Page de couverture de 100 % création

100 % création

100 % création

Auteur(s): RFI
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À propos de cet audio

Mode, accessoires, décoration, stylisme, design. Dans la chronique 100 % création de Maria Afonso, RFI vous fait découvrir l’univers de créateurs. Venez écouter leur histoire, leur parcours, leurs influences, leur idée de la mode chaque dimanche à 04h53, 6h55 et 12h54 TU vers toutes cibles.

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  • Une icône de toujours: Rose Torrente et la place des femmes grands couturiers
    Jan 31 2026
    La France, berceau de la haute couture, a vu naître des maisons emblématiques telles que Chanel, Dior, Givenchy, Yves Saint Laurent ou Torrente. Aujourd'hui, nous accueillons Rose Torrente, sœur du légendaire Ted Lapidus, tous deux grands noms de la haute couture française. La fondatrice de la maison Torrente sort un nouveau livre intitulé Mon siècle de mode, où elle témoigne de son parcours, sa passion et son combat pour faire reconnaître sa contribution à la haute couture française. « Mon premier modèle, c'est ma robe de mariée. C'est le premier modèle que j'ai dessiné dans ma vie. Je n'avais jamais fait de robe avant de faire la mienne. Je l'ai dessinée. Je ne l'ai pas cousue. Je ne sais pas coudre, pas du tout, mais je sais créer », se souvient Rose Mett. Grand couturier et fondatrice de la maison de haute couture Torrente, elle explique son changement de nom : « Je ne pouvais pas m'appeler Mett, je ne pouvais pas m'appeler Lapidus. C'était la mode italienne. Avec une bande d'amis, on chantait les chansons italiennes. Et puis d'un seul coup, ''Torrente'' est venu tout seul et j'ai dit: "C'est un joli nom". D'abord parce qu'il y a des ''R'', et le ''R'' porte chance. Et puis, dans ''Torrente'', il y a ''or'' et il y a ''rente''. Ce fut un bon présage. » Rose Mett est née Lapidus, dans une famille où la mode prend toute la place : un père tailleur, un frère grand couturier ayant habillé Brigitte Bardot, Alain Delon ou encore John Lennon... Elle a passé une décennie aux côtés de son frère comme assistante : « Je suis la sœur de Ted Lapidus et j'ai été son assistante pendant dix ans. Une assistante, c'est celle qui fait tout, du commencement jusqu'à la fin. Pendant dix ans, il a fait ses créations sur moi, et pendant qu'il créait, il me donnait l'envie de créer. Lui, il avait une mode militaire comme la saharienne, il voulait toutes les femmes en uniforme chic. Il voulait qu'elles soient dans la rue et puissante. Telle était sa vision de la mode. Moi, pendant ce temps, j'imaginais des femmes tout en douceur, avec des robes de rêve qui faisaient briller le regard des hommes. Ce côté artistique, que je ne soupçonnais pas, s'est développé. Je ne pouvais pas imaginer qu'un jour je serai une créatrice. » Autodidacte, en 1969, Rose Torrente ouvre sa première boutique. Elle habille avec simplicité en valorisant la féminité naturelle : « Du jour au lendemain, j'ai acquis ma liberté. J'étais tout chez Ted, mais je ne faisais que ce qu'il voulait que je fasse. D'un seul coup, j'ai dit : "Je vais m'exprimer". C'est extraordinaire, la liberté ! Du jour au lendemain, j'ai engagé à la chambre syndicale quatre stagiaires. Je leur ai dit : "Voilà, on va créer des nouvelles robes, on va créer une nouvelle mode". À l'époque, il existait le prêt à porter, les trois hirondelles, une mode un peu luxueuse, la couturière ou le couturier. Ce que j'ai créé n'existait pas. J'ai été la première à créer une haute boutique où, tous les mois, toutes ces jeunes femmes qui avaient envie de s'amuser sont venues les unes et les autres. Au bout d'un an, j'avais neuf vendeuses et elles attendaient leur tour pour acheter un Torrente. » C'est en 1971 que Rose Torrente inscrit son nom dans le cercle très fermé et très masculin de la haute couture parisienne : « Au moment où je me suis inscrite à la chambre syndicale, personne n'entrait jamais à la chambre syndicale. Il y avait des boules noires. J'avais fait le dossier de mon frère, je connaissais tous les écueils, et quand j'ai présenté ma candidature, je savais que je n'aurais pas de boule noire. Je connaissais le dossier par cœur, je l'avais fait. Mais personne n'est rentré après moi. Personne ne rentrait jamais. Il fallait avoir 20 ouvrières à temps plein, défiler trois fois par semaine dans nos salons privés, avec sept mannequins à demeure. En plus, il fallait présenter 50 modèles. C'était tellement lourd ! Et il fallait des équipes pour avoir ces 50 modèles. On nous a imposé l'infaisable. Tout cela par une chambre syndicale snob, repliée sur elle-même. Chaque jour, il y avait de nouvelles contraintes qui faisaient que quatre grands couturiers ont été rachetés, et tous ont déposé le bilan parmi des gens comme Lacroix, Scherrer, Ungaro. Les meilleurs, des grands de grands. » Dans son livre intitulé Mon siècle de mode, la fondatrice de la maison Torrente partage son histoire familiale, sa vision de la mode et son œuvre qui dépasse les frontières françaises. Reconnue à l'étranger, elle déplore que son travail soit invisibilisé, encore aujourd'hui, en France : « Les gens courent les musées pour voir des expositions. C'est la différence avec mon époque où personne n'allait au musée. Je ne suis sur aucun livre, aucune exposition, comme si je n'avais jamais existé. Comment peut-on écarter quelqu'un qui, toute sa vie, a fait carrière, et une ...
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    13 min
  • Elie Kuame, engagement et créativité pour la mode et la CAN 2025
    Jan 24 2026
    Rendez-vous avec Elie Kuame, une figure emblématique de la mode en Côte d'Ivoire, styliste et directeur artistique de la Maison Elie Kuame. Ce créateur de mode ivoiro-libanais habille des célébrités et il a, également, imaginé les tenues pour l'équipe nationale ivoirienne lors de la CAN au Maroc, renforçant ainsi l'image de la Côte d'Ivoire à l’international. Il sait conjuguer héritage, créativité et engagement pour faire rayonner l’Afrique à travers ses collections et ses projets. Mon métier exige de moi, tout mon temps, toutes mes émotions, toute ma personne. Cela exige que je me remette continuellement en question afin d'ouvrir mes sens à l'humilité, celle de reconnaitre que tout existe déjà. Elie Kuame, fondateur et directeur artistique de la maison de couture éponyme. Né à Bruxelles, en Belgique, Elie Kuame a grandi en Côte d'Ivoire, dans un environnement familial riche en artisanat et en culture. Sa mère lui transmet dès son enfance l’amour du tissu, des couleurs et du travail manuel. Afin de poursuivre ses études en sciences économiques, il rejoint ses parents à Paris, mais il s’oriente très rapidement vers la mode, un domaine qui le passionne profondément. « J'ai choisi la filière des métiers de la mode tout de suite parce que petit, ma mère avait un atelier de couture en Côte d'Ivoire, donc ma mère gérait déjà des dames qui venaient, des couturiers. Et donc quand on m'a fait différentes propositions, j'ai tout de suite opté pour les métiers de la mode. » Elie Kuame décide alors de se former en France, au Mans, puis à Paris, où il apprend les métiers du sur-mesure. Pendant ses années d'études, il explore différentes techniques. Dès ses 19 ans, il exerce dans des maisons prestigieuses comme celle de Clarisse Hieraix. « J'ai eu une proposition pour intégrer tout de suite la Maison de couture de madame Clarisse Hieraix, et j'ai accepté de rejoindre ses ateliers pour travailler avec elle. Au départ, j'étais apprenti et très vite, elle m'a donné la gestion du showroom avec toutes les clientes internationales, les recevoir, faire les essayages. Elle m'a formé aux métiers de la mode, à la gestion d'un atelier de couture, de ce qui le crédibilise — c'est-à-dire les clientes couture, le sur-mesure, le prêt-à-couture, la vente à distance. J’ai réussi à comprendre tout de suite ce qu'était le milieu professionnel. Comment on travaille dans un atelier de couture, comment on le gère, c'est quoi passer de la théorie à la pratique ? Même si j'ai fait beaucoup de théorie à l'école, passer de la théorie à la pratique, cela a été bénéfique pour moi. » Attaché à l’Afrique, ses racines, ses tissus et son artisanat, Elie Kuame fait un choix audacieux : il revient sur le continent. « J'avais déjà pour ambition de rentrer en Côte d'Ivoire et, en 2013, j'ai eu une conversation avec moi-même. On me présentait partout sur le continent comme un créateur, un prodige africain, mais je vivais en France avec beaucoup de facilités. Je pouvais m'acheter des tissus qui étaient déjà beaux, il n'y avait pas de défi et, donc, par rapport à ma situation intrinsèque, émotionnelle, j'ai décidé de rentrer en Côte d'Ivoire puis de bâtir ici une maison de couture avec de vraies lettres de noblesse. J'ai voulu vraiment rentrer en Côte d'Ivoire et ouvrir les portes à la couture, à l'exigence, changer la donne, rendre les choses possibles, accessibles, mais avec un grade de qualité bien précis, comme me l'ont appris mes professeurs en maison de couture. » Elie Kuame construit un style moderne, luxueux et accessible tout en valorisant le patrimoine culturel ivoirien, notamment à travers le tissu traditionnel. Il développe un label d’excellence, un symbole d’exigence, de qualité et de fierté africaine. « J'ai créé il y a quatre ans un label que j'ai appelé le Born in Africa. Ce label a comme code de valeurs l'exigence au niveau de l'atelier de couture, un minimum de cinq personnes au sein de cet atelier. On va demander à la maison de commencer d'ores et déjà à penser en maison de couture et non en petite entité. Vous avez aussi l'exigence au niveau des matériaux utilisés. Nous allons demander à nos camarades d'avoir un minimum de 30 % des matériaux tissés sur le continent ou en Côte d'Ivoire, de travailler avec ce que nous avons comme patrimoine, comme héritage et de le présenter de la plus belle des façons. Il est impératif pour nous, créateurs sur le continent africain, de créer un label qui va justifier de nos exigences, qui va justifier de nos codes, de notre héritage et qui va nous permettre, à nous aussi, créateurs issus du continent, donc acteurs actifs du monde textile, mode et design, de pouvoir répondre à une demande à l'international. Dans le Born in Africa, vous avez toutes les personnes qui désirent mettre en avant le travail issu du continent. Vous ...
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    14 min
  • Sénégal: Néné Yaya, la marque de maroquinerie de luxe imaginée par les sœurs Gaye
    Jan 17 2026
    Nous vous emmenons à la découverte de deux sœurs : Marième et Néné Gaye, cofondatrices de la marque Néné Yaya. Une marque de maroquinerie de luxe sénégalaise qui propose des produits alliant artisanat traditionnel et design contemporain. Marième Gaye, co-fondatrice de Néné Yaya, veut changer la perception de la maroquinerie africaine et promouvoir le « Made in Sénégal » sur la scène internationale. Néné Yaya incarne le savoir-faire, la créativité et la fierté du continent africain. « C'est ma grande sœur, ma partenaire, ma meilleure amie. On partage tout. Même pour mes frères, quand ils veulent parler de Néné ou de Marième. Néné, vous êtes la même personne. » Marième Gaye, co-fondatrice de Néné Yaya. « Néné Yaya. Néné, c'est le nom de ma sœur, et Yaya, son petit surnom, c'est court, c'est facile à retenir. » Née à Dakar, Marième Gaye a parcouru le monde. Après des études aux États-Unis, un passage à Toronto où elle a travaillé dans le secteur du e-business, elle décide de revenir au Sénégal, motivée par une envie profonde de valoriser l’artisanat local avec sa sœur aînée, grande passionnée de maroquinerie de luxe depuis toujours. Comme sa grande sœur ne trouvait plus de sacs qui lui plaisaient, elles ont l’idée de fabriquer leurs créations au Sénégal. « Alors elle m'a dit : "Marième, je vais dessiner deux sacs que tu vas faire faire au Sénégal. Quand tu viens en vacances, tu les ramènes." Ce que j'ai fait. En déballant les sacs à Toronto, on a vu le potentiel instantanément. C'est là, je crois, qu'on s’est dit en même temps : "Je crois qu'il est temps qu'on fasse notre marque de maroquinerie de luxe". » Les deux sœurs fondent en 2012 la marque Néne Yaya. Leur processus créatif débute par des dessins, des idées qu’elles partagent lors de réunions avec des artisans sénégalais. Leur atelier, aujourd’hui propriété de la marque, rassemble une soixantaine d’artisans. « Avec les artisans, il faut de la patience. Au début, c'était difficile parce qu’ils avaient l'habitude de travailler juste pour la dépense quotidienne. Ils prenaient ton avance et tu ne livrais pas les sacs. Ils ne faisaient pas ce que tu voulais. Mais moi, ce que je dis à mes artisans, même en ce moment, même les plus renommés de Dakar, quand ils viennent à l'atelier : "Vous avez six mois, prenez le temps, je ne veux pas d'articles vite fait, je veux quelque chose fait avec qualité. Vous prenez le temps de bien faire les choses." C’est comme cela que je les sélectionne. Je prends mon temps avec eux. Je leur donne six mois parce qu’ils ont tous un savoir-faire. C’est inné chez eux parce qu’ils apprennent dès le bas âge. Ils grandissent tous dans l'atelier de leurs parents, de leur père. Il faut savoir que la famille des artisans sénégalais est une grande famille. Ce sont les Houdé. Dans mon atelier, ils sont une soixantaine et pourtant ils sont tous de la même famille. » Sacs, chaussures, ceintures, bracelets, bagagerie ou petite maroquinerie, la gamme Néné Yaya incarne la philosophie de la marque : intemporelle, moderne et pratique. Marième Gaye et sa sœur veillent à chaque étape. « C'est ma grande sœur. On travaille bien ensemble comme cela. Elle décide des lignes, mais après, elle me demande ce que l’on doit ajouter ou faire comme rectifications. Elle s'occupe de la direction artistique, mais c'est moi qui dirige les artisans et tout ce qui est choix des matériaux. Il y a beaucoup de couleurs, de matières dans chacune de nos pièces, on utilise au moins trois ou quatre matières. C'est moi qui choisis les matières, donc je dois être à l'atelier au moins trois fois par semaine. Je reste là-bas jusqu'à 20 heures parce qu'il faut que je gère cela. Je suis rarement à la boutique d'ailleurs, parce que je suis plus à l'atelier en train de gérer la sélection. » Le choix du cuir est aussi important que la façon de produire localement. « Nous n'utilisons que du cuir. Nous avons aussi une collection en raphia pour l'été. Notre toute première collection, c'était seulement du cuir exotique et c'est excessivement cher. Notre vision était de faire de la maroquinerie de luxe depuis toujours, étant donné que le cuir était trop cher. Maintenant, on fait cela parallèlement sur commande, mais on utilise le cuir de veau, de mouton, sur presque tous nos sacs. Le cuir d’iguane, c'est notre petite signature. Pour le cuir exotique, on prend cela au Sénégal, dans la sous-région, en Afrique du Sud. Le cuir de veau et mouton vient d'Italie et de Turquie parce qu’en ce moment, on n'a pas de tannerie qui peut nous faire ce qu'on veut. On est en train d'y travailler. » Marième Gaye et sa sœur s’appuient sur les réseaux sociaux mais aussi sur des ambassadeurs de prestige afin d’accroître leur visibilité à l’internationale. « Ce sont surtout les réseaux sociaux, de nos ...
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    9 min
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