Épisodes

  • Khaby Lame, superstar de TikTok, bientôt concurrencé par son jumeau numérique
    Jan 30 2026
    Khaby Lame est le tiktokeur le plus suivi au monde. Toutes plateformes confondues, il cumule près de 360 millions d'abonnés. À 25 ans, le créateur de contenus italo-sénégalais a cédé il y a quelques jours des parts de sa société pour près d'un milliard de dollars. Selon ce contrat, demain, son clone généré par intelligence artificielle pourrait même faire le travail à sa place. Un milliard de dollars pour s'offrir les droits sur l'image de Khaby Lame, c’est le prix à payer pour l'un des visages les plus reconnaissables des réseaux sociaux. L'influenceur est né en 2000 à Dakar. Lorsqu’il a un an, sa famille quitte le Sénégal pour le Piémont italien. Khaby Lame grandit dans un logement social près de Turin. Aujourd'hui c'est la star de TikTok la plus connue, mais avant ça il enchaîne les petits boulots : maçon, plongeur, serveur, mécanicien. Avant de se lancer sur les réseaux, il travaillait dans une usine. « Son histoire sur les réseaux sociaux commence dans un moment de grande fragilité. Il perd son emploi pendant la pandémie et ce détail est essentiel, parce qu'il casse l'idée du talent construit à l'avance. Il ne devient pas un créateur de contenu par stratégie, mais parce qu'il est un homme ordinaire qui comprend instinctivement le langage de son époque », analyse Francesca Caon, journaliste à l'édition italienne du Huffington Post. Dans une interview en 2022, Khaby Lame raconte : il a toujours fait des vidéos avec ses amis, qu’il publiait sur Youtube. Avec le chômage, il commence à en faire sur TikTok pour s'amuser. Le style de Khaby Lame : ne rien dire. Il tourne en dérision des vidéos qui prétendent faciliter le quotidien, et tout tient à sa gestuelle, à sa façon de dire « c'est bien plus simple comme ça » devenue virale. Le crédo fonctionne. Khaby Lame connaît un succès rapide. Ne pas parler, c'est parler à tout le monde peu importe le pays. En deux ans, il devient le tiktokeur le plus suivi de la plateforme. Une success story flamboyante Khaby Lame assure ne pas tenir compte du nombre de vues ou d'abonnés. Pourtant, il explose les records et gagne beaucoup d'argent. Certains de ses posts peuvent lui rapporter des dizaines de milliers d'euros. Son premier achat, une maison pour ses parents. Un accomplissement pour lui, qui vient d'une famille ouvrière. Mais Khaby Lame ne s'est pas arrêté aux réseaux sociaux. « En cinq ans, Khaby Lame est passé du rôle de créateur à quelque chose de plus large », explique Francesca Caon. « Il travaille avec de grandes marques de luxe, devient ambassadeur et participe à des campagnes internationales. Mais surtout, il n'est plus seulement quelqu'un qui fait des vidéos, il est devenu une identité immédiatement reconnaissable ». La preuve : il fait de courtes apparitions, ce qu'on appelle des caméos, dans de grosses productions hollywoodiennes, comme dans le film Bad Boys : Ride or Die. Khaby Lame y apparaît dans une scène avec son idole, Will Smith. Une personnalité qui l'a inspiré, puisque c'est en voyant l'acteur américain jouer dans le Prince de Bel-Air qu'il a eu envie de se lancer dans les vidéos. À côté de ça, il est nommé ambassadeur de bonne volonté pour l'Unicef en faveur des droits de l'enfant. Un rôle qui a du sens pour Khaby Lame. « Ayant moi-même fini par trouver ma vocation après avoir craint la pauvreté durant mon enfance, je sais que tous les enfants peuvent s’épanouir si on leur en donne la possibilité et l’occasion », a-t-il déclaré. Une superstar qui risque de bouleverser le monde des réseaux Début janvier, Khaby Lame a vendu les droits exclusifs de son image à une entreprise basée à Hong Kong et cotée au Nasdaq, Rich Sparkle Holdings. Elle pourra donc utiliser l’image de l’influenceur. « Ce contrat donne essentiellement accès à des données : les expressions du visage, les gestes, le langage corporel, des réactions. Autrement dit, il permet de créer un jumeau numérique basé sur l’identité de Khaby Lame », décrit la journaliste Francesca Caon. Une nouveauté qui permettra de publier des vidéos de ce jumeau numérique à toute heure, dans toutes les langues, et qui pose des questions éthiques. « Ce contrat ne concerne pas seulement Khaby Lame. Il concerne l'avenir de tous les créateurs. Il marque un changement de paradigme profond. Ce qui compte désormais, ce n'est plus seulement ce que l'on crée, mais qui l'on est, l’image », déplore Francesca Caon. « Le risque de plus en plus concret, c'est que le créateur ne devienne qu’un simple fournisseur de données pour des systèmes capables ensuite de le remplacer ». Reste à voir si une intelligence artificielle aura autant de succès que la version humaine de Khaby Lame. À lire aussiTikTok: le célèbre influenceur Khaby Lame cède sa société pour près d'un milliard de dollars
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  • Le Portugais Antonio José Seguro, un revenant candidat à la présidentielle
    Jan 23 2026
    Les Portugais éliront leur président le 8 février prochain, et c’est une première depuis 40 ans, il y aura un second tour. André Ventura du parti d'extrême droite Chega a obtenu 23,5 % des suffrages, mais le premier homme de l'élection, c'est le socialiste Antonio José Seguro. Avec 31,1% des suffrages, il a déjoué les pronostics des sondages. Sept points d’avance sur l’extrême droite, une surprise pour le socialiste. À 63 ans, les cheveux poivre et sel, ses lunettes enfoncées sur le nez, Antonio José Seguro est un revenant. « C'est un peu un outsider », explique Victor Pereira, historien et chercheur à l’université de Lisbonne. « C'est pas le candidat le plus évident, ce n'est pas un candidat historique. Il a eu quelques fonctions gouvernementales, mais dans des périodes extrêmement difficiles au Portugal. Ce sont les années de la troïka, des années où le Portugal est au plus bas économique », ajoute l’historien. À son arc, Antonio José Seguro a d'autres cordes, comme la présidence des jeunesses socialistes. Il est aussi très proche de l'actuel secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. Le socialiste était son secrétaire d'État adjoint lorsque Antonio Guterres était Premier ministre du Portugal. Dix ans de traversée du désert Antonio José Seguro a aussi été député socialiste, puis sa carrière prend un tournant. « Entre 2011 et 2014, il a été secrétaire général du Parti socialiste et là il a été battu aux primaires en 2014 », rappelle Yves Léonard, historien, professeur à Science Po et spécialiste du Portugal. « Il est battu par celui qui va marquer de son empreinte les dix dernières années de la politique portugaise, à savoir, le socialiste Antonio Costa. Là commence la traversée du désert pour Antonio José Seguro ». Antonio Costa, qui succède à Seguro à la tête du Parti socialiste, avant d'être nommé Premier ministre puis de prendre la tête du Conseil européen. Après cette défaite, Antonio José Seguro se retire de la vie politique pendant une dizaine d'années. Mais il ne disparaît pas totalement de la vie publique. Pendant cette période, il enseigne les relations internationales à l'université autonome de Lisbonne, il apparaît comme éditorialiste politique sur la chaîne CNN Portugal, et il se lance aussi dans l'entrepreneuriat dans les secteurs de l'agroalimentaire, du tourisme et de l'agriculture. Il s'est même mis à produire du vin et de l'huile d'olive. En 2024, il fait son retour sur la scène politique et commence à évoquer une possible candidature à l'élection présidentielle de 2026. Et en juin 2025, il officialise son entrée dans la course. Un candidat que personne n’attendait Ce candidat que personne n'attendait a donc réussi à emporter 31 % des voix au 1ᵉʳ tour le 18 janvier dernier, grâce à une campagne modérée. « Je vais reprendre un slogan de campagne d'un homme politique français dans les années 80 : "La France tranquille", en l'occurrence le Portugal tranquille… il a joué sur une certaine tranquillité », décrypte Victor Pereira, historien et chercheur à l'Institut d'histoire contemporaine de l'université de Lisbonne. Face à André Ventura de Chega et ses sorties tonitruantes, Antonio José Seguro a joué la carte de la mesure. « Ce qui est intéressant, c'est que Seguro a toujours eu ce positionnement de modéré au sein du Parti socialiste, un Parti socialiste qui est lui-même modéré à l'échelle européenne. C'est pas un profil de révolutionnaire, de gauchiste, et de ce point de vue-là, il ne fait pas peur à un électorat de centre, de centre droit, voire de droite », analyse Victor Pereira. Et c'est cette posture qui fait de lui le favori pour le second tour, le 8 février prochain. L’enjeu de la poussée de l’extrême droite Antonio José Seguro l'a déclaré à plusieurs reprises, s'il est élu, il sera le président de tous les Portugais. Il se veut au-dessus de la politique partisane malgré son étiquette socialiste. Mais le grand enjeu après ces élections est ailleurs. « Il aura à composer et à essayer, dans la mesure du possible, de contenir l'ascension jusqu'ici assez fulgurante du parti Chega », anticipe le spécialiste du Portugal Yves Léonard. Cette campagne pour la présidence a surtout servi de rampe de lancement au parti d'André Ventura, dont l'objectif principal était avant tout d'accéder au second tour et d'unir la droite derrière lui, avant de prochaines échéances électorales. À lire aussiPrésidentielle au Portugal: vers un second tour entre les candidats socialiste et d'extrême droite
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  • Nikos Christodoulides, un président chypriote dans la tourmente
    Jan 16 2026
    La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, était à Chypre ce jeudi 15 janvier, pays qui assure depuis le 1er janvier la présidence tournante de l’UE pour six mois. Elle a été accueillie par le président Nikos Christodoulides, qui a fait du soutien de l’Ukraine l'une de ses priorités. Mais il est aussi au centre d’un scandale depuis plusieurs jours, soupçonné de corruption. Une vidéo choc, dont l’origine est indéterminée et pour le moins suspecte, a été publiée sur les réseaux sociaux la semaine dernière. Le président chypriote y est accusé de corruption, pour le financement de sa campagne électorale qui l’a amené au pouvoir en 2023. L’intéressé a réagi en disant qu’il n’avait « rien à craindre ». Mais deux membres de son entourage proche ont démissionné : son épouse Philippa Karsera et son directeur de cabinet Charalambos Charalambous, qui est aussi son beau-frère. « Ils n’ont pas nié les propos tenus dans cette vidéo, juste dit qu’ils étaient sortis de leur contexte », s’étonne Hubert Faustmann, professeur de sciences politiques à l’université de Nicosie et directeur du bureau chypriote de la Fondation Friedrich-Ebert-Stiftung. C’est un désastre pour la réputation de Nikos Christodoulides, surtout que, durant sa campagne, il s’était engagé à mettre fin à la corruption généralisée qui avait terni la présidence précédente. » Un bon communicant L’épouse du président chypriote, Philippa Karsera, a quitté ses fonctions de directrice d'une association soutenue par l'État, invoquant des attaques sur les réseaux sociaux contre sa famille. Jugée très influente, elle forme avec Nikos Christopoulides un couple uni – ils ont quatre filles – et considéré comme puissant politiquement. Nikos Christodoulides reste en tous cas droit dans ses bottes. À 45 ans, ce diplômé de sciences politiques, qui a commencé sa carrière au sein du Parti démocrate, conservateur, a été notamment porte-parole du gouvernement puis ministre des Affaires étrangères, avant de démissionner pour se présenter en candidat indépendant à l’élection présidentielle de 2023, qu’il a remportée. Et pour Rally Papageorgiou, journaliste à l’agence de presse chypriote CNA, Nikos Christodoulides est un homme politique assez habile : « Il est très bon en communication, il est proche des gens, parle à tout le monde et leur répond ce qu’ils veulent entendre. Il va dire "oui" aux chefs d’entreprises, "oui" aux employés. Mais en termes de décisions, il ne va pas prendre de responsabilité, si ça lui coûte trop ». Soutien à l’Ukraine, éloignement de Moscou Pour la présidence chypriote de l’UE, Nikos Christodoulides a fait du soutien à l’Ukraine l'une de ses priorités, confirmant le tournant qu’a pris Nicosie en s’éloignant de Moscou. Le président chypriote « a poursuivi l'orientation pro-occidentale de la politique étrangère de son prédécesseur, Anastasiades, explique Hubert Faustman, et je pense qu'il a mené une politique étrangère assez habile dans le contexte de la guerre de Gaza, des développements régionaux, et de la guerre ukrainienne, où, contrairement à sa réputation vis-à-vis de la Russie et à son image plutôt pro-russe, il est en réalité resté fidèle à l'Occident ». Dans ce contexte, la sortie de la vidéo interroge. Certains y voient l’empreinte de la Russie. Et les autorités du pays enquêtent pour déterminer si elle résulte d'une « activité hybride » dirigée contre le pays. La question chypriote en suspens Nikos Christodoulides est aussi attendu sur la question chypriote. L’île est divisée en deux depuis 1983, seule la partie sud fait partie de l’UE. Le Nord est occupé par les Turcs. Le président chypriote a dit qu’il souhaitait reprendre les discussions sur la réunification, arrêtées en 2017 à Crans-Montana en Suisse, à la faveur aussi de l’arrivée d’un dirigeant nord-chypriote, plus ouvert au dialogue. Mais la position de Christodoulides n’est pas forcément aussi claire. « Les Chypriotes turcs lui reprochent par exemple d’avoir été à Crans-Montana à l’époque et d’avoir aidé l’ancien président Anastasiades à quitter la table des négociations, avant un accord, explique Rally Papageorgiou. « Donc, il y a des doutes aujourd’hui sur sa sincérité, s’il veut vraiment reprendre les discussions ». Il faut dire que Nikos Christodoulides doit gouverner avec une coalition de partis et certains ont des positions dures concernant le règlement de la question chypriote. Pour l’instant, il devrait se concentrer sur la présidence chypriote de l’UE et tenter d’en tirer le meilleur parti afin de remonter dans les sondages, assez bas ces derniers mois, s’il veut notamment se représenter à la prochaine élection présidentielle qui aura lieu en 2028. À lire aussiPrésidence tournante ...
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  • La Canadienne Chrystia Freeland, nouvelle conseillère économique de Zelensky
    Jan 9 2026
    Chrystia Freeland, députée canadienne et représentante spéciale du Premier ministre pour la reconstruction de l’Ukraine, va rejoindre Kiev pour devenir conseillère économique de Volodymyr Zelenski. Un rôle taillé sur mesure pour cette ancienne ministre des Finances, ardente défenseure de l’Ukraine. « L’Ukraine est au cœur du combat mondial pour la démocratie et je suis heureuse de pouvoir y contribuer bénévolement », écrivait cette semaine Chrystia Freeland, sur X, après avoir accepté le poste de conseillère économique auprès du président Zelensky. À 57 ans, elle quitte une longue carrière politique au Canada pour se consacrer pleinement à l’Ukraine, pays d’origine de sa mère et avec lequel elle entretient des liens forts. « Ses grands-parents maternels sont venus au Canada après la Seconde Guerre mondiale et se sont installés dans l’Alberta. Elle a grandi dans une communauté où on a toujours cru que l’Ukraine deviendrait indépendante un jour », raconte la journaliste canadienne Catherine Tsalikis, autrice d’un livre qui lui est consacré *. « Étudiante, Chrystia est allée à Kiev, où elle a intégré des programmes qui militaient pour l’indépendance. C’était une cause qui lui tenait à cœur. » Journaliste originaire d’Ukraine, elle défend ardemment ce pays C’est finalement comme journaliste que Chrystia Freeland couvre l’indépendance de l’Ukraine en 1991. Car avant d’embrasser la carrière politique, cette diplômée de Harvard et Oxford, parlant 5 langues dont l’Ukrainien, est correspondante à Kiev du Washington Post, du Financial Times et de The Economist. Puis elle enchaine les postes dans plusieurs pays et les responsabilités dans les médias. « Mais elle a toujours gardé des liens avec l’Ukraine, assure Catherine Tsalikis, et lorsque Vladimir Poutine envahit l’Ukraine en 2022, elle est aux avant-postes de la réponse canadienne », soutenant inlassablement « son pays de cœur ». Chrystia Freeland occupe à l'époque le double poste de vice-Première ministre et de ministre des Finances du gouvernement libéral de Justin Trudeau. Entrée en politique en 2013 comme députée à Toronto, Catherine Freeland gravit les échelons de la politique canadienne et enchaine les portefeuilles ministériels : commerce international, affaires étrangères. En 2019, elle est nommée vice-Première ministre et en 2020 ministre des Finances, devenant la première femme du Canada à occuper ce poste. « Elle a marqué l’histoire en brisant un plafond de verre », commente Jean-Noël Bellavance, chef du bureau d’Ottawa au journal La Presse. Une ascension politique fulgurante et une démission fracassante Mais l’ascension de Catherine Freeland que certains voyaient déjà comme future Première ministre du Canada, est stoppée nette le 16 décembre 2024. Quelques heures avant de prononcer un discours sur le budget, elle apprend que Justin Trudeau, dont elle est proche, veut la remplacer à son poste, pour redonner un second souffle à son gouvernement. Catherine Freeland démissionne avec fracas, précipitant la chute quelques semaines plus tard du Premier ministre, déjà très affaibli. Elle tente de briguer la tête du Parti libéral mais échoue derrière Mark Carney, qui deviendra, lui, Premier ministre. Chrystia Freeland fait un bref passage au ministère des Transports puis est nommée représentante spéciale du Canada pour la reconstruction de l’Ukraine. « Elle a été reléguée à un rôle de second violon, donc elle a décidé de faire autre chose », analyse Joël-Denis Bellavance, d’où sa décision de partir travailler auprès de Volodymyr Zelensky, comme conseillère économique. Après un moment de flottement, elle a annoncé qu’elle abandonnait finalement son mandat de député au Canada. Beaucoup avaient dénoncé un conflit d’intérêt. Bourreau de travail et négociatrice coriace « Chrystia est multi-tâches, habituée à cumuler les postes », souligne Catherine Tsalikis. En plus d’être mère de trois enfants. « C’est un bourreau de travail », reconnait Joël-Denis Bellavance, et une « négociatrice coriace », qui a montré à Donald Trump « de quel bois elle se chauffait », lorsqu’elle négociait l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, sous le premier mandat du président américain. Une ténacité qui l’aidera sans doute à affronter son nouveau poste en Ukraine, elle qui est aussi dans le viseur de Moscou, déclarée persona non grata depuis 2014 sur le territoire russe. * Chrystia de Catherine Tsalikis (éditions House of Anansi)
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  • Albin Kurti, nationaliste de gauche et homme fort du Kosovo
    Jan 2 2026
    En remportant les élections législatives organisées dimanche 28 décembre au Kosovo, Albin Kurti a réussi son pari : le Premier ministre sortant a rassemblé près de 50% des suffrages sur son nom. Un score en forme de succès personnel pour l’homme fort du pays. Ce n’était pas gagné d’avance. Personne n’avait imaginé une si large victoire. Le Kosovo et ses 1,6 million d’habitants sortent de neuf longs mois de blocage politique. Le parti Vetevendosje (Autodétermination, en français), au pouvoir depuis 2021, était arrivé en tête des élections législatives de février dernier, mais sans majorité absolue. Aucun accord n’avait été trouvé avec les autres partis. Cette fois, Albin Kurti est assuré de former le prochain gouvernement. « Nous devrons rapidement constituer un Parlement issu de la 10ᵉ législature puis former sans délai un nouveau gouvernement. Nous n'avons pas de temps à perdre et devons avancer ensemble au plus vite », a-t-il promis après sa victoire. À lire aussiKosovo: le parti du Premier ministre sortant Albin Kurti en tête des législatives anticipées Filon populiste Sa victoire, Albin Kurti la doit à la faiblesse des oppositions, au vote déterminant de la diaspora et à sa campagne populiste. « C'est quelqu'un de très habile, on le présente souvent comme un intellectuel, un idéologue, explique Florent Marciacq, chercheur associé à l'Institut français des relations internationales (Ifri). Aujourd'hui, c'est quelqu'un qui a réussi à mobiliser sur une fibre assez populiste, il faut le dire aussi, mais dans un paysage qui est très divisé et donc qui réussit réellement à capter un petit peu les électorats. » Albin Kurti a joué à fond la personnalisation de sa campagne. Il a aussi promis de verser 100 euros aux retraités et à chaque famille avec des enfants en bas âge d’ici la fin de l’année pour lutter contre la hausse des prix. Ancien révolutionnaire, de gauche et nationaliste Albin Kurti a toujours été engagé à gauche et a milité dès ses années étudiantes. En 1997, le voilà à la pointe de l’occupation de l’université de Pristina contre le gouvernement de Slobodan Milošević. Il est arrêté et emprisonné deux ans plus tard. Dès sa sortie, il se lance en dehors des partis traditionnels. Son crédo : la lutte anticorruption et l’autodétermination du Kosovo, deux thèmes porteurs dans la jeunesse du pays. Âgé de 50 ans, marié à une chercheuse norvégienne, père d’une fille, il reste très discret sur sa vie privée et sobre aussi dans son style vestimentaire avec un éternel costume sans cravate. L'enjeu de la communauté serbe Pour sa réélection, il a évité les sujets qui fâchent. En février dernier, il promettait de gouverner le Kosovo « d'un bout à l'autre », même dans les territoires en majorité peuplés de Serbes. Mais cette fois, il a surtout parlé d'économie. La cohabitation avec la communauté serbe sera l’un des principaux défis de son second mandat, prévient le chercheur Florent Marciacq : « Albin Kurti espère avoir une reconnaissance du Kosovo qui lui a été promise par les accords d'Ohrid soutenus par les États-Unis il y a quelques années. La condition pour cela est la mise en œuvre de cette association des municipalités serbes. Maintenant que le Kosovo a effectivement les mains libres pour agir, la question est : "Quelle sera la position de l'Union européenne et des États-Unis pour faire pression sur la Serbie pour qu’elle-même mette en œuvre et respecte les engagements de reconnaissance à terme du Kosovo ?" ». Scruté par les États-Unis et les Européens Autonomiste, il l’est aussi envers les grandes puissances. Ses relations sont glaciales avec Donald Trump car Albin Kurti s’est dit prêt à accueillir des migrants expulsés des États-Unis. Le climat s’est en revanche réchauffé avec l’Union européenne qui a levé une partie de ses sanctions contre le pays. Mais ses prochaines actions en direction de la minorité serbe seront scrutées de près par ses alliés. À lire aussiLe Kosovo, terre d’accueil pour les expulsés des États-Unis
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  • Ukraine: Volodymyr Zelensky, un président sous pression pour conclure la paix
    Dec 26 2025
    Le président ukrainien Volodymyr Zelensky se dit optimiste sur les chances de faire avancer les discussions visant à mettre fin à la guerre entre la Russie et l’Ukraine et annonce une rencontre avec Donald Trump dimanche 28 décembre en Floride. Les questions sensibles, telles que le sort du Donbass, devraient être abordées. Sous pression de l’administration américaine pour conclure un plan de paix, Volodymyr Zelensky a connu une fin d’année délicate. Il parvient malgré tout à conserver la confiance des Ukrainiens. Donald Trump voulait un accord avant Noël. Son vœu n’a pas été exaucé. « Beaucoup de choses peuvent être décidées avant le Nouvel an », veut croire Volodymyr Zelensky, au lendemain de discussions avec les envoyés de la Maison Blanche. En dépit de cet optimisme affiché, le président ukrainien est soumis à forte pression, d’autant que les positions russes restent, pour l’heure, inflexibles. Mardi, Volodymyr Zelensky a détaillé devant la presse le plan de paix révisé en 20 points, le présentant comme la meilleure tentative de l’Ukraine de mettre fin à la guerre. Le document aborde un large éventail de questions, allant des éventuels arrangements territoriaux aux garanties de sécurité que Kiev souhaite obtenir pour prévenir toute future agression russe, en passant par les plans de reconstruction du pays ravagé par la guerre. Selon Volodymyr Zelensky, les diverses sections du plan « reflètent en grande partie la position commune ukraino-américaine ». Reste quelques points de blocage, à commencer par la question épineuse de l’avenir du Donbass. La Russie exige que les forces ukrainiennes se retirent des territoires de la région de Donetsk qu’elles contrôlent encore. Le président ukrainien ne peut accepter cette demande. À écouter et à lire aussiVolodymyr Zelensky, président ukrainien S’il cède, « il n'aura plus d'avenir politique », tranche le politologue Volodymyr Fessenko du centre Penta à Kiev. « En Ukraine, le sentiment qui domine est qu’il est impossible d'accepter de reconnaitre juridiquement les territoires occupés comme étant russes. Si, en cas de cessez-le-feu le long de la ligne de front, une partie du territoire ukrainien restait sous contrôle russe, la plupart des Ukrainiens pourraient accepter ce scénario mais à condition que ces territoires ne soient pas reconnus juridiquement comme étant russes. » Militairement, l'Ukraine ne peut pas se permettre de céder des zones fortement fortifiées de Donetsk, note pour sa part la chercheuse ukrainienne Olena Prokopenko, du centre de réflexion German Marshall Fund. « Céder des territoires fortifiés sans combat offrirait à la Russie une base idéale pour intensifier son invasion. Si l’Ukraine acceptait ces concessions, notre position sur la ligne de front serait gravement affaiblie. Les abandonner sans combat, donner à la Russie des territoires qu’elle n’a pas réussi à conquérir en onze ans depuis l’invasion du Donbass, constituerait une décision militairement désastreuse », explique-t-elle. Le scénario dans lequel Volodymyr Zelensky se verrait contraint de céder tout le Donbass à la Russie « ne pourrait se produire qu’en cas de situation catastrophique sur le front ou dans le secteur énergétique, qui ne lui laisserait pas d’autre choix », avance Volodymyr Fessenko. Concessions territoriales Quoi qu’il en soit, le président ukrainien n’en sortirait pas indemne. Seule concession à laquelle Volodymyr Zelensky se dit prêt : l’Ukraine pourrait retirer ses troupes des zones de l'ouest de la région de Donetsk encore sous son contrôle, pour les transformer en une zone démilitarisée dans le cadre d'un éventuel accord de paix avec Moscou, à condition que la Russie retire ses forces d’une zone équivalente. En tout état de cause, Volodymyr Zelensky estime que la création d'une zone démilitarisée doit être approuvée par le biais d'un référendum. Parallèlement aux discussions autour du plan de paix, le président ukrainien a dû affronter une tempête intérieure ces derniers mois. L’affaire Midas, vaste affaire de corruption qui touche le secteur énergétique ukrainien, a poussé les ministres de la Justice Herman Halouchtchenko et la ministre de l'Énergie, Svitlana Hryntchouk à démissionner le mois dernier. Volodymyr Zelensky a ensuite dû se défaire de son plus proche conseiller, Andriy Iermak. En écartant le chef de l’administration présidentielle, qu’il n’a pas encore remplacé, tout en maintenant une ligne relativement ferme dans les pourparlers de paix, sa côte de popularité est remontée. Selon une enquête récente menée par l’Institut international de sociologie de Kyiv (KIIS), 61% des Ukrainiens lui font confiance. « Aussi étrange que cela puisse paraître, la confrontation autour du plan de paix de Donald Trump a une fois de plus aidé », affirme Volodymyr Fessenko....
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  • Sergueï Karaganov, l’influent stratège russe qui veut lancer un missile nucléaire sur l’Europe
    Dec 19 2025
    Il dit que la guerre entre la Russie et l'Europe a déjà commencé. Il souhaite envoyer un missile nucléaire sur Berlin. Intellectuel russe, proche des sphères du pouvoir, Sergueï Karaganov multiplie les déclarations chocs à l'égard du Vieux Continent, et semble davantage prêcher pour une Troisième Guerre mondiale que pour une paix en Ukraine. Avec quel poids au sein du Kremlin ? « Notre véritable adversaire est bien l’Europe. » « Cette guerre ne prendra fin qu'avec une défaite morale et politique de l'Europe. » L'Europe, « redevenue l’expression la plus absolue du Mal qui ronge l’humanité. » Tels sont les mots crus que Sergueï Karaganov a lâchés au début de ce mois de décembre 2025 sur la première chaîne de télévision russe, et que la revue Le Grand Continent a traduits en français. Une intervention évidemment destinée aux Européens, qui, selon lui, n'ont plus assez peur de la Russie. Pour cet intellectuel russe, « une façon de remettre les pendules à l'heure ce serait de se livrer à un tir d'arme nucléaire », relate Igor Delanoë, directeur adjoint de l'Observatoire franco-russe. « Ce serait un tir de démonstration. Le but ne serait pas de raser Kiev ou Varsovie. Mais sa grande théorie, c’est qu’il faudrait réinstiller la peur. » Premier holà du Kremlin, qui nuance de fait l’influence de Karaganov : « C'est dans cette séquence-là qu'il a été manifestement recadré par la diplomatie russe. Elle lui a demandé de lever le pied sur ces éléments de langage », ajoute le chercheur à l’Iris. Toujours est-il que cette escalade verbale coïncide avec l'escalade de ce qu'on appelle la guerre hybride. En cette fin d'année, la Russie est accusée d'incursions de drones, d'avions de chasse et même de sabotages à la bombe. Le tout dans le territoire de l'Union européenne. La frange radicale d’une galaxie de commentateurs mainstream Sergueï Karaganov a une voix qui porte, mais dont il faut nuancer la portée. Le politologue n'est ni porte-parole du Kremlin, ni conseiller officiel. Il s'inscrit dans une nébuleuse de commentateurs, journalistes, intellectuels et autres propagandistes. Parmi eux, beaucoup se réclament proches de Vladimir Poutine. La prudence reste donc de mise. « C'est très difficile de savoir qui a véritablement l'oreille de Vladimir Poutine », explique Cyrille Bret, chercheur associé à l'Institut Jacques Delors sur les enjeux relatifs à la Russie. « Ça participe d'ailleurs à la puissance du président russe : il ne laisse pas son entourage cartographié. » Une chose est sûre : Sergueï Karaganov fait partie de l'élite russe. Il est reconnu pour son expertise sur la politique internationale. Aujourd’hui président d'honneur du bureau du Conseil pour la politique extérieure et de défense, il a une longue carrière de chercheur et de conseiller depuis les années 1980. En fait, il est l'un des intellectuels qui ont le mieux réussi la transition entre l'ère soviétique et celle de la Fédération de Russie. Mais son discours radical n’en reste pas moins mainstream à Moscou. S'il a voix au chapitre, c'est parce qu'il sert le régime, comme l’indique Cyrille Bret : « La première vocation d'une voix telle que celle de Karaganov ou de [Alexandre] Douguine, ou d'autres théoriciens, c'est d'abord de faire entendre la voix de la Russie. La Russie considère qu'elle a été réduite au silence. Et c'est pour cette raison que des déclarations fracassantes servent l'intérêt national russe tel que Karaganov l'interprète : faire entendre la vision proprement russe, non occidentale, des relations internationales et des rapports entre la Russie et l'étranger. » De la doctrine Karaganov à l’eurasianisme 2022 a été une rupture pour Karaganov. Après l’invasion russe de l’Ukraine, il se détourne complètement de l'Occident, qu'il considère minoritaire. L'heure est à « une majorité globale » dirigée par la Russie. Son mépris pour l’Europe s’accentue tellement qu'il prône une stratégie sino-russe. Au point de devenir un chantre de l'eurasianisme. « Il appelle même à déplacer la capitale du pays pour matérialiser ce tournant ! », note Igor Delanoë. « Il veut bâtir une nouvelle capitale en Sibérie, de l'autre côté de l'Oural, qui permettrait d'ancrer dans la géographie ce tournant avec une capitale orientale au sens géographique du terme. » S'il veut laisser tomber l'Europe, c'est parce que, selon lui, le libéralisme a fait son temps. Les démocraties ne sont bonnes qu'à s'écrouler. L'Occident s'enfonce dans la décadence par la surconsommation, la mondialisation et le transhumanisme. Lui, décrit la Russie comme un empire asiatique. Finalement, le seul intérêt que Sergueï Karaganov continue de voir en Europe, c’est son vœu historique de récupérer les anciennes parties de l’Union soviétique. Il a même donné son nom à ce courant : la ...
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  • Andrej Babis, le retour gagnant du «Donald Trump tchèque»
    Dec 12 2025
    Plus de deux mois après sa victoire sans appel aux élections législatives avec 35% des voix pour son parti ANO, Andrej Babis a été nommé, ce mardi 9 décembre, Premier ministre de la République tchèque. Le milliardaire de 71 ans retrouve la direction du gouvernement après quatre années dans l’opposition, et un virage à droite toute pour cet admirateur déclaré de Donald Trump. C’est un « come-back » politique impressionnant : après avoir passé quatre ans dans les rangs de l’opposition et subi plusieurs enquêtes pour détournements de fonds, Andrej Babis est de nouveau nommé à la tête du gouvernement tchèque. Toute ressemblance avec Donald Trump est parfaitement assumée et même revendiquée par cet homme d’affaires septuagénaire qui a multiplié les références au président américain durant la campagne électorale. La première de ces références étant bien sûr son statut de milliardaire et d’entrepreneur, d’homme d’affaires « contraint » d’entrer en politique pour gérer l'État comme on gère une entreprise. « C'est l’un de ces entrepreneurs qui, à un moment donné, a considéré que son influence économique ne suffisait plus et qui décide de s’impliquer personnellement dans la vie politique, décrypte Jana Vargovcikova, maîtresse de conférences à l’Inalco. Il a créé son parti en 2011, le parti ANO… Les politistes parlent d’un parti-entreprise, c’est-à-dire qu’il ne faut pas imaginer des dynamiques internes, une implantation locale. C’est le chef qui a le dernier mot et qui constitue son équipe autour de lui, comme bon lui semble. » À lire aussiRépublique tchèque: le milliardaire Andrej Babis nommé au poste de Premier ministre Virage à droite La comparaison avec Donald Trump ne s’arrête pas là : comme le président américain, Andrej Babis a dirigé une première fois le pays, de 2017 à 2021, et a ensuite perdu les élections avant de triompher dans les urnes quatre ans plus tard. Et comme Donald Trump, il s’est radicalisé entre son premier et son deuxième mandat. Un virage vers la droite populiste qui n’avait rien d’évident. « N’oublions pas que, jusqu’aux élections européennes de 2024, son parti ANO était associé aux libéraux à Strasbourg, rappelle Jacques Rupnik, directeur de recherches à Sciences-Po Paris. Il a ensuite changé de casquette. C'est le cas de le dire puisqu’il arbore désormais la casquette rouge de Donald Trump. Au Parlement européen, son parti siège maintenant avec les Patriotes de Viktor Orban. Il y a donc un déplacement vers la droite populiste – sans en partager les excès, mais en jouant très clairement sur la fibre nationale-populiste. » Avec une inquiétude à la clé pour les partenaires européens de la République tchèque : Andrej Babis va-t-il jouer les trouble-fêtes à Bruxelles, à l’image de Viktor Orban, le dirigeant hongrois dont il se dit proche ? « On peut s’attendre raisonnablement à ce qu’il s’oppose aux politiques environnementales du Pacte Vert, et qu’il assume une position très conservatrice sur les politiques d’immigration et d'asile », pointe Jana Vargovcikova. « Sur la question du soutien à l’Ukraine en revanche, c’est plus flou. Il a promis de réduire le soutien de Prague à l’Ukraine durant la campagne électorale… mais l’incertitude demeure sur ce point et il n’est pas certain qu’il se mette aux côtés d’Orban pour créer des situations de blocage au moment de renouveler ou d’augmenter l’aide à Kiev. » Un pragmatique, pas un idéologue Accusé par ses adversaires politiques et par le Premier ministre sortant, le libéral Pietr Fiala, de vouloir éloigner Prague de son axe européen et occidental, Andrej Babis s’en défend. Dès le soir de sa victoire électorale, le 4 octobre dernier, il réaffirme sa volonté de maintenir l’ancrage européen et atlantiste de son pays et rejette fermement toute velléité de rapprochement avec Moscou. « De toute façon, il n’ira pas chercher la confrontation à Bruxelles parce qu’il est essentiellement pragmatique et qu’il n’a aucun intérêt, en tant qu’homme d’affaires, à s’éloigner de l'UE », souligne Jacques Rupnik. « Son entreprise agro-alimentaire opère dans plusieurs pays de l'Union européenne, dont l'Allemagne, l'Autriche, la Hongrie, etc. Il sera un compagnon de route des Trumpistes européens, tels qu’ils se mettent en place avec le mouvement des Patriotes au Parlement européen. Mais ce n’est pas un idéologue, il n’a pas pour mission de sauver ou de détruire l’Europe. » Un premier test de ce « Babis bis » se jouera dès le 18 décembre à Bruxelles, où le milliardaire tchèque retrouvera les conciliabules du Conseil européen. À l’ordre du jour, notamment, le financement de l’aide à l’Ukraine par le biais des avoirs russes gelés. Un excellent révélateur des intentions, à l’international, du ...
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