Page de couverture de Ici l'Europe

Ici l'Europe

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Auteur(s): RFI
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RFI et France 24 vous proposent un rendez-vous intitulé «Ici l’Europe». Un entretien avec une personnalité européenne signé Caroline de Camaret (France 24). Chaque semaine, le vendredi, un grand entretien avec une personnalité européenne, un entretien avec un des grands acteurs de l’Europe d’aujourd’hui, qui nous parle de la construction de l'Europe, de sa proximité avec les citoyens et des enjeux internationaux qui l’attendent. Une coproduction RFI/France24. *** Diffusions les vendredis à 19h10 TU vers toutes cibles, le samedi à 08h10 TU vers l'Amérique, l'Asie, l'Europe et 21h10 TU vers toutes cibles.

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  • Valdis Dombrovskis: «L’accord commercial UE-USA, bien qu’asymétrique, assure plus de prévisibilité»
    Jan 30 2026
    Cette semaine, nous vous proposons une émission spéciale sur l’entrée de la Bulgarie dans la zone euro avec un reportage long format et un entretien de Valdis Dombrovskis, commissaire européen à l'Économie. Il fait état de la situation économique de l’Union dans un climat instable dû à l’imprévisibilité de l’administration américaine. À la suite des menaces de Donald Trump d’annexer le Groenland, le commissaire se félicite de l’apaisement des relations : « Il est positif que nous ayons réussi à replacer le dossier Groenland sur une base plus constructive. Le président Trump a donc supprimé en quelque sorte ses revendications à l'égard du Groenland (...) L'accent est désormais mis sur le renforcement de la sécurité dans la région arctique. Et les autorités danoises et groenlandaises, soutenues par l'Union européenne (UE), ont indiqué qu'elles étaient disposées à en discuter. » D’un point de vue économique, Donald Trump avait également menacé d’instaurer de nouveaux droits de douane sur les produits européens. Le Parlement européen a alors suspendu le processus de ratification de l’accord commercial encadrant ces droits de douane entre l’UE et les États-Unis, jugé désavantageux pour l’Union. Le président américain a finalement retiré ces menaces de surtaxes douanières. Selon Valdis Dombrovskis, également ancien Premier ministre de Lettonie, du parti de droite Unité affilié au groupe Parti populaire européen, « le choix aujourd'hui est d'accepter cet accord ou de poursuivre l'escalade commerciale » : « Nous avons évalué ces deux possibilités. Nous avons également observé l'expérience de la Chine, qui a opté pour cette escalade dans la guerre commerciale. Très vite, les droits de douane ont dépassé les 200% côté américain et côté chinois, ce qui était prohibitif. La Chine a fini par renoncer à l'escalade et a conclu un accord qui était comme le nôtre, asymétrique. » Il réitère son soutien à cet accord : « Les relations d'échange et d'investissement entre l'UE et les États-Unis sont les plus importantes au monde. Nous avons accepté un accord, même asymétrique, qui permet d'assurer plus de clarté et de prévisibilité. » La croissance des États-Unis devrait atteindre 3% en 2026, contre 1,2% pour les Vingt-Sept. « C'est vrai, l'UE est dépassée par plusieurs autres grandes économies. Certains chocs économiques expliquent cette situation à court terme, comme les conséquences de l'agression de la Russie contre l'Ukraine, ou la nécessité de réduire notre dépendance à l'égard des combustibles fossiles russes », reconnaît le commissaire européen. « C'est pourquoi l'une des premières initiatives de la Commission européenne a été la Boussole pour la compétitivité, qui présente tous les principaux facteurs affectant la compétitivité de l'UE afin de relancer la croissance économique dans l'Union. » Le 1er janvier, la Bulgarie est devenue le 21è membre de la zone euro après avoir rempli les critères de Maastricht. Dans cet État balkanique au bord de la mer Noire, entre la Roumanie, la Grèce et la Turquie, les 6,4 millions d'habitants ont abandonné le lev, la monnaie bulgare. Si cette intégration est bien perçue par les milieux économiques, elle divise une population dont 22% vit sous le seuil de pauvreté, entre espoirs et craintes d’inflation. Nos reporters retrouvent sur le terrain divers acteurs du changement : rencontre avec Mariya Gabriel, ancienne vice-Première ministre et ex-commissaire européenne bulgare, un chef d’entreprise, le vice-ministre de l’économie, la cheffe de la représentation de la Commission en Bulgarie, un député souverainiste, une avocate anti-corruption et surtout, les habitants de Sofia et du reste du pays. Selon Valdis Dombrovskis, cela va permettre « de renforcer l'eurozone et le rôle international de l'euro, car cela projette également la confiance. (...) Cela positionne l'euro comme monnaie ouverte avec un pouvoir d'attraction sur de nouveaux membres », conclut-il.
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    20 min
  • Andrej Plenkovic: «Donald Trump a fait deux pas en arrière : sur le Groenland et les taxes !»
    Jan 23 2026
    Cette semaine, nous interrogeons Andrej Plenkovic, Premier ministre de la Croatie, au lendemain d’un sommet européen extraordinaire. Il explique combien les Vingt-Sept sont sceptiques sur l’avenir de la relation transatlantique, malgré le renoncement de Donald Trump concernant le Groenland et la hausse des droits de douane. Le jeudi 22 janvier 2026, les Vingt-Sept se sont réunis pour un sommet extraordinaire convoqué par Antonio Costa à la suite des menaces répétées de Donald Trump d’annexer le Groenland et d’augmenter les droits de douane des pays qui ont engagé des soldats sur place. Andrej Plenkovic, Premier ministre croate depuis 10 ans, qualifie cette réunion de « constructive » : « Il y a eu des débats francs en ce qui concerne les relations entre l’Union européenne (UE) et les États-Unis. Nous avons discuté de trois points importants : tout d’abord, le fait d’assurer une solidarité complète des Vingt-Sept vis-à-vis de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Danemark et du Groenland. Puis, de revenir à une normalité dans les relations transatlantiques, fondement de l’ordre international. Enfin, nous avons discuté de la nécessité de mettre en place des instruments anti-coercition dans le domaine des droits de douane et de comment les appliquer si besoin. » Ce sommet a cependant eu lieu après un adoucissement des positions de l'administration américaine. Ce revirement est intervenu après une discussion entre le président américain et le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte. « Donald Trump a fait deux pas en arrière », estime le Premier ministre croate. « J'étais au courant que Mark Rutte était en train de chercher une solution plutôt généralisée des pays de l'Arctique, de l'Union européenne et de l'OTAN », explique Andrej Plenkovic qui avait rencontré le secrétaire général de l’Otan la semaine passée. Selon le Premier ministre, la réaction négative des marchés financiers face à ces tensions a poussé Donald Trump à reculer. « Puis, nous voyons que l'opinion publique américaine ne soutient pas vraiment la position de leur gouvernement vis-à-vis du Groenland. Finalement, cette méthode a déjà été utilisée par le président Trump : essayer de faire monter les enchères et ensuite revenir en arrière et calmer le jeu afin de chercher une solution qui pourrait être satisfaisante pour les intérêts de sécurité des États-Unis. » « Les Européens, coordonnés, doivent calmer le jeu » Andrej Plenkovic se veut rassurant : « Il y a eu un peu de tension mais demain ou après-demain, nous aurons d'autres sujets à gérer. L'UE adopte une position assez coordonnée. Nous tenons une ligne selon laquelle la question de l'intégrité territoriale des États membres ne peut pas être remise en question. » Il appelle à « calmer le jeu » : « La ligne de la Croatie est d’essayer de rétablir le dialogue, de nourrir nos rapports car nous devons rester partenaires dans un monde sans cesse en changement. Il faut plutôt cultiver les relations transatlantiques que de mener des actions qui peuvent détériorer la situation. » Il regrette cependant ces désaccords et l’inconsistance de la relation transatlantique : « La montée des tensions politiques entre alliés n'a pas beaucoup de sens. Nous avons énormément d'autres sujets à traiter qui sont des vrais problèmes globaux. Des amis et partenaires comme les États-Unis et les pays de l'UE ne devraient pas avoir ce genre de débat qui est un peu hallucinant. Au mois de décembre, nous parlions de sanctions contre la Russie et quelques semaines après, nous évoquons l’usage d’instruments anti-coercition contre les Américains. C’est un instrument qui n'a pas été conçu contre les États-Unis, mais contre la Chine. » « Nous étudions les implications de Conseil de la paix » Donald Trump a inauguré à Davos son nouveau « Conseil de paix », en présence d'une vingtaine de dirigeants de pays ayant rallié cette instance placée sous sa coupe. La Croatie a reçu une invitation à y participer : « Je suis très reconnaissant pour cette invitation mais comme elle est arrivée environ un jour et demi avant la date de la signature, il était impossible pour nous de signer ce type de document si rapidement en raison de contraintes constitutionnelles juridiques. » Si certains pays, comme la France ou l'Espagne, ont d’ores et déjà décliné l’invitation, Andrej Plenkovic annonce « étudier ce texte ». Le président du Conseil européen Antonio Costa a évoqué de « sérieux doutes » concernant ce « Conseil de paix », en particulier sur sa compatibilité avec les Nations unies. Le Premier ministre croate le rejoint sur ce point : « Quelle est la position de ce Conseil vis-à-vis des structures existantes des Nations unies ? Sommes-nous toujours dans le cadre de ce qui était prévu en accord avec les ...
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  • Hadja Lahbib : «Israël doit respecter ses obligations et laisser l'aide humanitaire entrer à Gaza»
    Jan 16 2026
    Cette semaine, nous recevons Hadja Lahbib, commissaire européenne à la gestion des crises et à l’égalité. Guerres en Ukraine et à Gaza, manifestations en Iran ou tensions entre les Vingt-Sept et les États-Unis, elle commente les multiples conflits et crises face auxquels l’UE doit réagir. L’Europe se trouve chamboulée par les manœuvres géopolitiques de Donald Trump qui remettent en cause l’ordre mondial d'après-guerre. Hadja Lahbib, commissaire européenne à la gestion des crises et à l’égalité, définit son rôle comme le fait « d'anticiper les crises, qu'elles soient provoquées par des catastrophes naturelles, par des guerres ou par des attaques cyber ». « Plus nous sommes préparés et plus nous dormirons tranquilles » La Commission européenne souhaite que chaque État membre mette au point un kit de survie accessible aux citoyens, contenant de la nourriture, de l'eau et des copies de documents d'identité importants en cas de crise. « Ces kits de survie sont déjà répandus et acceptés dans des pays comme la Suède, la Finlande ou le Danemark. Dans d'autres pays, comme la France, la Belgique ou l’Espagne, c'est plus difficile. Cela a provoqué certaines questions. On m'a demandé si nous n’avions pas peur de semer la panique. Je dirais plutôt le contraire. Plus nous sommes préparés et plus nous dormirons tranquilles car nous pourrons faire face, par exemple, à une fermeture pendant quelques heures de toute alimentation énergétique », détaille la commissaire européenne. « L'objectif est de mettre à genoux la population » L’Ukraine est victime de coupures d'électricité quotidiennes à cause des frappes russes sur ses infrastructures énergétiques. « C'est une stratégie très claire poursuivie par les Russes. Cela enfreint les règles du droit de la guerre. Il y a des règles à respecter. On ne vise pas les infrastructures vitales même en temps de guerre. L'objectif est de mettre à genoux la population. » De nombreux habitants de Kiev se réfugient dans des trains afin d’avoir accès à des générateurs, notamment fournis par l’UE : « Depuis le début de la guerre, nous avons fourni à peu près 9 500 générateurs à l'Ukraine pour lui permettre de survivre. Depuis 2022, nous avons aidé l’Ukraine à hauteur d’environ 1,25 milliard d'euros. Et nous allons continuer », explique la commissaire, également en charge de l’aide humanitaire. « C'est une crise qui nous concerne tous » Au début du mois, les États-Unis ont attaqué le Venezuela et capturé son président, Nicolas Maduro, l’accusant notamment de narcoterrorisme. Depuis, l’administration américaine travaille avec la présidente par intérim et entend prendre le contrôle des ressources pétrolières du pays. L’UE, qui prône l’intégrité territoriale et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, semble peu audible sur ce dossier. Hadja Lahbib regrette l’attitude des États-Unis : « Pendant des décennies, ils ont incarné cette force pour la liberté, pour la défense de la démocratie. Évidemment, il y a beaucoup d'amertume aujourd'hui. [...] Ce n'est pas que Maduro avait une légitimité démocratique, certainement pas, mais ici, c’est le droit international et la Charte des Nations Unies qui sont remis en question. » Elle en appelle à l’autodétermination des Vénézuéliens : « Ce qui est important aujourd'hui, c'est que les Vénézuéliens aient le dernier mot. [...] Ce sont eux qui m'intéressent. [...] Ce qui m'inquiète, c'est le régime qui sera mis en place et comment finalement le droit à l'autodétermination des peuples sera garanti. » Les Vénézuéliens représentent la deuxième nationalité à déposer le plus grand nombre de demandes d’asile dans l’UE. « Il faut réduire la crise. Nous contribuons à l'aide humanitaire aux Vénézuéliens, aux pays limitrophes qui accueillent beaucoup de réfugiés, mais aussi en Europe. [...] C'est une crise qui nous concerne tous. » « Nous serons auprès des Iraniens dans l'aide humanitaire » En Iran, la répression des manifestations par le régime au pouvoir a déjà causé des milliers de morts et plus de 10 000 arrestations. Si certains États membres ont convoqué les ambassadeurs iraniens pour demander le respect de la liberté d’expression, l’UE est jugée trop timide par certains dans la condamnation de cette répression. « Nous envisageons des sanctions. Nous en avons déjà pris beaucoup, entre autres contre les Corps des Gardiens de la Révolution islamique », se défend la commissaire européenne. Elle appelle à écouter les Iraniens : « Ce qui nous importe, c'est que le premier et le dernier mot reviennent au peuple iranien. [...] Il y a une fatigue du régime qui étouffe les libertés fondamentales. [...] Il y a un ras-le-bol général même si toutes les régions ne sont pas concernées donc il faut être extrêmement prudent....
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