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La fabrique du monde

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Auteur(s): RFI
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Du lundi au vendredi, Guillaume Naudin analyse les faits marquants de l'actualité internationale et décrypte les évolutions d'un monde en mouvement permanent.

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Politique
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  • Malgré les négociations, la paix en Ukraine ne semble pas vraiment proche
    Feb 4 2026

    Les négociations entre Russes Ukrainiens et Américains reprennent aujourd’hui à Abou Dhabi pour tenter de mettre fin à la guerre en Ukraine. Une guerre qui malgré les difficultés des deux camps, continue sans grand espoir de fin rapide.

    Cela fera bientôt quatre ans depuis le début de l'agression russe en Ukraine. Hier encore, malgré un accord négocié pour mettre fin aux attaques sur les infrastructures énergétiques alors que l’hiver est glacial, la Russie a lancé sa plus puissante attaque de ce type en 2026, plongeant à nouveau une partie de la capitale ukrainienne dans le froid et le noir. L’Ukraine continue pour sa part d’attaquer des villes occupées par la Russie en faisant des dégâts et des morts. On connait le point dur de la négociation : c’est la question territoriale. La Russie veut le Donbass, qu’elle n’a conquis que partiellement, et l’Ukraine ne veut pas le céder puisqu’elle ne l’a pas perdu entièrement.

    Souffrance des deux côtés

    Et pourtant, les deux adversaires souffrent. Il y a quelques jours, le CSIS (en anglais), le centre pour les études internationales et stratégiques basé à Washington, évaluait à 2 millions le nombre total de victimes, morts, blessés et disparus dans ce conflit. Le total russe étant le double de celui de l’Ukraine. Et puis il y a l'aspect économique. Selon l’agence Bloomberg (en anglais), qui cite un rapport du ministère russe de l’économie, les commandes stratégiques russes qui avaient bondi de 30% par an pourraient cette année n’augmenter que de 4 à 5%. Une forme de plafonnement qui peut aussi indiquer que la Russie arrive quasiment au maximum des possibilités de militarisation de son économie. Cela s’explique notamment par la baisse de la part des ventes d’hydrocarbures dans le budget russe, de 40% en 2022, elle pourrait baisser à 22% cette année. Les sanctions internationales sont passées par là, même si l’économie russe a jusqu'ici montré sa résilience.

    Du soutien pour Moscou...

    Mais la Russie a du soutien. La Corée du Nord lui fournit des soldats. La Chine et l’Iran des technologies et des armes. Ces pays et d’autres continuent à commercer avec elle. L’an dernier, elle a vendu pour 15 milliards de dollars d’armement à une trentaine de pays. C’est une hausse par rapport à 2020. Parmi ces pays, il y a l’Inde. Qui s’est paraît-il engagée à ne plus acheter d’hydrocarbures russes, selon Donald Trump. On demande à voir, car l’Inde n’a pas confirmé et parce que ce ne serait pas la première fois que le président américain ferait des déclarations qui ne correspondent pas aux faits.

    ... Et pour Kiev

    L’Ukraine aussi est soutenue. Moins par les Américains, désormais en position de médiateurs, que par les Européens. À la fois financièrement, logistiquement et en armement. Les armes sont souvent américaines, mais désormais payées par les Européens. Et le message en Europe, c’est qu’il n’y a aucune forme de fatigue dans ce soutien. Parce que pour les pays européens, et en particulier ceux de l’Europe de l’Est, l’Ukraine est un premier rempart, qui leur permet de gagner du temps face à une Russie devenue un pays organisé pour la guerre. C'est ce que confiait il y a quelques jours le président français Emmanuel Macron dans un documentaire télévisé autorisé : Vladimir Poutine fera tout pour ne jamais faire la paix. Trop difficile après ce qu'il a fait et parce que la situation actuelle correspond paradoxalement pour lui à un point d'équilibre.

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  • Au Japon, une campagne électorale éclair sous l'oeil de Pékin et Washington
    Feb 3 2026

    Direction l'Asie, et plus précisément le Japon où on s’apprête à voter dimanche 8 février pour des législatives anticipées après la plus courte campagne électorale de l’après-guerre.

    C’est la cheffe du gouvernement Sanae Takaichi, première femme à occuper le poste après avoir été désignée en octobre qui a déclenché ces élections anticipées il y a moins de deux semaines. Le but c'est de profiter de sa popularité personnelle pour renforcer la majorité parlementaire de son parti actuellement très courte. Cette ancienne batteuse dans un groupe de heavy Metal à l’université ne cache pas ses vues nationalistes et conservatrices. La campagne se joue d’ailleurs en partie sur le thème de la place des étrangers avec la progression d’un parti nationaliste. L'inflation est aussi un enjeu important. Sanae Takaichi propose l’exemption d’une taxe sur la consommation pour une durée de deux ans. Et ses adversaires se demandent si cette admiratrice de l’ancienne première ministre britannique Margaret Thatcher ne va pas plutôt ressembler à Liz Truss, autre cheffe du gouvernement britannique, mais particulièrement éphémère après avoir proposé des mesures fiscales non financées.

    Tensions avec la Chine

    Cette campagne se déroule dans un contexte de fortes tensions diplomatiques avec la Chine. Depuis que Sanae Takaichi a laissé entendre que son pays pourrait intervenir militairement si la Chine mettait à exécution ses menaces de s’emparer de Taïwan par la force. La crise qui s’en est suivie n’est toujours pas retombée. La Chine a déconseillé à ses ressortissants de se rendre au Japon où ils constituent le premier contingent touristique. Dans le cadre de sa célèbre diplomatie du panda, elle a rapatrié les deux plantigrades qu’elle prêtait au zoo de Tokyo. Et surtout, elle a interdit l’exportation vers le Japon des biens à double usage, c’est à dire des biens qui peuvent avoir une utilisation à la fois civile et militaire. Parmi ces biens, les fameuses terres rares, indispensables à de nombreux secteurs industriels, des hautes technologies à l’automobile.

    Proximité avec Donald Trump

    Et pour faire face, la cheffe du gouvernement japonais compte sur Donald Trump. Avec le président américain, elle a affiché une grande proximité lors de sa visite au Japon et son discours prononcé sur un porte-avion américain fin octobre. Le Japon fait partie intégrante de la stratégie de sécurité nationale américaine en Asie. Les États-Unis veulent dissuader la Chine en nouant des alliances militaires locales fortes. Mais le président américain doit aussi ménager son rival chinois, justement à cause de son quasi-monopole sur les terres rares raffinées. La Chine ne s’est pas gênée pour le rappeler à l’occasion la crise avec le Japon. Selon des informations de presse, le président américain a appelé Sanae Takaichi pour lui demander de ne pas provoquer la Chine au sujet de Taïwan. Le Japon a démenti, mais la Maison Blanche a ensuite publié un communiqué indiquant que tout le monde a intérêt à ce que les États-Unis et la Chine s’entendent bien. Et ce n’est sans doute pas un hasard si le Japon a indiqué hier avoir trouvé dans ses fonds marins des terres rares tant recherchées par les États-Unis pour réduire leur dépendance.

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  • En Amérique latine, une nouveau pays tombe dans l'orbite des États-Unis
    Feb 2 2026

    Il y avait dimanche une élection présidentielle au Costa Rica. Et selon les premiers résultats, Laura Fernandez candidate du parti conservateur l'emporte dès le premier tour.

    Elle a promis un programme à droite toute. Il faut dire que le pays d’un peu plus de cinq millions d’habitants, autrefois l’un des plus stables de la région, est confronté à une importante vague de violence liée au narcotrafic. Pour y remédier, Laura Fernandez veut s’inspirer des méthodes du président Salvadorien Nayib Bukele, qu’elle admire, en construisant notamment comme lui une méga-prison de haute sécurité. C’est l'une des raisons pour lesquelles ses adversaires ont des craintes pour les libertés. Ils l’accusent aussi d’être la future marionnette de l’ancien président conservateur Rodrigo Chaves, qui ne pouvait pas se représenter, et dont elle revendique l’héritage politique.

    Un nouveau domino qui tombe

    Si l’on élargit la perspective à l’ensemble de l’Amérique latine, ce résultat est une bonne nouvelle pour l’administration américaine. C’est un pays de plus qui penche vers Washington dans la région. Le Costa Rica se trouve de plus sur la route des migrations vers le nord, l’obsession politique du mouvement MAGA. Donald Trump a clairement exprimé sa volonté de réinstaurer la doctrine Monroe qui fait de l’Amérique latine sa sphère d’influence exclusive. Le pays est donc un nouveau domino qui tombe.

    Depuis le retour de Donald Trump, d’autres ont effectué ce virage à droite. Citons le Pérou avec un président intérimaire de droite, le Chili avec un président d’extrême droite, le Honduras, avec un président élu avec le soutien explicite de Donald Trump qui avait même menacé le pays si jamais son protégé ne l'emportait pas, la Bolivie, avec un président de centre-droit qui a succédé à 20 ans de pouvoir de gauche très anti-américaine. Sans compter les pays où les amis politiques étaient déjà en place : on a parlé de Nayib Bukele au Salvador, mais il y a aussi Daniel Noboa en Équateur et Javier Milei en Argentine.

    Donald Trump optimiste

    Et puis il y a un pays sur lequel les États-Unis exercent directement leur influence, c’est le Venezuela. Moins d'un mois après l’enlèvement spectaculaire de Nicolas Maduro, les relations semblent particulièrement fluides. La nouvelle cheffe de mission diplomatique américaine est arrivée dans le pays. Donald Trump lui-même ne tarit pas d’éloges pour la présidente par interim Delcy Rodriguez qu’il a qualifiée de formidable et invitée à Washington.

    Il faut dire que l’ancienne vice-présidente vénézuélienne a donné des gages. Elle a annoncé une amnistie générale, une réforme de la loi sur le pétrole et une réforme judiciaire, ainsi que la fermeture de la célèbre prison politique de l'Hélicoïde, dont ont commencé à sortir des prisonniers politiques. Donald Trump est tellement optimiste qu'il entrevoit même un accord possible avec le régime cubain honni depuis près de 70 ans à Washington. C’est dire si le président américain voit son projet latino-américain comme un plan qui se déroule sans accroc.

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