Épisodes

  • À Montreuil, le premier village du réemploi solidaire en France rend attractif la seconde main
    Feb 4 2026

    Avec la hausse des prix due à l’inflation, de plus en plus de Français s'orientent vers la mode éphémère, ou fast fashion. À contre-courant, une rue entière de Montreuil, en banlieue parisienne, a décidé de faire de la seconde main une norme, et non plus une alternative. Un collectif de plusieurs associations y a installé différents magasins, de quoi apporter une variété dans l'offre d'articles de seconde main vendus à tarif réduit. La Venelle, c'est le nom de ce village, veut rendre accessible quasiment tout l'univers du réemploi solidaire.

    Pour en savoir plus sur La Venelle, c'est ici.

    À lire aussiEn France, les associations de seconde-main croulent sous les vêtements usagés

    À écouter dans 8 milliards de voisinsL'envers des fripes : pourquoi la seconde main ne fait pas baisser la production de vêtements ?

    Voir plus Voir moins
    3 min
  • La Bretagne, nouvel Eldorado des chercheurs d'or?
    Feb 3 2026

    La Bretagne est-elle à l'aube d'une ruée vers l'or ? En décembre dernier, l'État a accordé trois permis d'exploration minière dans cette région de l'ouest de la France. Dans les prochains mois, la société Breizh Ressources, filiale du groupe canadien Aurania Resources, va explorer le sous-sol d'une quarantaine de communes à la recherche de métaux, comme l'argent, l'étain, le lithium, l'or, etc. Présentée comme un moyen de réduire la dépendance de la France aux importations de terres rares, des élus locaux, des habitants et des associations sont vent debout face aux risques environnementaux de l'exploitation minière. Notre envoyé spécial s'est rendu dans le Morbihan, près de Vannes.

    À lire aussiPourquoi les «terres rares» ne sont ni en terre, ni rares?

    Voir plus Voir moins
    3 min
  • Vandalisme, menaces: les librairies, nouvelles cibles de la bataille culturelle en France
    Feb 2 2026
    Des vitrines brisées, taguées, des événements interrompus, des salariés injuriés... Ces derniers mois, des dizaines de librairies ont été visées par des actes de vandalisme, des menaces et des intimidations à Paris, Lille, Rennes, Lyon ou Marseille. En toile de fond : le conflit israélo-palestinien, mais également un climat de « guerre culturelle » qui durcit le débat public en France. Devant la façade rose vif de la librairie féministe Violette and Co, dans le XIe arrondissement de Paris, Lu, co-gérante du lieu, observe la vitrine balafrée par des graffitis durant l'été 2025, aujourd'hui recouverte de dessins et d'une poésie. « Cette vitrine-là était dédiée à la Palestine et à l'extrême droite. On a eu deux immenses tags de peinture mélangée à de l'acide sur toute la largeur des vitrines, avec les mots ''Islamo complice'' et ''Hamas violeur''. L'acide creuse le verre, l'inscription restait visible. On a dû changer les deux vitres pour plus de 10 000 euros », raconte-t-elle. Derrière l'apparente convivialité de ce café-librairie, où l'on trouve des ouvrages rares de littérature LGBTQ+, des classiques de l'afro-féminisme ou des essais sur l'antifascisme et les batailles culturelles, l'inquiétude est bien réelle parmi les salariés et salariées. « On a porté plainte début septembre pour les tags, mais aussi pour une campagne de cyberharcèlement : appels téléphoniques menaçants ou insultants, propos misogynes, lesbophobes, homophobes... Des personnes entraient dans la librairie pour crier sur les libraires. Il y a eu des menaces de mort, des menaces de venir brûler la librairie », détaille Lu. Une perquisition inédite Début janvier, la situation a pris une tournure inédite. Violette and Co apprend que sa plainte a été égarée… au moment même où la librairie fait l'objet d'une perquisition policière. « Quand la police est venue, ils ont pris tous les cartons un par un. Ils les ont tous ouverts, ils ont sorti tous les livres », raconte la co-gérante, se remémorant le choc des salariés confrontés à cinq policiers et un procureur. La perquisition visait à saisir un album de coloriage édité en Afrique du Sud, From the River to the Sea, qui raconte la vie quotidienne et l'histoire du peuple palestinien. Un ouvrage qui ne faisait l'objet d'aucune interdiction officielle au moment de sa mise en vente, en juillet 2025, au moment – justement – de la mise en vitrine d'ouvrages liés au conflit israélo-palestinien. L'album n'est plus en stock depuis longtemps, mais il s'était retrouvé au cœur d'une croisade menée par des élus de la droite parisienne sur les réseaux sociaux qui qualifiaient l'ouvrage d'« antisémite ». En novembre 2025, la Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à la jeunesse (CSCPJ) a émis un avis défavorable à l'importation de cet ouvrage. Ni l'éditeur, ni les libraires n'en ont jamais été informés. « On m'aurait dit qu'une librairie serait perquisitionnée pour un livre de coloriage, je n'y aurais pas cru. J'aurais dit : "Peut-être dans l'Amérique de Trump", mais pas en France », confie Lu. Pour la libraire, l'affaire s'inscrit dans un contexte plus global de criminalisation des soutiens à la Palestine, mais aussi d'attaques répétées contre des lieux féministes et LGBTQIA+. « On est à l'intersection de plusieurs choses : la Palestine, les luttes LGBT, le féminisme. Et, ce qui dérange, c'est aussi la convergence des luttes. Les librairies sont des lieux de diffusion des idées, et aujourd'hui, la droite et l'extrême droite mènent une véritable bataille culturelle sur ce terrain », analyse-t-elle. Plusieurs librairies vandalisées À une quinzaine de minutes à vélo, dans le IIe arrondissement de Paris, se trouve la librairie La Petite Égypte. Pour le gérant, Alexis Argyroglo, ses homologues de la librairie Violette and Co subissent « un acharnement politique » dont la perquisition « choquante » est le dernier épisode. « ​​​​​​​C'est le symptôme d'une police politique, manifestement diligentée par des alertes venant du bloc de droite », insiste-t-il. Sa librairie généraliste a également été prise pour cible par un groupuscule d'extrême droite. Le 15 novembre 2025, sa vitrine a été recouverte de tags sexistes et diffamatoires (« ​​​​​​​Albanese, la putain du Hamas ») à l'encontre de Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l'ONU sur les droits humains dans les territoires palestiniens occupés, invitée ce soir-là pour une rencontre autour de son dernier livre Quand le monde dort. Récits, voix et blessures de la Palestine. Les tags étaient signés d'une étoile de David cerclée d'un cœur. Une plainte a été déposée, restée sans suite à ce stade. Dans ce quartier du Sentier, très lié à l'histoire de l'immigration des communautés juives en France, Alexis Argyroglo ...
    Voir plus Voir moins
    3 min
  • France: à Lyon, un hôpital propose des téléconsultations pour aider les consommateurs de protoxyde d'azote
    Feb 1 2026

    Le protoxyde d'azote est un gaz utilisé pour la cuisine. Depuis quelques années, son usage est détourné par certains ; son inhalation provoque un effet euphorisant, accompagné d'une altération de la conscience. La prise excessive de protoxyde d'azote atteint les nerfs et le cerveau. Depuis deux ans, un hôpital de Lyon, dans l'est de la France, propose, chaque semaine, des créneaux de téléconsultation pour les usagers qui s'inquiéteraient pour leur santé sans oser pousser la porte d'un cabinet médical. C'est le professeur Christophe Riou qui en est à l'initiative.

    À lire aussiDrogue: une proposition de loi pour mieux encadrer la vente du protoxyde d'azote en France

    Voir plus Voir moins
    3 min
  • Municipales en France: à Vitry-sur-Seine, l'enjeu de l'abstention
    Jan 29 2026

    À six semaines des élections municipales en France, nous vous proposons d'écouter tous les vendredis nos reportages sur les enjeux de ce scrutin. La participation en est un majeur. Dans les quartiers populaires de certaines villes françaises, l'abstention atteint des records. C'est le cas à Vitry-sur-Seine, une commune de 90 000 habitants dans la banlieue au sud de Paris. Aux dernières élections, le maire sortant a été élu avec 4 900 voix sur 45 000 électeurs inscrits. Un chiffre inquiétant pour le collectif Parlons & Votons, qui veut sensibiliser la population et surtout les jeunes à aller s'inscrire sur les listes électorales.

    Il y a des jeunes comme des moins jeunes qui ne votent pas. « Je n'ai jamais été voté. Même mes enfants disaient que ça ne changeait pas grand-chose. On ne voit pas trop de changement, je pense. C'est peut-être pour ça qu'on ne vote pas », soulève cette dame.

    À Vitry-sur-Seine, l'abstention a été le grand gagnant en 2020, lors des dernières élections municipales, avec ce chiffre de 77%. « Nous, on va voir les abstentionnistes. Ceux qui ne veulent même plus participer aux élections », explique Lufian Ndongala. Cet acteur de l'éducation populaire a dirigé des centres sociaux et des dispositifs d'insertion. En 2022, il crée le collectif Parlons & votons.

    À lire aussiMunicipales en France: une vague écologiste, une abstention record et un revers pour LREM

    « Au lieu de toujours se plaindre que les gens ne votent pas, qu'est-ce que nous, on met en place en tant qu'acteurs de terrain ? Prendre part, aller sur le terrain, faire entendre les gens, les écouter, leur faire comprendre que c'est très important de voter parce que ça participe à l'évolution de leur ville... S'ils veulent un changement, ils ont ce pouvoir-là, d'aller voter. »

    « J'ai pris la décision de ne plus voter et de laisser faire les choses »

    Armés de prospectus estampillés Parlons & Votons, le collectif, qui regroupe une quarantaine de personnes, va à la rencontre des jeunes éloignés des bureaux de vote. Ce jour-là, à la sortie du lycée, certains découvrent qu'ils ont l'âge d'aller voter. « On veut motiver la jeunesse à prendre leur carte et aller voter le 15 et le 22 mars », insiste Lufian Ndongala.

    Un dialogue s'installe avec quelques jeunes. Cissé a 22 ans. Devant ses amis, il se met en scène, fier de donner son avis : « Je ne vote pas parce que personnellement, déjà, je ne me reconnais dans aucun parti politique, que ce soit la gauche ou la droite. Moi, je trouve que dans les deux partis politiques, il y a beaucoup d'hypocrisie. La gauche, en faisant croire qu'elle est le parti soi-disant représentatif des immigrés et des musulmans. La droite, je ne me reconnais pas et je trouve qu'elle est problématique pour les musulmans. Donc, j'ai pris la décision de ne plus voter et de laisser faire les choses comme ils veulent. »

    Vitry, une ville qui ne croit plus en la politique

    Au pied d'une tour, ce retraité ne reconnaît plus sa ville. Un taux de chômage élevé, des commerces de proximité qui ferment... Vitry a bien changé et il comprend pourquoi les gens ne croient plus aux politiques :

    « Les gens sont un peu saturés de politique parce qu'on sent qu'il y a un avenir qui est quand même très incertain. Alors, les gens ont l'impression de voter pour rien parce que c'est déjà arrivé. Il y a plein de détails, on sent que la citoyenneté n'est pas là. Je viens de passer dans le square à côté, et il y avait des cartouches de gaz hilarant. Ce n'est pas un signe d'une excellente santé mentale, ça ? »

    Pas de quoi décourager le collectif Parlons & Votons, qui donne la parole aux habitants avec ce message : « Il est encore temps pour les citoyens de s'inscrire sur les listes électorales. »

    À lire aussiMunicipales 2026 à Marseille: duel annoncé entre le maire PS sortant Benoît Payan et le candidat RN Franck Allisio

    Voir plus Voir moins
    3 min
  • Grâce au retour d'internet, les Iraniens reprennent contact avec leurs proches à l'étranger
    Jan 28 2026

    L'Iran sort peu à peu de l'obscurité. Après plusieurs jours d’interruption, la connexion internet est désormais rétablie à 80 %, non seulement sur les téléphones portables, mais aussi sur les réseaux WIFI. Cela permet aux Iraniens de joindre à nouveau l’extérieur du pays et à leurs familles de prendre de leurs nouvelles depuis l'étranger. En France, un couple d’Iraniens et leur fille, installés en région parisienne, ont repris contact avec leurs proches il y a quelques heures. Une respiration autant qu'une prise de conscience de l'horreur de la répression.

    À lire aussiManifestations en Iran: internet en grande partie rétabli après près d'un mois de coupure

    Voir plus Voir moins
    3 min
  • Parc des Princes: le quartier se transforme un soir de match
    Jan 27 2026

    C'est un des matchs incontournables de l'année pour le Paris Saint-Germain : le club de foot parisien reçoit les Anglais de Newcastle, ce mercredi soir 28 janvier, pour le compte de la dernière journée des phases de championnat de la Ligue des champions. Comme à chaque fois, le Parc des Princes sera rempli. De quoi métamorphoser le quartier de la porte de Saint-Cloud pendant quelques heures. Comment un quartier se transforme un soir de match ? Cette mutation a pu être observée lors du premier derby de l'histoire de la capitale entre le Paris Saint-Germain (PSG) et le Paris Football Club (PFC) au début du mois, le 4 janvier dernier.

    Pour ces deux jeunes supporters emmaillotés PSG, l'ambiance des soirs de match commence à vibrer sous terre.

    « L'ambiance. Elle commence dès la ligne 9, quand on est dans le métro et qu'on s'apprête à rejoindre porte de Saint-Cloud. On sent déjà l'atmosphère », lâche ce fan de football. « Beaucoup de gens qui sortent du métro en masse, avec des écharpes, avec des tenues adaptées justement au Paris Saint-Germain, parce qu'on est justement à côté du Parc des Princes », complète un autre supporter.

    Tristan plonge les doigts dans une barquette de frites, il explique que ce quartier plutôt calme de la porte de Saint-Cloud s'anime avec le Parc des Princes. « Il y a beaucoup d'effervescence. Il y a quasiment 50 000 personnes qui viennent à chaque match. Donc, le quartier bouge. Les restos sont pleins. Dès 18 h-18 h 30, ça commence à s'animer fortement. Et puis à l'approche de l'heure du match, on voit de plus en plus de maillots, d'écharpes, etc. Donc, il y a une communauté qui est fortement présente là-dessus

    Toute une économie autour du Parc des Princes

    Des CRS se tiennent en rangs serrés, plus ou moins nombreux selon les matchs. Ils font partie du décor, mais c'est bouche cousue. Dans cette brasserie célèbre du Parc des Princes, la bière fait mousser les verres en plastique. Torchon à la taille, le patron, ce soir-là, fait recette. « Ça vient un peu compenser les manques à gagner le lundi et le mardi. Le restaurant se remplit en terrasse, à l'intérieur, même quand il fait froid. »

    La fumée des brochettes merguez et des oignons rissolés monte vers l'église du quartier. Ces deux footeux préfèrent acheter un casse croute dodu au stand d'un vendeur à la sauvette. « C'est un rituel. Ca fait partie du match de foot, lâche l'un des deux. Nous, notre match commence maintenant », renchérit le second.

    On avance vers le stade. Marceau embrasse la joue de son papa qui vient de lui offrir une écharpe aux couleurs bleu et rouge du PSG. « On a acheté une belle écharpe. On est tous ensemble, unis pour la même cause. C'est ça qui est sympa », explique le papa. « Ça donne des frissons », souligne le fils.

    Cette écharpe, Jean-Louis l'a achetée pour son fils à la boutique non officielle des supporters du PSG.

    Les soirs de match, la recette s'élève autour de 2 000-2 500 €

    « Oui, il y a beaucoup de monde. Donc il y a 45 000 personnes qui viennent supporter une équipe. On aime beaucoup porter les couleurs. Donc on vient en maillot. Il y a une casquette, il y a une écharpe. Donc nous, quand on est ouvert les soirs de match, je ne vais pas vous le cacher qu'effectivement on explose les scores. », explique Nicolas, derrière le comptoir.

    Lui, il vend jusqu'à 300 sandwiches ces soirs là qui font du gras dans le tiroir-caisse. Léon est boulanger, c'est le seul qui accepte de parler de son chiffre d'affaires. « Ça fait partie intégrante de mon chiffre d'affaires annuel. Là, maintenant, on va dire qu'on est plus autour des 2 000-2 500 €. »

    En sortant de la boulangerie, on voit la foule qui se dirige vers le Parc des Princes. En sens inverse, une supportrice cherche désespérément à acheter un billet.

    À lire aussiLigue des champions: le PSG doit défendre son top 8 contre Newcastle

    Voir plus Voir moins
    3 min
  • Le combat des «enfants de la Creuse» pour une reconnaissance et des réparations de l'État
    Jan 26 2026

    Avec l'examen des motions de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, il est probable que le sujet soit remis à plus tard. C'est en tout cas toujours à l'agenda des députés ce mardi 27 janvier : l'examen d'une proposition de loi sur l'affaire des enfants dits de la Creuse. Une histoire sombre et encore peu connue en France. Elle concerne l’exil forcé de milliers d'enfants réunionnais vers la métropole pour repeupler certains départements comme la Creuse. De 1962 à 1984, on estime que plus de 2 000 enfants ont été envoyés à plus de 10 000 km de leur île. Aujourd’hui, ces ex-mineurs déracinés ont plus de 50 ans et luttent depuis de longues années pour obtenir une reconnaissance et des réparations de l’État par rapport au préjudice qu’ils ont subi. Rencontre avec l'un d'entre eux.

    « Cette photo d'identité est la seule photo que je possède de mon enfance. C'est le moment où on m'a mise dans l'avion et qu'il a fallu que j'apprenne à me battre, à vivre. Et je lui parle. Je ne suis pas cinglée. "Tu sais ma petite, on va réussir. La vie va être plus douce." Là, j'avais dix ans. »

    Les yeux de Marie-Josée Virapin brillent et s'illuminent. C'est comme si sa vie s'était arrêtée à ses dix ans.

    « On nous a mis dans l'avion. Un aller sans retour. Et je n'ai aucun souvenir de ce voyage. Une amnésie complète, sauf au moment où il fallait prendre l'escalier mécanique. On avait nos petites chaussures serrées, on n'était pas du tout habitués, donc on avait une peur terrible. On pleurait, on criait comme elle. »

    À lire aussiLes enfants de la Creuse

    « Moi, j'ai vécu avec ce mensonge »

    Comme elle, ce sont des milliers d'enfants qui seront déplacés pour repeupler les zones rurales. Certains sont orphelins, d'autres non, mais ils sont emmenés parfois avec l'accord des familles, des parents souvent démunis et qui imaginent un avenir meilleur pour leurs enfants. La réalité fut tout autre.

    « La directrice m'a dit : "Tu es orpheline de père et de mère. Tu n'as ni frère ni sœur". Moi, j'ai vécu avec ce mensonge car c'en était un. J'arrive à consulter mon dossier et c'est là que j'ai vu que j'avais une famille. J’avais une maman. Et de suite, j'ai commencé à l'âge de 28 ans à effectuer mes recherches. J'ai retrouvé ma mère. C'est très difficile de retrouver sa famille, de créer des liens quand il n'y en a plus eu depuis très longtemps. »

    À lire aussiLes enfants volés de la Réunion

    « J'ai beaucoup de colère contre l'État »

    À 67 ans, Marie-Josée Virapin se considère comme une survivante.

    « J'ai beaucoup de colère contre l'État parce qu'il a fait une faute et qu'il doit la reconnaître et la réparer. Parce que nous, nos vies ont été brisées. »

    La députée de la Réunion, Karine Lebon, porte un texte à l'Assemblée qui vise à réparer financièrement et moralement les préjudices subis par les enfants réunionnais dits de la Creuse. « Moi, ce que je dis tout le temps aux victimes, ce n’est pas possible de chiffrer une existence qui, finalement, est partie en miettes à cause d'une politique extrêmement néfaste de l'État. En revanche, on peut se dire que maintenant que l'État a reconnu sa responsabilité, maintenant qu'on octroie une réparation financière, on peut se dire que maintenant on va de l'avant. C'est ce que demandent les victimes. Mais elles ont conscience que ce qui a été fait ne peut pas être défait, malheureusement. »

    Si l'Assemblée nationale adopte le texte, il sera ensuite examiné par le Sénat.

    À lire aussiDéplacés de force en métropole, les «Enfants de la Creuse» vont être auditionnés

    Voir plus Voir moins
    3 min