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Auteur(s): RFI
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  • Les cotonculteurs africains réclament des subventions pour les pesticides
    Feb 3 2026

    Une quarantaine de cotonculteurs ouest-africains, venus de six pays du continent, se sont réunis pendant trois jours à Dakar. Objectif : mettre en commun les bonnes pratiques et échanger sur les défis partagés par la filière, entre fluctuation des volumes dans un contexte de changement climatique, lutte contre les ravageurs et difficulté de financer les intrants agricoles.

    De notre correspondante à Dakar,

    Autour de la table, des producteurs de coton du Burkina Faso, du Cameroun, du Mali, du Sénégal, du Tchad et du Togo. Du bilan de l’année écoulée ressort un constat commun : entre la pluviométrie erratique liée au changement climatique, l’insécurité dans de nombreuses zones et la pression des parasites, impossible de maintenir un rendement satisfaisant sans appui de l’État.

    Principal plaidoyer de l’Association des producteurs de coton africains (AProCA) : obtenir davantage de soutien financier des pays producteurs. « Il faut que l’État subventionne les intrants, estime Koussouwè Kouroufei, président de la Fédération des groupements de producteurs de coton du Togo et de l’AProCA, surtout les engrais et les pesticides qui sont tellement chers aujourd’hui, surtout avec l’apparition de ce jasside. C’est une augmentation qui n’était même pas dans notre compte d’exploitation, donc, aujourd’hui, si l’État ne fait pas quelque chose, le producteur ne s’en sortira pas ».

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    Le jasside, un ravageur qui fait exploser les coûts de production

    Le jasside, du nom de cet insecte ravageur apparu en Afrique de l’Ouest début 2020, provoque des dégâts considérables sur le coton. Comme au Cameroun l’année dernière, seul pays où il n’y a pas de subventions aux engrais ou pour l’achat de pesticides. Résultat : un important manque à gagner, comme en témoigne Gilbert Dousselbe, producteur de coton sur 20 hectares au nord du Cameroun : « C’est vrai, la campagne 2024-2025 a beaucoup joué sur le rendement, car on a eu l’attaque des jassides et le produit qu’on a utilisé pour contrôler ces jassides a eu aussi un autre effet, car ça a tellement coûté cher. En plus, les rendements ont baissé, ça a beaucoup joué sur les recettes ».

    Des recettes en baisse, avec une production en recul de plus de 20 %.

    Le Sénégal, une exception grâce à l’appui de l’État

    Il y a cependant une exception dans ce climat morose : le Sénégal, avec une production qui a presque doublé, elle est passée de 12 000 à 20 000 tonnes cette année. La recette ? « C’est la relation entre les producteurs de coton et la société cotonnière, explique Moussa Sabaly, producteur dans la région de Kolda, nous avons eu beaucoup de difficultés mais le gouvernement nous a soutenu et nous avons pu obtenir des intrants de qualité, à bon prix et à bonne date. L’État nous a soutenu sur le prix ».

    Dans un manifeste publié à l’issue de la réunion, les 15 pays membres de l’Association des producteurs de coton africains appellent les États à soutenir une filière particulièrement fragilisée, en facilitant l’accès à des intrants agricoles à des prix abordables et à du matériel de qualité, avec un objectif : produire au moins une tonne par hectare d’ici 2030.

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  • Ghana: après des années chaotiques, le secteur pétrolier va-t-il connaître un second souffle?
    Feb 2 2026

    Après quatre ans d'arrêt, la seule raffinerie de pétrole publique du Ghana a finalement recommencé ses activités en décembre 2025. Une annonce précédée plus tôt dans l'année par des promesses d'investissements chiffrées à plus de trois milliards de dollars dans l'exploration et le forage. Au cœur de la stratégie de l'administration de John Dramani Mahama : la reconstruction de la confiance avec les géants du secteur, après des années de déclin.

    De notre notre correspondant à Accra,

    Un rendement en mesure de couvrir 40% des besoins en carburant du Ghana : voici ce que devrait permettre de produire la raffinerie de pétrole de Tema, selon les estimations de Kodzo Yaotse, responsable pétrole et énergie conventionnelle à l'Africa Centre for Energy Policy. De quoi soulager les finances du pays – le carburant représentant le premier poste d'importation du Ghana –, mais pas seulement.

    « C'est une très bonne nouvelle pour sa contribution à la sécurité énergétique du pays, spécifiquement en réduisant la dépendance énergétique en importation de produits raffinés. Mais également dans la constitution de réserves stratégiques de carburants essentiels à un niveau national », explique Kodzo Yaotse.

    D'une production de 28 000 barils raffinés par jour, la raffinerie de Tema espère presque doubler sa production dans un futur proche. Encore faut-il, selon Kodzo Yaotse, que la seule raffinerie administrée par l'État ghanéen ne retombe pas dans les travers qui ont conduit à sa fermeture, quatre ans plus tôt : « Accumulation de dettes chroniques, exposition à la volatilité des prix du pétrole brut, manque de devises étrangères ou encore mauvaise gestion généralisée au sein de l'entreprise... Depuis la reprise en main par le nouveau gouvernement, nous n'avons pas vu de stratégie accessible au public qui montre que ces problèmes ont été résolus de manière durable. »

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    « La rhétorique doit être suivi d'actes »

    En plus de l'arrêt de la raffinerie de Tema, le Ghana a par ailleurs connu, ces huit dernières années, une absence d'investissements majeurs dans l'exploration et le forage de pétrole brut. Des erreurs stratégiques auraient été commises par la précédente administration. « Ce qu'ils essayaient de faire, c'était d'optimiser les gisements en déclin, beaucoup moins de mener de nouvelles explorations. Donc d'exploiter la ressource jusqu'à la dernière goutte plutôt que de la faire grandir », avance Bright Simons, analyste au think tank ghanéen Imani.

    Résultat : la production de pétrole brut n'a fait que décliner depuis cinq ans, passant de 71 millions de barils environ en 2019 à seulement 48 millions en 2024. Une trajectoire que le président actuel du Ghana, John Dramani Mahama, entend bien changer. En septembre 2025, le gouvernement ghanéen a par exemple annoncé la signature d'un mémorandum d'intention de 1,5 milliard de dollars avec la major italienne ENI. Mais, d'après Bright Simons, le chemin est encore long avant de pouvoir en tirer réellement profit :

    « La rhétorique doit être suivie d'actes. Aujourd'hui, il y a un manque de coordination au niveau gouvernemental qui doit être adressé afin de pouvoir provoquer de réelles débouchées commerciales, et ainsi attirer encore plus d'investissements. »

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    3 min
  • En Afrique du Sud, la guerre du tabac est déclarée avec le géant British American Tobacco
    Feb 1 2026

    Le groupe British American Tobacco (BAT) menace de fermer sa seule usine de production sud-africaine. BAT se dit victime du marché illégal de cigarettes dans le pays ; l'entreprise estime qu'il représente environ 75% du marché. Seulement, derrière ce possible retrait du sol sud-africain, certains acteurs du secteur y voient surtout une manœuvre commerciale.

    Selon British American Tobacco, le marché du tabac sud-africain est aujourd'hui dominé à 75% par le commerce illégal de cigarettes. « On nous a longtemps promis des changements, mais rien n'est fait. Et aujourd'hui, nous avons tout simplement atteint un point où nous ne sommes plus en mesure de desservir un marché qui n'existe pas », se défend Johnny Moloto, en charge de la région Afrique subsaharienne pour l'entreprise. Seulement, dans son communiqué, BAT annonce passer à un modèle d'importation.

    La multinationale souhaite donc quitter l'industrie sud-africaine, mais pas son marché. Une situation incompréhensible pour Sinen Mnguni, président de FITA, une coopération d'acteurs du tabac créée en 2012 pour faire face aux grandes entreprises du secteur :

    « Si vous n'êtes pas satisfait des règles, pourquoi produire à l'étranger pour ensuite importer en Afrique du Sud ? En fin de compte, ils licencient des employés en Afrique du Sud et souhaitent désormais avoir le moins de relations possible avec les autorités sud-africaines. Tout en faisant en sorte que la réglementation soit si stricte pour les acteurs locaux et qu'il leur sera impossible de faire des affaires. Ils veulent renforcer leur contrôle à tel point que les acteurs locaux ne puissent plus les concurrencer. »

    Un coup de bluff de British American Tobacco ?

    La situation illustre le combat entre petits producteurs et multinationales. Quelques jours après l'annonce par BAT de la fermeture de son usine fin 2026, plusieurs médias sud-africains révèlent qu'en parallèle, l'entreprise a racheté plus de 100 000 de ses propres actions.

    « Le cœur de cette histoire, c'est surtout l'intérêt des actionnaires, décrypte le professeur Lekan Ayo-Yusuf, directeur du Centre africain pour la surveillance de l'industrie du tabac, mais ils utilisent désormais la question du commerce illicite pour forcer le gouvernement à négocier et à les aider à retrouver une place dominante, puisqu'ils ne sont pas en mesure de battre leurs concurrents sur le marché… Vous savez, BAT est une entreprise très rusée. Par exemple : BAT est désormais le plus grand détenteur de parts de marché dans le domaine des cigarettes électroniques. Ils pourraient alors tenter d'utiliser ce problème de commerce illicite, qui concerne les cigarettes traditionnelles, pour faire pression sur le gouvernement et obtenir une exemption des restrictions publicitaires ou des taxes sur les cigarettes électroniques, tout ça pour compenser leurs pertes liées au tabac. »

    Le professeur utilise l'expression « faire pression », parce que BAT parle maintenant de continuer sa production locale si la part du commerce illicite chute drastiquement en Afrique du Sud.

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    2 min
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