Alexandre Helwani nous invite à percevoir le parfum comme une passerelle vers l’invisible, vers une mémoire olfactive de l’humanité. Son parcours, sa passion et sa créativité nous rappellent que derrière chaque senteur se cache une histoire, une culture, une mémoire et des recherches. Cet autodidacte devenu historien du parfum est capable de faire revivre des formules du passé. Il souhaite transmettre des sensations, des émotions, et rendre plus accessible l’art du parfum. Je pense que la création, c'est d'être témoin de quelque chose. Ce n’est pas moi qui le dis, c'est Olivier Debré qui disait que créer, c'est être témoin d'un événement et en témoigner par notre art. J'aime cette capacité. C'est essentiel. Je ne pourrais pas vivre autrement. Aujourd'hui, c'est du parfum, mais il y a aussi de la poésie, de la musique. Chaque médium, permet d'accéder à une part de soi-même, à dire quelque chose qu'on ne pourrait pas dire autrement. Alexandre Helwani, créateur de parfum. « Il n'y a pas d'historien du parfum à proprement parler. Il y a des historiens du commerce, de l'alimentation, de la médecine et qui tous, à un moment, vont parler de parfum ou vont sortir des recettes parfumées sans pour autant s'y intéresser », rappelle-t-il. Né à Orléans, Alexandre Helwani a grandi entre la France et Dubaï. Après des études de théâtre, de massage, un passage à la Sorbonne, il a parcouru différents chemins, sans jamais oublier sa passion pour l’olfaction. « J'ai passé mon bac à 16 ans. De 16 à 26 ans, à peu près, j'étais dans l'errance totale. Tous mes amis, ma famille s'inquiétaient pour moi. Ils disaient : "Mais qu'est-ce que tu fais de ta vie ? Tu as fait du théâtre, tu as écrit des pièces, c'est super, tu as arrêté, tu fais des massages, tu arrêtes, tu fais du vin, tu arrêtes, tu fais de l'édition, tu arrêtes. À quel moment tu te poses ?" Et tous ces moments, cette longue attente, s'est cristallisée dans le parfum. J'ai appris à travailler des naturels quand j'avais 13 ans et que j'ai travaillé avec, parce que tous les parfums anciens, forcément tout ce qui est avant le XIXᵉ siècle, c'est 100 % naturel. Cela m'a appris à formuler en naturel et c'est arrivé au bon moment. En 2020, le consommateur et l'industrie se sont dit : "On aimerait bien avoir des parfums 100 % naturels qui sont autre chose qu'un mélange aroma-thérapeutique." Cela s'est fait graduellement. J'ai eu cette première marque, puis la deuxième, puis le projet Odyssée, et le parfum de la Bible, en ce moment. C'est une niche de la niche dans la niche, j'ai envie de dire, que j'ai un peu ouverte malgré moi et que j'occupe aujourd'hui. Je suis très content de l'occuper. Voilà, tout fleurit un peu comme cela », raconte-t-il. L’intérêt pour les matières naturelles d’Alexandre Helwani s’est approfondi lors de ses voyages, notamment au souk de Dubaï, ainsi qu’à travers ses rencontres avec des artisans. Il connaît en détail l’encens, les résines, les huiles essentielles, bref les matières naturelles. « Cela s'est construit depuis ce moment à Dubaï, puisque j'y avais rencontré un parfumeur indien qui faisait des zaatar, des parfums en huile typiquement utilisés en Inde, au Moyen-Orient. Je me souviens, quand j'y allais, et que je m'ennuyais un peu, j'entrais dans sa petite échoppe avec toutes ces matières premières, avec des noms qui étaient pour moi très exotiques : le vétiver, le henné, etc. Je sentais tout, je lui posais des questions sur tout. Il m'a un peu appris sur les matières naturelles, puisqu'il ne travaillait qu'avec du naturel, ce qui est assez rare aujourd'hui de travailler en 100 % naturel. Ma formation, j'ai envie de dire techniques sur les matières a commencé là, puis elle a continué de manière empirique. » « À chaque fois que je trouvais une recette du XVᵉ siècle, du XIIIᵉ siècle, je la faisais à la maison. Cela a été empirique jusqu'à ce moment où je me suis dit : "Je vais consacrer toute mon énergie à la parfumerie !". J'ai lancé ce site (The Perfume Chronicles ) et puis six mois plus tard, il y a Virginie Roux, qui avait une marque de parfum et une galerie à Paris, qui me contacte. Elle avait aimé mon approche historique et un peu mystique, et elle me dit : "Est-ce que tu aimerais une exposition pendant trois mois autour des parfums orientaux ?" Alors je lui dis : "Il n'y a pas un Orient, il y en a plusieurs, mais allons-y." » Retrouver des recettes anciennes, souvent oubliées ou méconnues, ayant traversé les siècles est une quête pour Alexandre Helwani. Avec patience et rigueur, il explore traités, thèses, livres anciens, manuscrits, archives archéologiques, pour comprendre les formes du parfum. Et en 2020, il donne naissance à sa première création. « Makeda, la reine de Saba, qui était éthiopienne, qui avait apporté tous ses parfums au roi Salomon. Je sais que ...
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