Épisodes

  • Michelle Blades: itinéraire d’une artiste DIY qui réinvente ses racines
    Feb 5 2026

    Entre le Panama, Miami et Paris, Michelle Blades trace un parcours singulier, porté par la débrouille, la scène indépendante et un héritage familial foisonnant. À l’occasion de la sortie de son nouvel album Where To?, elle revient sur son identité plurielle et la force de la transmission maternelle.

    Michelle Blades est née au Panama, ce cordon ombilical qui relie l’Amérique du Sud à l’Amérique du Nord, entre la Colombie et le Costa Rica. Ses parents s'installent en Floride, à Miami, lorsqu'elle est enfant. Elle est la fille du musicien Roberto Blades, qui a obtenu un Grammy Awards avec Gloria Estefan, incontournable figure de la scène latino des années 1990 aux États-Unis. Mais Michelle Blades est aussi la nièce de Rubén Blades, star de la salsa dite « intellectuelle », également comédien ayant tourné sous la direction de Robert Redford ou Spike Lee, et homme politique, candidat à la présidentielle panaméenne en 1994.

    Cet oncle, pourtant, Michelle ne l’a que peu connu : « J’ai aussi connu les embrouilles familiales. Je n’ai rencontré mon oncle qu’en 2018, alors que pendant mon enfance, il était absent, tout comme mon père. J’ai grandi dans des studios, mais la musique n’était pas vraiment présente à la maison. J’ai dû quitter le foyer pour pouvoir en faire. Psychologiquement, ça m’a poussée à prendre mes distances avec mon héritage familial, et à vraiment chercher ce que je voulais dans la vie. Même si j’ai essayé d’autres métiers et d’autres études, j’ai toujours fini par revenir à la musique, parce que c’est vraiment ce que j’aime et ce que j’ai choisi de poursuivre. Ce contexte familial m’a aussi amenée à rejeter la musique d’Amérique latine pendant longtemps, mais c’était une réaction, ce n’était pas vraiment moi. »

    Un parcours entre Miami, Paris… et l’Arizona

    Pour Michelle Blades, le voyage ne s’arrête pas entre le Panama et Miami. Il y a aussi Paris, mais avant cela, un détour par l’Arizona, où elle découvre la scène alternative et l’esprit DIY, le Do It Yourself (« fait maison »). C’est le mouvement de la débrouille, où l’on répare les maisons en ruine, où l’on tricote des sacs en forme de cactus à la main et, surtout, où l’on fait de la musique sur des scènes ouvertes. C’est là que Michelle Blades s’initie à la création musicale indépendante et développe son univers.

    Sur la scène française, elle s’est fait connaître en tournant et chantant avec le groupe La Femme, né en 2010, aux côtés de plusieurs chanteuses dont Clara Luciani, et elle a aussi joué comme bassiste avec Pomme.

    Un hommage à la mère

    Parmi les titres de son nouvel album, « I’m the Mother, I’m the Man » s’impose comme un hymne à la monoparentalité. Le clip met en scène des personnages maquillés de blanc, façon mime, pour être visibles de loin. Ce morceau parle de sa mère, qui l’a élevée seule : « Ma mère est née dans la ville mexicaine de Mexico-Tenochtitlan. Je pensais à elle, évidemment. Elle a incarné tous les rôles qu’un parent pourrait incarner. Elle était les deux en un. »

    Sa mère a donc joué tous les rôles : « En tous cas, elle a bien absorbé et représenté les deux rôles. Et ça m’a donné une vision de la femme et aussi de la mère que j’aime beaucoup et que je porte avec moi aujourd’hui. Du coup, je me suis dit mon langage d’expression, c’est la chanson et je vais enfin lui écrire une chanson. »

    Entre eaux et flammes, la quête de soi

    Entre ses influences, ses voyages et son indépendance artistique, Michelle Blades poursuit son chemin, toujours en mouvement, entre eaux et flammes. Avec Where To?, l’artiste offre un album introspectif, sincère et résolument personnel, fruit d’un héritage complexe mais assumé.

    Michelle Blades est en concert ce jeudi 5 février 2026 à Paris.

    Michelle Blades Where To? (Escargot Musique) 2026

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  • Sébastien Tellier, animal dompté dans son nouvel album «Kiss The Beast»
    Feb 4 2026

    Le chanteur et musicien français Sébastien Tellier a dévoilé, le 30 janvier 20026, son dernier album en date : Kiss The Beast. Un disque sur lequel il abandonne la coquetterie de ses « albums concepts » pour se montrer plus vulnérable, plus accessible aussi, avec un objectif assumé : le succès grand public.

    A-t-il été inspiré par le chanteur Christophe, qu'il admire énormément, et sa chanson « Succès fou » ? En tout cas, Sébastien Tellier n'a de cesse de le répéter : avec son album Kiss The Beast, il espère remporter l'adhésion du grand public version XXL, et pas seulement du microcosme parisien amateur de French Touch.

    « J'ai pas de succès, je m'entête / Les gens se fichent de moi », maugrée-t-il dans « Mouton », le premier titre du disque qu'il a écrit – et donc celui qui a donné la direction du reste de l'album.

    Pour contrer cette malédiction en vertu de laquelle « ça plait pas », le musicien a cette fois mis toutes les chances de son côté. Pour commencer, exit certains accessoires encombrants : si Sébastien Tellier a gardé sa longue chevelure signature et sa barbe de grand sage, c'est pour mieux changer de label (son contrat avec Record Makers touchait à sa fin) et surtout pour abandonner les albums-concepts auxquels il nous avait habitués jusque-là : Sexuality (2008), My God Is Blue (2012) ou encore Domesticated (2020).

    Sébastien Tellier dans toute sa dualité

    Sur ce nouveau disque donc, le chanteur se montre (presque) tel qu'il est, à la fois vulnérable « Mouton » et dangereux « Loup » prêt à « dévore[r] le vrai, le beau », aussi bien tendre qu'animal – pas de surprise, c'était annoncé dans le titre de l'album, Kiss The Beast (« embrasser la bête », en français), quelque peu antinomique.

    Surtout, pour enfin convoquer le succès dont il rêve tant, Sébastien Tellier s'est entouré d'une équipe de choc : il partage un titre avec Kid Cudi (« Amnesia ») et en invite, sur un autre (« Thrill Of The Night ») la chanteuse d'hyperop Slayyyter et le guitariste de Chic, Nile Rodgers, pour une ambiance disco revisitée qui pourrait bien rythmer les soirées d'été à venir.

    À lire aussiSébastien Tellier revient avec l'album «Kiss The Beast»

    Ce côté festif traverse plusieurs titres de l'album : le très italo-disco « Romantic », ou « Refresh », chargé en talkbox – un outil avec un effet proche du vocodeur, très prisé des Daft Punk que Sébastien Tellier côtoie depuis ses débuts.

    De gentilles ritournelles au piano

    Mais là où Sébastien Tellier excelle le plus, c'est finalement lorsqu'il fait du Sébastien Tellier, dans ces titres plus doux où il se montre vulnérable – sans se priver de quelques coups de folie. Le très planant « Parfum Diamant », où fait irruption un drôle de didgeridoo, en fait partie ; mais on pense surtout à ce « Dimanche en famille » qui clôture l'album. Une ode à son épouse, Amandine de la Richardière et à leurs deux enfants, qui montre que si Sébastien Tellier est un loup, c'est aujourd'hui avant tout un père de famille déterminé à veiller sur sa portée de louveteaux.

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  • Le Honduras au coeur de la «Dolce Vita» du guitariste Louis Matute
    Feb 3 2026

    Direction l'Amérique centrale avec le guitariste suisso-hondurien Louis Matute et son groupe, le Large Ensemble. Leur nouveau disque s'intitule Dolce Vita, un titre ironique car derrière cette douceur apparente se cache en réalité une histoire bien plus douloureuse : celle de l'exil forcé du grand-père de Louis Matute et sa famille, chassés du Honduras par la dictature.

    En se plongeant dans son histoire, Louis Matute a cherché à comprendre les raisons qui ont poussé sa famille à quitter le Honduras en 1972. Ses recherches l’ont conduit à découvrir le combat de son grand-père contre l'impérialisme américain et leur volonté d'asservir l'Amérique centrale à travers la United Fruit Company : une entreprise bananière américaine qui imposait alors sa loi sur l'économie, la répartition des terres et la politique, réprimant les travailleurs au profit de ses plantations et soutenant les dictatures. C’est cette mémoire qui a nourri toute la narration de Dolce Vita.

    Une mémoire en musique

    « J'avais envie de raconter le racisme qu'a subi mon père à son arrivée en Suisse » explique Louis Matute. « La manière dont il a dû se comporter pour s'acclimater, pour se faire accepter. Notamment en ayant recours à jouer un personnage, à jouer avec les clichés que se font les occidentaux sur les latinos. La légèreté de vivre, les beaux paysages, la musique, la gentillesse, la chaleur humaine, les couleurs... Des traits en partie vrais, certes, mais qui ne définissent pas du tout l'entièreté de cette culture où la politique et l’histoire sont souvent bien plus sombres que ce qu'on peut imaginer. »

    Parmi les invités de choix sur l’album, on reconnaît la voix légendaire de Joyce Moreno, pionnière de la bossa nova et figure majeure de la MPB (musique populaire brésilienne) depuis les années 1960. Le Brésil occupe une place importante dans Dolce Vita, car Louis Matute est fan de sa musique des années 1970-80, notamment du violoncelliste et arrangeur Jacques Morelenbaum, collaborateur de Tom Jobim, mais aussi de la chanteuse tropicaliste Paola Morelenbaum, proche de Chico Buarque, Gal Costa, Caetano Veloso et Gilberto Gil. Alors pourquoi ne pas s'offrir un featuring avec la fille de ces deux artistes ? La chanteuse Dora Morelenbaum prête sa voix sur le morceau « Nao me convém ».

    Un voyage musical sans frontières

    Au-delà du Brésil, Louis Matute est aussi allé fouiller du côté des musiques du Honduras, évidemment, d'où il a tiré plusieurs références : « J'ai passé 2-3 ans à écouter différents styles de musique qui venaient de cette région-là, du Honduras. Il y a la communauté Garifuna, installée dans le nord du Honduras, sur la côte caribéenne et au Nicaragua. On y croise des influences de musique calypso, merengue, bachata, même de flamenco. Mais sinon, globalement, ce qui s’écoutait à la fin du 20e siècle, c'était plus de la salsa, du merengue et de la bachata comme il y a en République Dominicaine ou à Puerto Rico. »

    Un clin d’oeil au Mexique s’invite aussi sur le morceau « Gringolandia », hommage au tableau du même nom de Frida Kahlo, peint pendant son séjour aux États-Unis avec Diego Rivera, oeuvre emblématique de son rejet de l’impérialisme américain et de son attachement à ses racines mexicaines.

    Dolce Vita, le nouvel album du guitariste Louis Matute enregistré entre Paris et Rio, à retrouver sur scène le 26 mars à Morges, en Suisse.

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  • Afrotronix code les sons de l'Afrique sur «KÖD», son nouvel album
    Feb 2 2026

    Köd, le nouvel album d'Afrotronix explore les musiques ancestrales et les propulse dans le 21ème siècle. Une démarche patrimoniale où les samples de rythmes et des voix traditionnelles magnifient la musique électronique.

    « Il est temps que les logiciels apprennent à mieux connaitre l'Afrique ».. c'est le postulat de départ d'Afrotronix qui a passé ces dernières années à enseigner à ses machines, non seulement les langues, mais aussi les rythmes et les sonorités du continent.

    « Je fais un travail de sound design, qui est de partir des sons des instruments que l'on ne retrouve même plus aujourd'hui et de les synthétiser. Et aussi au niveau rythmique, je ne fais pas de l'électro qui part de la house à laquelle on ajoute des éléments africains, mais la base elle-même est africaine. Donc j'amène la machine à penser dans les langues et dans les codes africains. »

    Le titre de l'album, Kod, peut s'interpréter de plusieurs façons, puisqu'en sara, l'une des langues du Tchad, il signifie « tambour ». Afrotronix, de son vrai nom Caleb Rimtobaye, s'est découvert ces dernières années une passion pour l'ethnomusicologie.

    Au cours de ses voyages, il enregistre, il sample, il récupère aussi de vieilles cassettes, pour alimenter un corpus qui devient avec le temps un hommage aux cultures ancestrales. Ainsi, il met à l'honneur, le makossa camerounais, les rythmes mandingues, le répertoire vocal darfouri ou encore la danse Gourna du peuple Massa

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  • «Essam», le nouvel album d'Imarhan: un éclair dans le blues touareg
    Jan 30 2026

    Après Tinariwen, ils représentent la nouvelle génération de bluesmen touareg : Imarhan a sorti, ce 16 janvier, un nouvel album intitulé Essam. « Essam » comme « éclair » en tamasheq, en référence aux notes électro qui, pour la première fois, font intrusion dans l'assouf planant auquel nous avait habitué le groupe issu de Tamanrasset.

    Des synthétiseurs et des nappes électro ? Dans le blues touareg, c'était du jamais-vu, jamais-entendu. Une barrière allègrement brisée par les membres d'Imarhan, avec leur quatrième album logiquement intitulé Essam, pour « éclair » en tamasheq - éclair comme l'électronique qui fait irruption dans la musique touarègue.

    Finie donc l'époque où les musiciens d'assouf ne faisaient que du 100% pur jus, de crainte de ne pas entrer dans les codes du genre : « on n'a pas peur d'essayer de nouvelles choses, » fanfaronne Saddam, le chanteur et parolier du groupe, qui raconte qu'ils ont pris cette direction un peu « par hasard » au gré de tests avec les producteurs français Emile Papandreou et Maxime Kosinetz.

    « Maxime avait sa petite boîte, il essayait des choses pendant qu'on enregistrait... on a trouvé que ça marchait très bien, alors on a décidé d'essayer de faire tout l'album comme ça. » Aussi simple que cela. C'est donc tout naturellement que la boîte à rythmes trouve sa place dans l'entraînant « Derhan n'Oulhine » et dans le planant « Okcheur », ou que des basses électro colorent le fond de Tamiditin.

    Une musique à l'identité clairement touarègue

    Ces quelques ajouts subtils font radicalement évoluer le blues touareg, rendu moins sec - sans pour autant le transformer radicalement. « On peut faire de l'assouf dans tous les genres, pointe Saddam. Ce qui compte, ce sont les rythmes, la nostalgie, les paroles en tamasheq... » Sur ce plan-là, les codes sont respectés. On retrouve les thématiques chères aux bluesmen touareg : le mal du pays, l'amour de sa terre - particulièrement illustré par la chanson « Tin Arayth », hommage aux différents lieux de Tamanrasset -, mais aussi la souffrance, comme lorsque dans « Tellalt », Imarhan chante la douleur de ces migrants arrivés aux portes de l'Algérie après avoir traversé le désert.

    Les mélodies quant à elles ne perdent rien du caractère planant, parfois même lancinant, auxquelles le blues touareg nous avait habitués... toujours portées par ces paroles en tamasheq. « La langue tamasheq se perd de plus en plus, regrette Saddam, chaque génération perd des mots par rapport à la précédente. La musique assouf permet de conserver notre vocabulaires, nos poèmes, nos histoires. Parce qu'un jour, peut-être que c'est tout ce qu'il nous restera. »

    Essam, 100% made in Tamanrasset

    Pour la deuxième fois consécutive, les cinq membres d'Imarhan ont enregistré à Aboogi, un studio qu'ils ont fait spécialement construire à Tamanrasset. Saddam : « Je ne trouvais pas logique d'aller enregistrer notre musique du désert à Paris ou à Londres. C'est loin, on est fatigués... en plus, il fait froid, alors que notre musique a besoin de chaleur pour être créée. » En quelques années, l'endroit est devenu le quartier général des musiciens locaux - Tinariwen y a d'ailleurs enregistré son album à paraître - et les sessions d'enregistrement voient défiler voisins et amis autant que professionnels.

    « Ce n'est pas comme en Europe, où il y a beaucoup de contraintes. Il faut être là à telle heure, il ne faut pas faire ci, pas faire ça... à Aboogi, il n'y a pas toute cette organisation, pointe Saddam. Et c'est de ça dont on a besoin pour être tranquilles et composer notre musique. » Quitte à faire avec les aléas de la météo : plusieurs fois, le vent du désert a soufflé si fort qu'il a coupé l'électricité et qu'il a fallu réenregistrer certains morceaux. « Pour moi, c'est normal ! » se rappelle Saddam dans un éclat de rire. « C'est comme ça, dans le désert. » Un désert que l'on retrouve à chaque coin des dix morceaux qui composent Essam.

    Imarhan Essam (CitySlang) 2026

    En tournée en Europe à partir du mois de mars, le 26 au Trabendo à Paris.

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  • B‑Low fait résonner l'enfance avec «I Can Hear You», un album engagé et électrisant
    Jan 29 2026

    Après plus de 25 ans à faire vibrer les scènes, le beat‑maker et multi‑instrumentiste français B‑Low signe son premier album I Can Hear You. Un voyage sonore singulier, croisant soul, funk, jazz, rock, rap et électro où chaque titre invite à tendre l’oreille – vers soi et vers les autres.

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  • L’électro-pop rétro-futuriste de Mika: «Hyperlove», l’amour à l’ère du virtuel
    Jan 28 2026

    Trois ans après un album en français, Mika signe son retour à l’anglais avec Hyperlove. Un disque résolument électro-pop, dansant et introspectif, pensé pour la scène internationale.

    L'originalité du septième disque de Mika tient peut-être dans ces Interludes. Trois morceaux-jingles qui structurent cet album que l'on écoute comme le flux d'une radio imaginaire, « Hyperlove FM ». Une radio rétro-futuriste diffusée depuis un monde dystopique.

    À 42 ans, l'artiste libano-brittannique déploie une électro-pop dansante et accrocheuse qui interroge notre rapport à l’amour à l’ère du virtuel : comment aimer dans un monde violent, de plus en plus artificiel, où tout va trop vite ? « Dieu, donne moi une raison, je perd la foi dans ce monde moderne » chante-il dans « Modern Love ».

    Hyperlove : un opéra électronique entre piano et synthétiseurs

    Composé de 15 titres, Hyperlove se veut un « opéra électronique » : le piano de Mika en est le fil rouge, sa voix – capable de naviguer sur plusieurs octaves – se mêlant aux synthétiseurs. Des textures parfois mécaniques qui brouillent la frontière entre l'homme et la machine.

    Pour Mika, la musique reste un refuge. Né à Beyrouth en 1983, il quitte le Liban en guerre avec sa famille à cause de la guerre, pour vivre à Paris puis à Londres. Enfant hypersensible et dislexique, il trouve dans le chant une forme de libération.

    Une notoriété internationale et un succès populaire en France

    Révélé au grand public avec Life In Cartoon Motion en 2007 et des tubes planétaires comme « Relax », « Grace Kelly » ou « Happy Ending », Mika est aussi devenu en France une personnalité populaire grâce à The Voice, un télécrochet où il a fait partie du jury pendant presque 10 ans.

    Flamboyant sur scène, il veut célébrer ce qu'il nous reste d'humanité : l'émotion, l'amour et le droit de rêver. Mika sera en concert à l'Accor Arena à Paris le 16 février, et en tournée en Europe et aux États-Unis.

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  • Entre Orient et Occident, le rock poético-politique de Rhizomes
    Jan 27 2026

    Coup de projecteur sur Rhizomes, un groupe de rock indépendant qui dévoile son tout premier EP éponyme. Le collectif réunit cinq musiciennes et musiciens venus d’horizons très différents, unis par le désir de créer un langage commun.

    À l’origine, deux formations distinctes : un trio avec Yaël Miller au chant, Roland Merlinc à la batterie et Baptiste Germser à la basse, et un duo formé par Donia Berriri au chant et Thomas Caillou à la guitare électrique. Leur rencontre a lieu à Genève en 2020, lors d’une carte blanche. Peu à peu, des années de répétitions scellent leur envie de se réunir autour d’un projet tous les cinq.

    Entre Orient et Occident, un langage musical partagé

    Si leurs parcours musicaux vont du jazz à la musique classique, en passant par la chanson française et la pop, Rhizomes fait converger ces influences vers un post-rock occidental traversé de sonorités orientales. L’Orient se déploie notamment dans les ornements mélodiques et les langues portées par les deux chanteuses : Yaël Miller, Israélienne, et Donia Berriri, d’origine algéro-tunisienne. Ensemble, elles alternent entre le français, l’hébreu et l’arabe.

    À propos du titre Dialogues, Donia Berriri raconte : « Tout est parti d’un poème du poète syrien Nizar Kabbani. C’est juste une courte phrase qui dit : "Lorsqu’ils me demandent qui est mon amour, je leur réponds : Ah, si seulement je pouvais le dessiner. Depuis vingt siècles, je l’aime, et je ne connais toujours pas son nom." Yaël l’a ensuite traduit en hébreu. » Yaël Miller poursuit : « C’est un morceau qui a traversé beaucoup de formes jusqu’à arriver à celle-ci, répétitive, comme une transe filmographique. »

    Des messages de paix et de résistance

    À travers ses textes, Rhizomes prône la paix et rejette toute forme d’oppression ou de domination. Leur démarche, poétique autant que politique, découle autant de leurs origines multiples que de leur volonté de bâtir des ponts entre les cultures pour en tirer quelque chose d’universel et unifiant.

    Le titre « Mizmor » dénonce par exemple l’absurdité des frontières, en mêlant les mots de la poétesse polonaise Wislawa Szymborska et ceux du poète palestinien Samih al-Qâsim. « J’oublie » s’interroge sur les dérives des sociétés capables d’engendrer des monstres : un morceau directement inspiré par les attentats du Bataclan en 2015. « Kalb Isha », explique Donia Berriri, « est un jeu de mots : Kalb, "le cœur" en arabe, et Isha, "la femme" en hébreu. Le morceau interroge ces sociétés où les femmes offrent leurs enfants à la guerre. Où l’on élève des enfants que l’on laisse ensuite mourir à 18 ans. C’est clairement une critique, mais aussi un questionnement : pourquoi offre-t-on le cœur de nos enfants à des causes qui les dépassent ? »

    Influencé par la chanteuse américano-mexicaine Lhasa de Sela et les anglaises Kae Tempest et PJ Harvey, et porté par une énergie rock héritée de Nirvana, Rhizomes compose une musique à la fois douce, brute et envoûtante.

    Rhizomes, premier EP du groupe éponyme, est à découvrir ce soir sur scène au Zèbre de Belleville, à Paris.

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    Non communiqué