûter aux blagues locales. Traditionnellement, le Québec est un «pays» de conteurs et d’oralité, que l’on doit notamment à la culture autochtone plurimillénaire et à l'histoire du peuple québécois. Et en trente ans, la plus grande ville francophone d’Amérique du Nord s’est imposée comme la plaque tournante des humoristes francophones mais aussi anglophones… Déjà, de longue date, Montréal est célèbre pour accueillir, à l’été, le plus grand festival d’humour : «Juste pour rire» qui, chaque année, rassemble des millions de spectateurs à travers ses shows et ses contenus télévisés, diffusés dans plus de 150 pays. Au départ uniquement francophone, ce festival créé en 1983 par Gilbert Bozon, qui a depuis démissionné, a connu une version anglophone «Just For Laughs», cofondé en 1985 par Andy Nulman. Ce dernier revendique d’ailleurs la contribution des communautés juives de la ville à son rang de capitale de l’humour. Un titre qu’elle n’a certainement pas volé et qui, là-bas, se vérifie et se vit, à la découverte d’une culture hybride, à la croisée de la stand-up américaine et des humours en tout genre. Autre fait important pour l’écosystème de l’humour à Montréal : en 1988, Louise Richer, directrice générale fondatrice de l’École Nationale de l’Humour, ouvre à Montréal la toute première école d’humour professionnelle et s’attache, avec ténacité, à faire reconnaître l’humour comme un art à part entière. 750 diplômés plus tard, sortis de l’école, ce laboratoire pionnier de formation en humour est connu dans tout l’espace francophone et chaque année, l’école reçoit des centaines de candidatures venus du Canada, mais aussi de France ou d’Afrique francophone. À l’initiative de Louise Richer, on trouve désormais aussi à Montréal, l’Observatoire de l’Humour, conçu comme un lieu d’échanges et de connaissances autour de l’humour francophone. Car aujourd’hui, l’humour, que l’écrivain Romain Gary désignait comme «l’arme des désarmés», sert largement la francophonie, sa diffusion, voire sa survie sur le continent américain comme dans le reste du monde. Le peuple québécois défend d’ailleurs largement cette idée d’une identité façonnée et racontée à travers l’humour et il se rend en masse aux spectacles comiques, qu’il vente ou qu’il neige. Exutoire populaire et rassembleur, l’humour à Montréal défend ainsi la langue française mais aussi une identité québécoise et montréalaise plurielle, sur une île de plus de 120 nationalités différentes. On y rit de la diversité et des différences et toute une scène queer ou féministe a vu le jour, la profession historiquement aux mains des hommes blancs s’étant largement féminisée et métissée. La culture des Premières Nations, où le rire est très important et se vit comme «un écran aux traumas coloniaux», a aussi marqué de son empreinte la société québécoise et son humour. Et chaque nouvelle communauté apporte sa pierre, son rire, à l’édifice. Un voyage sonore en deux épisodes de Laure Allary et Céline Develay-Mazurelle. Pour préparer votre voyage en mode humour : - Un article de Tourisme Montréal et un récit multimédia de Radio Canada sur l’apport de l’humour juif à Montréal - Un article de l’écrivain innu Michel Jean sur le rire au sein des Premières Nations - Le livre de référence du célèbre anthropologue Serge Bouchard «Le peuple rieur» sur les Innus - Le Festival Juste pour Rire qui se tient à la mi-juillet à Montréal - Le RDV populaire des «Lundis de l’humour» au Bar Le Jockey, animé par Lauriane Lalonde, avec Elisabeth Grondin à la chronique - Les incontournables Comédie Clubs Le Bordel ou Le Terminal qui, tous les jours, proposent des opens-mics et shows d’humour - Le circuit des bars comme Chez Roger qui, chaque lundi, propose des shows d’humour ou Chez Ernest qui, le dimanche, propose de l’impro et, le lundi, une soirée comedy club - Le «Couscous Comedy Show», l’évènement préféré de Boucar Diouf, humoriste d’origine sénégalaise et biologiste de formation qui a adopté, à sa manière, la culture québécoise. Boucar Diouf est notamment l’auteur du livre ...
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    49 min
  • À Montréal, capitale de l’humour. Épisode #01
    Dec 14 2025
    De Comédie Clubs en festivals, de soirées stand-up à l'École Nationale de l’Humour, une institution pionnière dans l’espace francophone, virée à Montréal où la blague et le rire sont au coin de la rue. Dans la cité cosmopolite et vibrante de Montréal, du quartier d’Hochelaga au Plateau-Mont-Royal en passant par le quartier de Verdun ou celui de la Petite Italie, il ne se passe pas un soir sans un spectacle d’humour, où le public vient rire et célébrer le rire ! C’est une industrie lourde de la ville et du Québec, et celui qui voyage à Montréal se doit de passer au moins un soir, par une stand-up ou un open-mic pour goûter aux blagues locales. Traditionnellement, le Québec est un «pays» de conteurs et d’oralité, que l’on doit notamment à la culture autochtone plurimillénaire et à l'histoire du peuple québécois. Et en trente ans, la plus grande ville francophone d’Amérique du Nord s’est imposée comme la plaque tournante des humoristes francophones mais aussi anglophones… Déjà, de longue date, Montréal est célèbre pour accueillir, à l’été, le plus grand festival d’humour : «Juste pour rire» qui, chaque année, rassemble des millions de spectateurs à travers ses shows et ses contenus télévisés, diffusés dans plus de 150 pays. Au départ uniquement francophone, ce festival créé en 1983 par Gilbert Bozon, qui a depuis démissionné, a connu une version anglophone «Just For Laughs», cofondé en 1985 par Andy Nulman. Ce dernier revendique d’ailleurs la contribution des communautés juives de la ville à son rang de capitale de l’humour. Un titre qu’elle n’a certainement pas volé et qui, là-bas, se vérifie et se vit, à la découverte d’une culture hybride, à la croisée de la stand-up américaine et des humours en tout genre. Autre fait important pour l’écosystème de l’humour à Montréal : en 1988, Louise Richer, directrice générale fondatrice de l’École Nationale de l’Humour, ouvre à Montréal la toute première école d’humour professionnelle et s’attache, avec ténacité, à faire reconnaître l’humour comme un art à part entière. 750 diplômés plus tard, sortis de l’école, ce laboratoire pionnier de formation en humour est connu dans tout l’espace francophone et chaque année, l’école reçoit des centaines de candidatures venus du Canada, mais aussi de France ou d’Afrique francophone. À l’initiative de Louise Richer, on trouve désormais aussi à Montréal, l’Observatoire de l’Humour, conçu comme un lieu d’échanges et de connaissances autour de l’humour francophone. Car aujourd’hui, l’humour, que l’écrivain Romain Gary désignait comme «l’arme des désarmés», sert largement la francophonie, sa diffusion, voire sa survie sur le continent américain comme dans le reste du monde. Le peuple québécois défend d’ailleurs largement cette idée d’une identité façonnée et racontée à travers l’humour et il se rend en masse aux spectacles comiques, qu’il vente ou qu’il neige. Exutoire populaire et rassembleur, l’humour à Montréal défend ainsi la langue française mais aussi une identité québécoise et montréalaise plurielle, sur une île de plus de 120 nationalités différentes. On y rit de la diversité et des différences et toute une scène queer ou féministe a vu le jour, la profession historiquement aux mains des hommes blancs s’étant largement féminisée et métissée. La culture des Premières Nations, où le rire est très important et se vit comme «un écran aux traumas coloniaux», a aussi marqué de son empreinte la société québécoise et son humour. Et chaque nouvelle communauté apporte sa pierre, son rire, à l’édifice. Un voyage sonore en deux épisodes de Laure Allary et Céline Develay-Mazurelle. Pour préparer votre voyage en mode humour : - Un article de Tourisme Montréal et un récit multimédia de Radio Canada sur l’apport de l’humour juif à Montréal - Un article de l’écrivain innu Michel Jean sur le rire au sein des Premières Nations - Le livre de référence du célèbre anthropologue Serge Bouchard «Le peuple rieur» sur les Innus - Le Festival Juste pour Rire qui se tient à la mi-juillet à Montréal - Le RDV populaire des «Lundis de l’humour» au Bar Le Jockey, animé par Lauriane Lalonde, avec Elisabeth Grondin à la chronique - Les incontournables Comédie Clubs Le Bordel ou Le Terminal qui, tous les jours, proposent des opens-mics et shows d’humour - Le circuit des bars comme Chez Roger qui, chaque lundi, propose des shows d’humour ou Chez Ernest qui, le dimanche, propose de l’impro et, le lundi, une soirée comedy club - Le «Couscous Comedy Show», l’évènement préféré de Boucar Diouf, humoriste d’origine sénégalaise et biologiste de formation qui a adopté, à sa manière, la culture québécoise. Boucar Diouf est notamment l’auteur du livre ...
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