Entre le Panama, Miami et Paris, Michelle Blades trace un parcours singulier, porté par la débrouille, la scène indépendante et un héritage familial foisonnant. À l’occasion de la sortie de son nouvel album Where To?, elle revient sur son identité plurielle et la force de la transmission maternelle.
Michelle Blades est née au Panama, ce cordon ombilical qui relie l’Amérique du Sud à l’Amérique du Nord, entre la Colombie et le Costa Rica. Ses parents s'installent en Floride, à Miami, lorsqu'elle est enfant. Elle est la fille du musicien Roberto Blades, qui a obtenu un Grammy Awards avec Gloria Estefan, incontournable figure de la scène latino des années 1990 aux États-Unis. Mais Michelle Blades est aussi la nièce de Rubén Blades, star de la salsa dite « intellectuelle », également comédien ayant tourné sous la direction de Robert Redford ou Spike Lee, et homme politique, candidat à la présidentielle panaméenne en 1994.
Cet oncle, pourtant, Michelle ne l’a que peu connu : « J’ai aussi connu les embrouilles familiales. Je n’ai rencontré mon oncle qu’en 2018, alors que pendant mon enfance, il était absent, tout comme mon père. J’ai grandi dans des studios, mais la musique n’était pas vraiment présente à la maison. J’ai dû quitter le foyer pour pouvoir en faire. Psychologiquement, ça m’a poussée à prendre mes distances avec mon héritage familial, et à vraiment chercher ce que je voulais dans la vie. Même si j’ai essayé d’autres métiers et d’autres études, j’ai toujours fini par revenir à la musique, parce que c’est vraiment ce que j’aime et ce que j’ai choisi de poursuivre. Ce contexte familial m’a aussi amenée à rejeter la musique d’Amérique latine pendant longtemps, mais c’était une réaction, ce n’était pas vraiment moi. »
Un parcours entre Miami, Paris… et l’Arizona Pour Michelle Blades, le voyage ne s’arrête pas entre le Panama et Miami. Il y a aussi Paris, mais avant cela, un détour par l’Arizona, où elle découvre la scène alternative et l’esprit DIY, le Do It Yourself (« fait maison »). C’est le mouvement de la débrouille, où l’on répare les maisons en ruine, où l’on tricote des sacs en forme de cactus à la main et, surtout, où l’on fait de la musique sur des scènes ouvertes. C’est là que Michelle Blades s’initie à la création musicale indépendante et développe son univers.
Sur la scène française, elle s’est fait connaître en tournant et chantant avec le groupe La Femme, né en 2010, aux côtés de plusieurs chanteuses dont Clara Luciani, et elle a aussi joué comme bassiste avec Pomme.
Un hommage à la mère Parmi les titres de son nouvel album, « I’m the Mother, I’m the Man » s’impose comme un hymne à la monoparentalité. Le clip met en scène des personnages maquillés de blanc, façon mime, pour être visibles de loin. Ce morceau parle de sa mère, qui l’a élevée seule : « Ma mère est née dans la ville mexicaine de Mexico-Tenochtitlan. Je pensais à elle, évidemment. Elle a incarné tous les rôles qu’un parent pourrait incarner. Elle était les deux en un. »
Sa mère a donc joué tous les rôles : « En tous cas, elle a bien absorbé et représenté les deux rôles. Et ça m’a donné une vision de la femme et aussi de la mère que j’aime beaucoup et que je porte avec moi aujourd’hui. Du coup, je me suis dit mon langage d’expression, c’est la chanson et je vais enfin lui écrire une chanson. »
Entre eaux et flammes, la quête de soi Entre ses influences, ses voyages et son indépendance artistique, Michelle Blades poursuit son chemin, toujours en mouvement, entre eaux et flammes. Avec Where To?, l’artiste offre un album introspectif, sincère et résolument personnel, fruit d’un héritage complexe mais assumé.
Michelle Blades est en concert ce jeudi 5 février 2026 à Paris.
Michelle Blades Where To? (Escargot Musique) 2026
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