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Le choix musical de RFI

Le choix musical de RFI

Auteur(s): RFI
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Du lundi au vendredi, chaque matin, un journaliste vous parle des artistes qui font l’actualité des musiques de l’espace francophone, de l’Afrique et de ses diasporas. Vous pourrez y entendre plus largement des musiques du monde et du Sud, des musiques actuelles et urbaines qui sont au cœur de l’identité de RFI.

Diffusion 8h50, heure de Paris, 7h50 TU.

France Médias Monde
Musique
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  • Sébastien Tellier, animal dompté dans son nouvel album «Kiss The Beast»
    Feb 4 2026

    Le chanteur et musicien français Sébastien Tellier a dévoilé, le 30 janvier 20026, son dernier album en date : Kiss The Beast. Un disque sur lequel il abandonne la coquetterie de ses « albums concepts » pour se montrer plus vulnérable, plus accessible aussi, avec un objectif assumé : le succès grand public.

    A-t-il été inspiré par le chanteur Christophe, qu'il admire énormément, et sa chanson « Succès fou » ? En tout cas, Sébastien Tellier n'a de cesse de le répéter : avec son album Kiss The Beast, il espère remporter l'adhésion du grand public version XXL, et pas seulement du microcosme parisien amateur de French Touch.

    « J'ai pas de succès, je m'entête / Les gens se fichent de moi », maugrée-t-il dans « Mouton », le premier titre du disque qu'il a écrit – et donc celui qui a donné la direction du reste de l'album.

    Pour contrer cette malédiction en vertu de laquelle « ça plait pas », le musicien a cette fois mis toutes les chances de son côté. Pour commencer, exit certains accessoires encombrants : si Sébastien Tellier a gardé sa longue chevelure signature et sa barbe de grand sage, c'est pour mieux changer de label (son contrat avec Record Makers touchait à sa fin) et surtout pour abandonner les albums-concepts auxquels il nous avait habitués jusque-là : Sexuality (2008), My God Is Blue (2012) ou encore Domesticated (2020).

    Sébastien Tellier dans toute sa dualité

    Sur ce nouveau disque donc, le chanteur se montre (presque) tel qu'il est, à la fois vulnérable « Mouton » et dangereux « Loup » prêt à « dévore[r] le vrai, le beau », aussi bien tendre qu'animal – pas de surprise, c'était annoncé dans le titre de l'album, Kiss The Beast (« embrasser la bête », en français), quelque peu antinomique.

    Surtout, pour enfin convoquer le succès dont il rêve tant, Sébastien Tellier s'est entouré d'une équipe de choc : il partage un titre avec Kid Cudi (« Amnesia ») et en invite, sur un autre (« Thrill Of The Night ») la chanteuse d'hyperop Slayyyter et le guitariste de Chic, Nile Rodgers, pour une ambiance disco revisitée qui pourrait bien rythmer les soirées d'été à venir.

    À lire aussiSébastien Tellier revient avec l'album «Kiss The Beast»

    Ce côté festif traverse plusieurs titres de l'album : le très italo-disco « Romantic », ou « Refresh », chargé en talkbox – un outil avec un effet proche du vocodeur, très prisé des Daft Punk que Sébastien Tellier côtoie depuis ses débuts.

    De gentilles ritournelles au piano

    Mais là où Sébastien Tellier excelle le plus, c'est finalement lorsqu'il fait du Sébastien Tellier, dans ces titres plus doux où il se montre vulnérable – sans se priver de quelques coups de folie. Le très planant « Parfum Diamant », où fait irruption un drôle de didgeridoo, en fait partie ; mais on pense surtout à ce « Dimanche en famille » qui clôture l'album. Une ode à son épouse, Amandine de la Richardière et à leurs deux enfants, qui montre que si Sébastien Tellier est un loup, c'est aujourd'hui avant tout un père de famille déterminé à veiller sur sa portée de louveteaux.

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    6 min
  • Le Honduras au coeur de la «Dolce Vita» du guitariste Louis Matute
    Feb 3 2026

    Direction l'Amérique centrale avec le guitariste suisso-hondurien Louis Matute et son groupe, le Large Ensemble. Leur nouveau disque s'intitule Dolce Vita, un titre ironique car derrière cette douceur apparente se cache en réalité une histoire bien plus douloureuse : celle de l'exil forcé du grand-père de Louis Matute et sa famille, chassés du Honduras par la dictature.

    En se plongeant dans son histoire, Louis Matute a cherché à comprendre les raisons qui ont poussé sa famille à quitter le Honduras en 1972. Ses recherches l’ont conduit à découvrir le combat de son grand-père contre l'impérialisme américain et leur volonté d'asservir l'Amérique centrale à travers la United Fruit Company : une entreprise bananière américaine qui imposait alors sa loi sur l'économie, la répartition des terres et la politique, réprimant les travailleurs au profit de ses plantations et soutenant les dictatures. C’est cette mémoire qui a nourri toute la narration de Dolce Vita.

    Une mémoire en musique

    « J'avais envie de raconter le racisme qu'a subi mon père à son arrivée en Suisse » explique Louis Matute. « La manière dont il a dû se comporter pour s'acclimater, pour se faire accepter. Notamment en ayant recours à jouer un personnage, à jouer avec les clichés que se font les occidentaux sur les latinos. La légèreté de vivre, les beaux paysages, la musique, la gentillesse, la chaleur humaine, les couleurs... Des traits en partie vrais, certes, mais qui ne définissent pas du tout l'entièreté de cette culture où la politique et l’histoire sont souvent bien plus sombres que ce qu'on peut imaginer. »

    Parmi les invités de choix sur l’album, on reconnaît la voix légendaire de Joyce Moreno, pionnière de la bossa nova et figure majeure de la MPB (musique populaire brésilienne) depuis les années 1960. Le Brésil occupe une place importante dans Dolce Vita, car Louis Matute est fan de sa musique des années 1970-80, notamment du violoncelliste et arrangeur Jacques Morelenbaum, collaborateur de Tom Jobim, mais aussi de la chanteuse tropicaliste Paola Morelenbaum, proche de Chico Buarque, Gal Costa, Caetano Veloso et Gilberto Gil. Alors pourquoi ne pas s'offrir un featuring avec la fille de ces deux artistes ? La chanteuse Dora Morelenbaum prête sa voix sur le morceau « Nao me convém ».

    Un voyage musical sans frontières

    Au-delà du Brésil, Louis Matute est aussi allé fouiller du côté des musiques du Honduras, évidemment, d'où il a tiré plusieurs références : « J'ai passé 2-3 ans à écouter différents styles de musique qui venaient de cette région-là, du Honduras. Il y a la communauté Garifuna, installée dans le nord du Honduras, sur la côte caribéenne et au Nicaragua. On y croise des influences de musique calypso, merengue, bachata, même de flamenco. Mais sinon, globalement, ce qui s’écoutait à la fin du 20e siècle, c'était plus de la salsa, du merengue et de la bachata comme il y a en République Dominicaine ou à Puerto Rico. »

    Un clin d’oeil au Mexique s’invite aussi sur le morceau « Gringolandia », hommage au tableau du même nom de Frida Kahlo, peint pendant son séjour aux États-Unis avec Diego Rivera, oeuvre emblématique de son rejet de l’impérialisme américain et de son attachement à ses racines mexicaines.

    Dolce Vita, le nouvel album du guitariste Louis Matute enregistré entre Paris et Rio, à retrouver sur scène le 26 mars à Morges, en Suisse.

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    8 min
  • Afrotronix code les sons de l'Afrique sur «KÖD», son nouvel album
    Feb 2 2026

    Köd, le nouvel album d'Afrotronix explore les musiques ancestrales et les propulse dans le 21ème siècle. Une démarche patrimoniale où les samples de rythmes et des voix traditionnelles magnifient la musique électronique.

    « Il est temps que les logiciels apprennent à mieux connaitre l'Afrique ».. c'est le postulat de départ d'Afrotronix qui a passé ces dernières années à enseigner à ses machines, non seulement les langues, mais aussi les rythmes et les sonorités du continent.

    « Je fais un travail de sound design, qui est de partir des sons des instruments que l'on ne retrouve même plus aujourd'hui et de les synthétiser. Et aussi au niveau rythmique, je ne fais pas de l'électro qui part de la house à laquelle on ajoute des éléments africains, mais la base elle-même est africaine. Donc j'amène la machine à penser dans les langues et dans les codes africains. »

    Le titre de l'album, Kod, peut s'interpréter de plusieurs façons, puisqu'en sara, l'une des langues du Tchad, il signifie « tambour ». Afrotronix, de son vrai nom Caleb Rimtobaye, s'est découvert ces dernières années une passion pour l'ethnomusicologie.

    Au cours de ses voyages, il enregistre, il sample, il récupère aussi de vieilles cassettes, pour alimenter un corpus qui devient avec le temps un hommage aux cultures ancestrales. Ainsi, il met à l'honneur, le makossa camerounais, les rythmes mandingues, le répertoire vocal darfouri ou encore la danse Gourna du peuple Massa

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    6 min
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