Épisodes

  • Jean-Luc Mélenchon joue l'international dans sa pré-campagne
    Jan 31 2026

    Après une campagne présidentielle 2022 cannibalisée par la guerre en Ukraine, le scrutin de 2027 pourrait de nouveau être percuté par les sujets internationaux. Alors les candidats se préparent déjà, à l'image de Jean-Luc Mélenchon. Même s'il n'a pas encore officiellement annoncé sa candidature, le leader insoumis fait de son programme diplomatique un axe majeur de sa stratégie présidentielle.

    « Il faut que l'on soit prêts sur les dossiers internationaux, car l'on va être attaqués dessus comme en 2017 et 2022 », avertit Jean-Luc Mélenchon. Mais être prêt pour le leader de la gauche radicale, ça ne veut pas dire faire des concessions ou lisser son discours, loin de là. Mercredi, pendant près de deux heures d'une conférence filmée à l'adresse des militants insoumis, le triple et peut être bientôt quadruple candidat à la présidentielle a, au contraire, présenté à ses supporters une feuille de route idéologique complétée d’arguments prêts à l’emploi. Avec un mot d'ordre que Jean-Luc Mélenchon défend depuis longtemps : la France doit être non alignée dans le concert des nations.

    Adaptation à la situation du moment

    La doctrine mélenchoniste consistant à s’éloigner de l’influence américaine pour mieux nouer des relations privilégiées avec l’Inde, le Brésil, la Chine et même la Russie est évidemment plus facile à défendre avec l’effroi que suscite Donald Trump en Europe. Le « néo-suprémacisme » du président américain ne vaut pas mieux que les régimes autoritaires de Moscou ou Pékin pour Jean-Luc Mélenchon. Autant donc travailler avec tout le monde car, selon le leader insoumis, la domination économique des États-Unis touche à sa fin.

    Un rapprochement avec la Russie ?

    Une vision qui amène Jean Luc Mélenchon à défendre par exemple le rétablissement du gazoduc NordStream, le principal canal d'approvisionnement depuis la Russie. Et donc « de réintégrer la Russie dans le concert européen », sous la condition d’une fin négociée de la guerre en Ukraine. « Notre vision de l’Europe va de l’Atlantique à l’Oural », défend Jean-Luc Mélenchon en citant le général de Gaulle, pourtant pas vraiment sa tasse de thé politique, mais une référence concernant l’autonomie de la France. « La multiplication actuelle des crises est une opportunité pour changer les règles du jeu », explique Jean-Luc Mélenchon. Selon lui, l’Alliance atlantique a vécu et l’Union européenne telle qu’elle fonctionne « a prouvé ses limites ». « Quand tout le monde a peur de la guerre », poursuit l’ancien ministre, « les gens réfléchissent et se positionnent. Le non-alignement, je pense que ça peut convaincre ».

    L'international, axe clé de la présidentielle 2027 ?

    Jean-Luc Mélenchon estime qu'il a des points à prendre face à des adversaires qu'il juge « pas au niveau » sur la diplomatie, la géopolitique. Il pointe les hésitations du Rassemblement national concernant Donald Trump, les postures d’un Gabriel Attal affirmant que seule la force prime. Quant au reste de la gauche, « ça ne les intéresse pas », juge l’Insoumis, sauf bien sûr celui qu'il voit comme un potentiel rival lors de la présidentielle, Raphaël Glucksmann. L'eurodéputé social-démocrate a vertement critiqué jeudi les prises de position de Jean-Luc Mélenchon sur la Russie, rebaptisant son mouvement politique « La France Soumise » à Vladimir Poutine.

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  • Le futur budget Lecornu fragilise Les Républicains et leur ligne pro-business
    Jan 24 2026

    Ca commence à devenir une habitude dans le parti. Chaque moment décisif est l'occasion d'afficher division et de troubler l'électorat. Nouvel exemple cette semaine avec le dénouement du budget Lecornu.

    En cette fin de semaine, au sein du parti Les Républicains, on veut voir un signe positif dans l'actualité parlementaire. Mercredi soir, à la surprise générale, le Sénat a fait capoter la proposition de loi sur la fin de vie. Grâce notamment au vote décisif de plusieurs élus LR, l'article clé créant une « assistance médicale à mourir » a été rejeté (144 voix contre, 123 pour). Au parti, et particulièrement dans l'entourage de Bruno Retailleau, on vit ce revers comme un soulagement majeur. « Cela rend caduques les attaques du début de semaine, quand on nous accusait de n’être ni libéraux ni conservateurs », glisse-t-on en interne. Le versant conservateur de la ligne LR semble ainsi préservé, en revanche, pour le volet libéral et pro-économique, l’équation est beaucoup plus compliquée.

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    LR ne repondra pas au 49.3 par la censure

    Le budget Lecornu est qualifié en interne de « mauvais », voire de « très mauvais » – à commencer par Bruno Retailleau lui-même, passablement agacé par les nombreuses concessions accordées aux socialistes.Parmi les points noirs : les hausses d’impôts sur les grandes entreprises inscrites dans le projet de loi de finances, cumulées à la suspension de la réforme des retraites dans le budget de la Sécurité sociale. « Les socialistes ont marqué un point, c’est clair », reconnaît-on à LR, où l’on peine à assumer cette entorse à la ligne historique du parti, traditionnellement favorable aux milieux économiques. Mais en réalité, personne ne veut endosser la responsabilité du chaos qu’aurait provoqué une censure. « Personne ne veut assumer le chaos », souffle un proche de Bruno Retailleau, pour qui le vrai rendez-vous reste la présidentielle de 2027.D’autant que la direction du parti n’a de toute façon pas la main sur les députés LR, dirigés par Laurent Wauquiez. Nouvelle illustration cette semaine : le patron des députés n’a critiqué le budget qu’à moitié, y voyant même certaines « victoires », notamment sur le dossier des retraités.

    LR prié de censurer

    Des réseaux proches du RN et de l’UDR (dirigée par l’ancien patron LR Éric Ciotti) ont lancé pétitions et raids en ligne pour pousser les députés de droite à faire tomber le gouvernement – et surtout pour affaiblir LR. Pire encore pour le parti : l’un de ses membres les plus libéraux, David Lisnard (maire de Cannes et prétendant déclaré à l’investiture pour 2027), est allé plaider publiquement pour la censure. Il a même appelé Bruno Retailleau à se montrer un « vrai chef ». « Tout ça n’est pas bon pour nous », concède un cadre LR très au fait de la cuisine interne. Au sein de la formation de droite, on se raccroche toutefois à un contexte où un événement en chasse un autre. Le prochain rendez-vous est déjà là : les élections municipales de mars, où Les Républicains jouent gros. Elles permettront de jauger concrètement les conséquences de ces séquences politiques pas toujours faciles à gérer.

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  • Mercosur: le Parlement européen, dernier espoir pour les opposants au traité ?
    Jan 17 2026

    Malgré la colère des agriculteurs et l’opposition de la France, le controversé accord commercial entre l’Union européenne et Mercosur doit être signé ce samedi au Paraguay, en présence de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Pour autant, « la messe n’est pas dite » estime le gouvernement français. Et les regards se tournent vers le Parlement.

    Les opposants au Mercosur n’ont pas dit leur dernier mot. Certes, le traité de libre-échange doit être signé ce samedi 17 janvier au Paraguay. Mais il peut encore être bloqué par les députés au niveau du Parlement européen.

    Deux évènements sont à surveiller. La semaine prochaine, d’abord. Le jeudi, les 720 députés européens vont dire s’ils veulent ou non saisir la Cour de justice de l’Union européenne sur le Mercosur, pour qu'elle examine la compatibilité de l'accord avec les traités européens. Si une majorité d’élus dit oui, l’accord devrait être suspendu pendant quelques semaines, voire quelques mois.

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    Autre étape : en avril, mai ou juin, la date n’est pas encore connue, les députés européens seront appelés à voter, cette fois, pour ratifier le traité. En cas de rejet, ce serait terminé pour l’accord avec le Mercosur.

    Une majorité en faveur du Mercosur loin d’être assurée ?

    Un scénario incertain, c’est vrai. Mais la classe politique française, et notamment le gouvernement français, pense qu’il y a matière à espérer. Le Premier ministre a appelé cette semaine les responsables politiques « à prendre leur bâton de pèlerin pour convaincre l’ensemble des sensibilités politiques au Parlement européen ». « Ce vote peut se jouer à 15 ou 20 voix », affirme même Sébastien Lecornu.

    Et du côté des députés européens français, on se montre aussi combatif. Une élue proche du camp d’Emmanuel Macron tient à peu près le même discours que le Premier ministre. « Les jeux ne sont pas faits, explique-t-elle, car il y a des divisions très fortes. » « La majorité en faveur du Mercosur est loin d’être assurée », abonde un autre député de Strasbourg, étiqueté écologiste. Lui compte sur des élus italiens ou espagnols, par exemple, pour voter contre le Mercosur, en contradiction avec leur gouvernement respectif.

    Enfin, il y a cette eurodéputée française d’extrême droite qui, elle aussi, croit au rejet du traité. Elle espère que certains de ses collègues vont réaliser « la pression que cet accord met sur le monde agricole ».

    Un monde agricole qui, en retour, joue aussi la carte de la pression. Le syndicat agricole FNSEA appelle à manifester mardi prochain à Strasbourg, où se trouve le siège du Parlement européen.

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  • Présidentielle 2027: les candidats à la recherche d'une stature internationale
    Jan 10 2026

    De la guerre en Ukraine à l'opération militaire américaine au Venezuela, en passant par les droits de douane, les crises du monde impactent de plus en plus la France et alimentent le débat politique. À tel point qu'en 2027, l'un des enjeux pour les candidats à la présidentielle sera de convaincre les Français qu'ils sont crédibles pour préserver leurs intérêts dans un monde brutal et dangereux.

    On avait l'habitude de dire que les questions internationales avaient peu d'influence sur le vote des Français à la présidentielle mais ça, c'était avant. En 2022 déjà, l'invasion russe en Ukraine avait cannibalisé la campagne et permis à Emmanuel Macron d'être réélu en se positionnant au-dessus de la mêlée, en chef de guerre. En 2027, Emmanuel Macron ne peut pas se représenter mais ceux qui ambitionnent de lui succéder à l'Élysée vont devoir prouver qu'ils ont la carrure pour jouer dans la cour des grands, entre Donald Trump et Vladimir Poutine, deux ogres aux visées impérialistes qui ne fonctionnent qu'au rapport de force.

    Les candidats se préparent

    On l'a encore vu récemment dans l'affaire vénézuélienne, tous ceux qui rêvent de l'Élysée ont très vite pris position. À commencer par Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen qui ont condamné l'intervention militaire américaine, chacun à sa manière bien sûr. Le leader insoumis s'est insurgé contre « l'agression de Trump contre le Venezuela » préemptant le leadership de l'anti-trumpisme. La cheffe des députés RN a, elle, pris ses distances avec le président américain en déclarant que « la souveraineté des États n'est jamais négociable », consciente de l'effet désormais contreproductif de son ancienne proximité avec Donald Trump. François Hollande et Dominique de Villepin, qui ont eux exercé le pouvoir, en ont aussi profité pour se rappeler au souvenir des Français, du haut de leur expérience des affaires internationales.

    Les « carnivores » et les « herbivores »

    Dans le camp présidentiel, Gabriel Attal et Édouard Philippe ont choisi le créneau de la realpolitik. Ils ont mis en avant la nécessité de redevenir puissant pour peser, plutôt que la condamnation des méthodes de Donald Trump. C'est Gabriel Attal qui a dégainé le plus vite en affichant son pragmatisme sur la réalité du monde « régi par la force » face à ceux qui se contentent de s'indigner. Avec un temps de retard, Édouard Philippe s'est aussi étonné « des cris d'orfraie sur le droit international » et inquiété de voir l'Europe en être réduite aux « commentaires ». Tous les deux se sont réjouis du départ du président Maduro, qualifié de dictateur. Des positions au final assez proches et dans la ligne d'Emmanuel Macron pour lequel, dans le monde il y a les « carnivores » et les « herbivores ». Attal comme Philippe espèrent être celui qui peut manger les autres.

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  • Jean-Luc Mélenchon déjà en campagne présidentielle
    Jan 3 2026

    Après avoir longtemps fait l'impasse sur les élections municipales, La France insoumise (LFI) a décidé de miser davantage sur le scrutin, organisé les 15 et 22 mars prochains. Objectif, faire élire le maximum de conseillers municipaux voire prendre des villes à ses rivaux de gauche. Mais le mouvement reste organisé autour de son scrutin de prédilection, l'élection présidentielle. Sans se déclarer officiellement pour l'instant, Jean-Luc Mélenchon a déjà posé les bases de sa quatrième candidature.

    Une tournée internationale aux États-Unis, au Canada, en Italie et en Espagne pour présenter son nouveau livre, puis un meeting par mois à l'automne dans des villes moyennes « pour aller à la rencontre de zones moins connues », explique une conseillère, Jean-Luc Mélenchon n'a pas chômé durant son année 2025. Une montée en puissance en douceur pour le leader insoumis, qui fêtera cette année ses 75 ans. Jean-Luc Mélenchon s'est approprié depuis 2022 l'image de la tortue, qui avance à son rythme mais décidée vers l'objectif rêvé, entrer à l'Élysée dans 15 mois.

    Le retour de la « tortue sagace »

    C'est sa stratégie habituelle à l'approche du scrutin suprême : jouer l'apaisement après trois années de bruit et de fureur, bref, une mue de la tortue qui agace vers la tortue sagace. Illustration avec son audition devant la commission d'enquête sur l'entrisme islamiste dans les partis politiques le 6 décembre dernier. L'insoumis a habilement évité les emportements face à des députés bien décidés à le faire sortir de ses gonds. Et il a profité de cette tribune pour donner une leçon sur la laïcité, sujet sur lequel son mouvement fait l'objet d'attaques répétées depuis des années.

    Un leadership renforcé

    S'il s'est approprié l'expression « Le Vieux » dont l'affuble affectueusement les jeunes troupes de la FI, Jean-Luc Mélenchon veille jalousement à ne pas apparaître obsolète. Il continue d'entretenir son image de politique connecté à grands renforts d'interviews sur les plateformes en ligne, ou en consacrant l'une de ses dernières conférences à la conquête de l'espace. Il a également veillé à ne pas laisser émerger de concurrence en interne, purgeant certains ambitieux comme le député François Ruffin en 2024 et s'entourant de fidèles.

    Des fidèles en bouclier

    Jean-Luc Mélenchon s'expose moins, notamment médiatiquement, depuis quelques mois, laissant à ses lieutenants la charge de gérer les polémiques que les Insoumis déclenchent en rafales pour faire émerger dans les débats leurs sujets de prédilection. Telle une légion romaine, en formation tortue bien sûr, les troupes de LFI veillent à épargner leur chef avant la véritable entrée en campagne. Jusqu'à parfois friser l'hypocrisie, à l'image de ce très proche qui affirme que « Jean-Luc Mélenchon a toujours la velléité d'être remplacé et qu'il n'est pas encore notre candidat ». Tout en martelant qu'il est à la fois « excellent et le mieux placé » et qu'évidemment il le soutient « à titre personnel ».

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  • Trois séquences politiques qui ont marqué 2025
    Dec 27 2025

    Pour cette dernière chronique de l’année, RFI revient sur trois moments politiques marquants de 2025 : l'adoption en première lecture du texte sur la fin de vie, la condamnation avec exécution provisoire de Marine Le Pen, et le pari raté de François Bayrou.

    La loi sur la fin de vie : un moment rare de sérénité parlementaire

    En mai dernier, le texte de la loi sur la fin de vie est adopté en première lecture par l'Assemblée. Une séquence frappante, d’abord par son calme, comme l’ont reconnu tous les bancs de l’hémicycle.

    Rien à voir avec le climat d’invectives auquel on s’est habitué depuis plusieurs années, et plus encore depuis la dissolution. Ce débat a aussi montré à quel point la fin de vie est un sujet intime, mêlant convictions profondes et histoires personnelles. On était loin du schéma classique : un parti, une ligne, un vote.

    Au Rassemblement national (RN), par exemple - où l’on est pourtant habitué à voter en rangs serrés - les positions étaient éclatées : certains députés étaient farouchement opposés à l’aide active à mourir, d’autres favorables, allant jusqu’à défendre « un droit à éteindre la lumière ».

    Après 68 heures de débats, l’artisan du texte, Olivier Falorni, résumait ainsi : « Nous avons réussi à montrer le meilleur de l’Assemblée nationale. »

    La condamnation de Marine Le Pen et le choc de l’inéligibilité

    Deuxième événement politique marquant : la condamnation de Marine Le Pen à l’inéligibilité, avec exécution provisoire.

    Nous sommes le 31 mars 2025. Marine Le Pen prend soudain conscience qu’elle pourrait ne pas être en mesure de se présenter à l’élection présidentielle de 2027.

    Un coup de tonnerre pour celle qui rêve de l’Élysée depuis une quinzaine d’années, et dont la première candidature remonte à 2012. Ce qui frappe alors, c’est que le Rassemblement national met en place rapidement un discours très offensif contre la justice, accusée d’être manipulée par des « juges rouges ».

    Cette condamnation relance aussi un débat juridique majeur : l’exécution provisoire, qui permet l’application immédiate d’une peine, même en cas d’appel. C’est cette même disposition qui a valu, sept mois plus tard, à l’ancien président Nicolas Sarkozy un séjour derrière les barreaux.

    Le pari perdu de François Bayrou à l’été 2025

    Troisième fait politique marquant : le coup de poker raté de François Bayrou, à l’été. Que s’est-il passé dans la tête de François Bayrou le lundi 25 août 2025 ? La question agite alors tous les observateurs.

    Ce jour-là, celui qui est encore Premier ministre convoque un vote de confiance, plaçant son avenir politique entre les mains d’une Assemblée nationale largement hostile.

    Son projet de budget, dévoilé un mois plus tôt, avait déjà essuyé de vives critiques - notamment une mesure très mal passée - : la suppression de deux jours fériés. L’ancien Premier ministre a-t-il volontairement provoqué sa chute, ne voyant pas comment passer l'automne ? Lui parlera d’une « épreuve de vérité » face à l’ampleur du déficit. Le verdict, en tout cas, est sans appel. François Bayrou est contraint de quitter Matignon le 8 septembre 2025.

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  • Union des droites en France: ce serpent de mer qui agite Les Républicains
    Dec 20 2025

    Alors que l'ancien président Nicolas Sarkozy a entaillé durablement le cordon sanitaire cher à l'ancien président Jacques Chirac en expliquant dans son livre qu'il ne soutiendrait pas un front républicain contre le RN, ses propos ont relancé le débat sur l'union des droites. Dix-huit mois après le départ fracassant d'Éric Ciotti des Républicains, le parti reste profondément divisé sur le sujet.

    Les barrières tombent et alors que le parti d'extrême droite Rassemblement national caracole en tête du premier tour de l'élection présidentielle dans tous les sondages, certains ténors de la droite se demandent comment ne pas être engloutis par le RN. Chacun apporte sa réponse, quitte à rompre avec le cordon sanitaire jusque-là largement érigé en rempart.

    Ces derniers jours, la petite phrase de Nicolas Sarkozy dans son livre Journal d'un prisonnier a jeté un pavé dans la mare. Alors qu'il avait appelé à voter Emmanuel Macron face à Marine Le Pen en 2017 et en 2022, il estime que « la reconstruction de la droite ne pourra passer que par l'esprit de rassemblement le plus large possible, sans exclusive et sans anathème ». Un revirement notable, qui intervient après plusieurs déclarations dans le même sens de la part de hauts responsables LR.

    À commencer par le patron du parti Bruno Retailleau, qui a appelé à faire voter RN dans une législative partielle contre un candidat de gauche et qui appelle à une union des droites dans les urnes.

    Une ligne pas totalement suivie à droite

    Pour le président de la région des Hauts-de-France Xavier Bertrand, cette alliance, si elle avait lieu, se ferait forcément au détriment des Républicains qui pourraient ainsi disparaître, dilués dans le RN. Pour la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse, « s'allier au RN, c’est s'effacer, c'est devenir sa caution de respectabilité ». Une position que partage une ministre Renaissance. Pour elle, « si un accord droite et extrême droite se faisait, on pourrait plutôt parler d'une OPA hostile plus que d'une alliance ».

    En ligne de mire, les élections municipales, un test avant la présidentielle de 2027

    Les prises de parole et les stratégies des candidats commencent à se multiplier. C'est le cas par exemple du président du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale, Laurent Wauquiez, qui appelle à tout voter sauf LFI en cas de second tour sans candidat LR.

    Quant aux maires issus de la droite républicaine, ils sont de plus en plus confrontés à des concurrences de la part du Rassemblement national. C'est le cas par exemple de la candidate LR Martine Vassal à Marseille qui a laissé sous-entendre qu'elle pourrait s'allier avec le candidat RN Franck Allisio. Dans ce cadre, la tentation de faire alliance donnerait raison, avec quelques mois de retard, au pari d’Éric Ciotti à l’occasion des dernières élections législatives.

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  • Édouard Philippe: la rupture à tout prix
    Dec 13 2025

    Édouard Philippe a encore fait entendre une voix dissonante dans le bloc central à l'occasion du vote du budget de la Sécurité sociale. L'ancien Premier ministre avait déjà attaqué le président français Emmanuel Macron, il refuse désormais de soutenir Sébastien Lecornu sur le budget : Édouard Philippe joue une carte risquée.

    La carte jouée est risquée, mais s'inscrit dans sa stratégie de rupture avec Emmanuel Macron. Cette position a pris une autre dimension en octobre dernier quand il a évoqué la démission du chef de l'État comme une solution à la crise politique actuelle. Une déclaration choc, inattendue et largement critiquée. Pour un sénateur centriste, appeler à la démission du président, c'était mettre en cause les institutions et aller vers « un système révocatoire », rien de moins.

    Les sondages aussi ont sanctionné Édouard Philippe, sa cote de popularité a chuté à partir de cette déclaration. Personne n'a compris qu'il tienne un discours très proche des extrêmes, RN et LFI qui ne cessent de réclamer le départ du président. Même chez les socialistes, un élu capé a jugé sa sortie « maladroite et inopérante, car c'est un ancien Premier ministre et un candidat à la présidentielle ».

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    « Son objectif, c'est d'accélérer le calendrier »

    Alors pourquoi récidiver sur le budget ? Un député Renaissance a une explication. Édouard Philippe est selon lui dans « une position maximaliste » et va « au bout de la logique qui est d'arriver à une situation pourrie ». Une ancienne juppéiste, pragmatique, analyse la stratégie d'Édouard Philippe : « Son objectif est d'accélérer le calendrier. Un budget de la Sécurité sociale pas voté, c'est un risque de dissolution. » Une manière de dire qu'il faut prendre ses critiques sur un budget qui creuse les déficits, comme un produit d'appel électoral pour d'éventuelles législatives ou surtout la présidentielle. Lors de celles-ci, le maire du Havre pense qu'il pourra défendre une ligne politique claire et cohérente avec ses convictions.

    Sauf que selon la même source, les Français risquent de ne retenir que son appel à la démission du président, un sparadrap qui va lui coller aux basques.

    Édouard Philippe a-t-il tout faux ?

    Un ancien ministre macroniste constate que parmi les candidats potentiels du bloc central pour 2027, Édouard Philippe est « en avance en termes de "présidentialité" » et qu'il est vu comme « plus autonome de Macron » qu'un Gabriel Attal. Ce qui semblerait valider sa stratégie.

    Mais, un député Renaissance croit au contraire qu'Édouard Philippe doit prendre garde à ne pas multiplier « les sorties mal calibrées » : « Il est dans la même barque que nous. Ceux qui gagnent dans le désordre, c'est Jordan Bardella et Marine Le Pen », dit-il.

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