Épisodes

  • Malgré les négociations, la paix en Ukraine ne semble pas vraiment proche
    Feb 4 2026

    Les négociations entre Russes Ukrainiens et Américains reprennent aujourd’hui à Abou Dhabi pour tenter de mettre fin à la guerre en Ukraine. Une guerre qui malgré les difficultés des deux camps, continue sans grand espoir de fin rapide.

    Cela fera bientôt quatre ans depuis le début de l'agression russe en Ukraine. Hier encore, malgré un accord négocié pour mettre fin aux attaques sur les infrastructures énergétiques alors que l’hiver est glacial, la Russie a lancé sa plus puissante attaque de ce type en 2026, plongeant à nouveau une partie de la capitale ukrainienne dans le froid et le noir. L’Ukraine continue pour sa part d’attaquer des villes occupées par la Russie en faisant des dégâts et des morts. On connait le point dur de la négociation : c’est la question territoriale. La Russie veut le Donbass, qu’elle n’a conquis que partiellement, et l’Ukraine ne veut pas le céder puisqu’elle ne l’a pas perdu entièrement.

    Souffrance des deux côtés

    Et pourtant, les deux adversaires souffrent. Il y a quelques jours, le CSIS (en anglais), le centre pour les études internationales et stratégiques basé à Washington, évaluait à 2 millions le nombre total de victimes, morts, blessés et disparus dans ce conflit. Le total russe étant le double de celui de l’Ukraine. Et puis il y a l'aspect économique. Selon l’agence Bloomberg (en anglais), qui cite un rapport du ministère russe de l’économie, les commandes stratégiques russes qui avaient bondi de 30% par an pourraient cette année n’augmenter que de 4 à 5%. Une forme de plafonnement qui peut aussi indiquer que la Russie arrive quasiment au maximum des possibilités de militarisation de son économie. Cela s’explique notamment par la baisse de la part des ventes d’hydrocarbures dans le budget russe, de 40% en 2022, elle pourrait baisser à 22% cette année. Les sanctions internationales sont passées par là, même si l’économie russe a jusqu'ici montré sa résilience.

    Du soutien pour Moscou...

    Mais la Russie a du soutien. La Corée du Nord lui fournit des soldats. La Chine et l’Iran des technologies et des armes. Ces pays et d’autres continuent à commercer avec elle. L’an dernier, elle a vendu pour 15 milliards de dollars d’armement à une trentaine de pays. C’est une hausse par rapport à 2020. Parmi ces pays, il y a l’Inde. Qui s’est paraît-il engagée à ne plus acheter d’hydrocarbures russes, selon Donald Trump. On demande à voir, car l’Inde n’a pas confirmé et parce que ce ne serait pas la première fois que le président américain ferait des déclarations qui ne correspondent pas aux faits.

    ... Et pour Kiev

    L’Ukraine aussi est soutenue. Moins par les Américains, désormais en position de médiateurs, que par les Européens. À la fois financièrement, logistiquement et en armement. Les armes sont souvent américaines, mais désormais payées par les Européens. Et le message en Europe, c’est qu’il n’y a aucune forme de fatigue dans ce soutien. Parce que pour les pays européens, et en particulier ceux de l’Europe de l’Est, l’Ukraine est un premier rempart, qui leur permet de gagner du temps face à une Russie devenue un pays organisé pour la guerre. C'est ce que confiait il y a quelques jours le président français Emmanuel Macron dans un documentaire télévisé autorisé : Vladimir Poutine fera tout pour ne jamais faire la paix. Trop difficile après ce qu'il a fait et parce que la situation actuelle correspond paradoxalement pour lui à un point d'équilibre.

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  • Au Japon, une campagne électorale éclair sous l'oeil de Pékin et Washington
    Feb 3 2026

    Direction l'Asie, et plus précisément le Japon où on s’apprête à voter dimanche 8 février pour des législatives anticipées après la plus courte campagne électorale de l’après-guerre.

    C’est la cheffe du gouvernement Sanae Takaichi, première femme à occuper le poste après avoir été désignée en octobre qui a déclenché ces élections anticipées il y a moins de deux semaines. Le but c'est de profiter de sa popularité personnelle pour renforcer la majorité parlementaire de son parti actuellement très courte. Cette ancienne batteuse dans un groupe de heavy Metal à l’université ne cache pas ses vues nationalistes et conservatrices. La campagne se joue d’ailleurs en partie sur le thème de la place des étrangers avec la progression d’un parti nationaliste. L'inflation est aussi un enjeu important. Sanae Takaichi propose l’exemption d’une taxe sur la consommation pour une durée de deux ans. Et ses adversaires se demandent si cette admiratrice de l’ancienne première ministre britannique Margaret Thatcher ne va pas plutôt ressembler à Liz Truss, autre cheffe du gouvernement britannique, mais particulièrement éphémère après avoir proposé des mesures fiscales non financées.

    Tensions avec la Chine

    Cette campagne se déroule dans un contexte de fortes tensions diplomatiques avec la Chine. Depuis que Sanae Takaichi a laissé entendre que son pays pourrait intervenir militairement si la Chine mettait à exécution ses menaces de s’emparer de Taïwan par la force. La crise qui s’en est suivie n’est toujours pas retombée. La Chine a déconseillé à ses ressortissants de se rendre au Japon où ils constituent le premier contingent touristique. Dans le cadre de sa célèbre diplomatie du panda, elle a rapatrié les deux plantigrades qu’elle prêtait au zoo de Tokyo. Et surtout, elle a interdit l’exportation vers le Japon des biens à double usage, c’est à dire des biens qui peuvent avoir une utilisation à la fois civile et militaire. Parmi ces biens, les fameuses terres rares, indispensables à de nombreux secteurs industriels, des hautes technologies à l’automobile.

    Proximité avec Donald Trump

    Et pour faire face, la cheffe du gouvernement japonais compte sur Donald Trump. Avec le président américain, elle a affiché une grande proximité lors de sa visite au Japon et son discours prononcé sur un porte-avion américain fin octobre. Le Japon fait partie intégrante de la stratégie de sécurité nationale américaine en Asie. Les États-Unis veulent dissuader la Chine en nouant des alliances militaires locales fortes. Mais le président américain doit aussi ménager son rival chinois, justement à cause de son quasi-monopole sur les terres rares raffinées. La Chine ne s’est pas gênée pour le rappeler à l’occasion la crise avec le Japon. Selon des informations de presse, le président américain a appelé Sanae Takaichi pour lui demander de ne pas provoquer la Chine au sujet de Taïwan. Le Japon a démenti, mais la Maison Blanche a ensuite publié un communiqué indiquant que tout le monde a intérêt à ce que les États-Unis et la Chine s’entendent bien. Et ce n’est sans doute pas un hasard si le Japon a indiqué hier avoir trouvé dans ses fonds marins des terres rares tant recherchées par les États-Unis pour réduire leur dépendance.

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  • En Amérique latine, une nouveau pays tombe dans l'orbite des États-Unis
    Feb 2 2026

    Il y avait dimanche une élection présidentielle au Costa Rica. Et selon les premiers résultats, Laura Fernandez candidate du parti conservateur l'emporte dès le premier tour.

    Elle a promis un programme à droite toute. Il faut dire que le pays d’un peu plus de cinq millions d’habitants, autrefois l’un des plus stables de la région, est confronté à une importante vague de violence liée au narcotrafic. Pour y remédier, Laura Fernandez veut s’inspirer des méthodes du président Salvadorien Nayib Bukele, qu’elle admire, en construisant notamment comme lui une méga-prison de haute sécurité. C’est l'une des raisons pour lesquelles ses adversaires ont des craintes pour les libertés. Ils l’accusent aussi d’être la future marionnette de l’ancien président conservateur Rodrigo Chaves, qui ne pouvait pas se représenter, et dont elle revendique l’héritage politique.

    Un nouveau domino qui tombe

    Si l’on élargit la perspective à l’ensemble de l’Amérique latine, ce résultat est une bonne nouvelle pour l’administration américaine. C’est un pays de plus qui penche vers Washington dans la région. Le Costa Rica se trouve de plus sur la route des migrations vers le nord, l’obsession politique du mouvement MAGA. Donald Trump a clairement exprimé sa volonté de réinstaurer la doctrine Monroe qui fait de l’Amérique latine sa sphère d’influence exclusive. Le pays est donc un nouveau domino qui tombe.

    Depuis le retour de Donald Trump, d’autres ont effectué ce virage à droite. Citons le Pérou avec un président intérimaire de droite, le Chili avec un président d’extrême droite, le Honduras, avec un président élu avec le soutien explicite de Donald Trump qui avait même menacé le pays si jamais son protégé ne l'emportait pas, la Bolivie, avec un président de centre-droit qui a succédé à 20 ans de pouvoir de gauche très anti-américaine. Sans compter les pays où les amis politiques étaient déjà en place : on a parlé de Nayib Bukele au Salvador, mais il y a aussi Daniel Noboa en Équateur et Javier Milei en Argentine.

    Donald Trump optimiste

    Et puis il y a un pays sur lequel les États-Unis exercent directement leur influence, c’est le Venezuela. Moins d'un mois après l’enlèvement spectaculaire de Nicolas Maduro, les relations semblent particulièrement fluides. La nouvelle cheffe de mission diplomatique américaine est arrivée dans le pays. Donald Trump lui-même ne tarit pas d’éloges pour la présidente par interim Delcy Rodriguez qu’il a qualifiée de formidable et invitée à Washington.

    Il faut dire que l’ancienne vice-présidente vénézuélienne a donné des gages. Elle a annoncé une amnistie générale, une réforme de la loi sur le pétrole et une réforme judiciaire, ainsi que la fermeture de la célèbre prison politique de l'Hélicoïde, dont ont commencé à sortir des prisonniers politiques. Donald Trump est tellement optimiste qu'il entrevoit même un accord possible avec le régime cubain honni depuis près de 70 ans à Washington. C’est dire si le président américain voit son projet latino-américain comme un plan qui se déroule sans accroc.

    À lire aussiCosta Rica: la candidate de droite Laura Fernandez élue présidente dès le premier tour

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  • Melania Trump, son film et les techno-barons du trumpisme
    Jan 30 2026

    Le vendredi aux États-Unis, c’est le jour des sorties cinéma. Avec aujourd’hui un film événement, qui sort dans 1 500 salles outre-Atlantique et 5 000 dans le monde. Son titre : « Melania ». Pour Melania Trump, évidement.

    C’est un documentaire autorisé, donc pas franchement critique. Il propose de suivre celle qui allait redevenir première dame pendant les vingt jours précédant la deuxième investiture de son mari. Ce film est produit par MGM, qui appartient à Amazon, dont le fondateur n’est autre que le milliardaire Jeff Bezos. La production a investi 75 millions de dollars dans cette affaire, dont 28 devraient revenir à la première dame en tant que coproductrice. Elle travaille donc à la fois son image et son bas de laine. Amazon ne devrait pas gagner d’argent sur ce film.

    Revoir son argent ailleurs

    Car pour le géant du numérique l’essentiel est ailleurs. Il s'agit de s’attirer les bonnes grâces de Donald Trump. L'espoir de Jeff Bezos étant de revoir son argent ailleurs, dans les commandes publiques pour ses autres entreprises, par exemple. Celui qui est aussi propriétaire de l’influent quotidien le Washington Post avait empêché son journal de prendre parti dans l’élection comme c’est de tradition, parce qu’il aurait choisi la candidate démocrate. Le journal avait même par la suite refusé un dessin dans lequel on pouvait voir les patrons de la tech, dont Jeff Bezos, déposer leurs offrandes aux pieds de Donald Trump.

    Instrument d'influence

    C’est le cœur de cette affaire à la fois économique et politique. Il s’agit pour le régime MAGA d'acquérir un maximum d’influence, aux États-Unis comme à l'étranger, pour construire un outil de soft power, de pouvoir sur les esprits. Le service Amazon Prime Video, sur lequel le film Melania sera disponible après son exploitation en salles, est accessible à plus de 200 pays et territoires dans le monde. C’est la même idée qui a présidé au feuilleton de la cession de la partie américaine de TikTok. L'entreprise qui a repris l'affaire, c'est Oracle, la société spécialisée dans le Cloud de Larry Ellison. Au début du mandat, il est venu annoncer des milliards d'investissements à la Maison Blanche. Il fait partie de la caste des techno-barons du trumpisme.

    Un géant démocrate ?

    Et il est impliqué dans l’une des grosses affaires du moment, le dossier du rachat de Warner Bros Discovery et du service de diffusion en ligne HBO Max. Le célèbre service de vidéo en ligne Netflix, disponible dans 190 pays a déposé une offre. Or le patron de Netflix, c’est Reed Hastings, un démocrate qui a mis sept millions de dollars dans la campagne de Kamala Harris. Netflix additionné de Warner et HBO, ce serait un géant dirigé par un démocrate et c’est une perspective qui déplaît à la Maison Blanche. C’est pourquoi Paramount-Skydance, propriété de David Ellison, fils de Larry Ellison, qui a apporté sa garantie financière, a déposé une contre-offre. Pour l’instant, les actionnaires de Warner préfèrent celle de Netflix, plus lucrative. Car pour eux, l’orientation politique des dirigeants reste secondaire par rapport aux dividendes.

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  • La deuxième phase du plan de paix pour Gaza a du mal à démarrer
    Jan 29 2026

    Au Proche-Orient, le corps du dernier otage enlevé par le Hamas le 7 octobre 2023 a été rapatrié et inhumé en Israël. C’était la dernière condition posée par Israël pour passer à la phase 2 du plan de de paix américain et validé par les Nations unies.

    Cette deuxième phase prévoit l'administration de la bande de Gaza par un comité technocratique palestinien, sous la supervision du « Conseil de la paix » présidé par Donald Trump. Il y a aussi la démilitarisation du territoire et le désarmement du Hamas, la mise en place d’une force internationale et le retrait progressif de l’armée israélienne.

    Aucun de ces points n’est simple. Le comité technocratique palestinien de quinze membres présidé par l’ancien vice-ministre palestinien Ali Shaath est actuellement basé au Caire. Et pour assumer ses fonctions, il faudrait déjà qu’il puisse circuler librement. C’est loin d’être le cas. Sous la pression des négociateurs américains Steve Witkoff et Jared Kushner, Israël a a annoncé la réouverture du point de passage de Rafah, entre l’Égypte et la bande de Gaza. Mais il s’agit d’une réouverture strictement encadrée par l’armée israélienne et limitée aux piétons. Pas de quoi faire entrer dans le territoire palestinien toute l’aide humanitaire nécessitée par la situation désastreuse comme le demandaient hier encore une dizaine de pays occidentaux dont la France.

    L'épineuse question du désarmement

    Et puis il y a l’épineuse question du désarmement du Hamas. C’est la priorité affichée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui veut le faire de manière facile ou difficile. Son gouvernement veut la destruction des armes du Hamas et de ses tunnels. Le Hamas refuse les conditions israéliennes et privilégie non pas une destruction de ses armes, ce serait nous voler notre âme disent ses dirigeants, mais un gel et un stockage, en échange d’une trêve prolongée.

    La force multinationale est elle aussi loin d’être constituée. Elle est censée être sur le terrain et former des unités de police palestinienne. Le Hamas dit ne pas avoir d’objection mais la voit comme une force d’interposition, façon Finul au Liban, pour, disent les dirigeants de l’organisation islamiste, les séparer de l’occupation, en l’occurrence Israël. L’État hébreu n’a jamais délégué sa sécurité à des pays tiers et il est extrêmement réticent à l’idée de la le faire. Plusieurs pays ont proposé de fournir des troupes, mais Israël récuse certains pays comme la Turquie, jugés trop proches du Hamas.

    Enfin il y a la question du retrait israélien de la bande de Gaza. Sans surprise, ce sera également difficile. Benjamin Netanyahu affirme qu’Israël « maintiendra son contrôle sécuritaire sur l'ensemble de la zone allant du Jourdain à la mer Méditerranée », soit Israël et l'ensemble des territoires palestiniens occupés. Et la situation actuelle de la ligne jaune derrière laquelle l’armée israélienne est censée rester, mais qui semble mouvante et autour de laquelle chaque partie s’accuse de violations fréquentes du cessez-le-feu, n’incite pas vraiment à l’optimisme.

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  • Alors que la répression continue, l'Iran de nouveau dans le viseur américain
    Jan 28 2026

    Après s’être abstenus de frapper l’Iran au plus fort de la répression meurtrière contre le mouvement de protestation, les Etats-Unis font de nouveau monter la pression sur la République islamique.

    L’arrivée dans l’océan Indien du porte-avion Abraham Lincoln et de son groupe naval, et l’arrivée d’autres moyens dans les prochains jours vont offrir plusieurs options à la Maison Blanche. C’est plus qu’au Venezuela précise Donald Trump dans une menace à peine voilée. Hier les Etats-Unis ont annoncé un exercice militaire aérien de plusieurs jours au Moyen-Orient. Cet exercice « démontrera la capacité à déployer, disperser et maintenir une puissance aérienne de combat » à travers la région explique la composante aérienne du commandement militaire américain pour la zone.

    Négocier, mais quoi ?

    Les Etats-Unis montrent donc leurs muscles et c’est une façon de communiquer. Avec l'électorat américain. C’est une dimension à ne pas négliger en année électorale après les changements de pied sur le Groenland et sur la politique anti-immigration au Minnesota. Communiquer aussi avec les mollahs qui ont réprimé le mouvement de protestation en faisant des dizaines de milliers de morts selon certaines ONG. Malgré cela, Donald Trump répète qu’il est ouvert à la négociation et son entourage affirme que les Iraniens connaissent les conditions américaines. Négocier quoi ? C’est toute la question. On en est réduit aux suppositions. Un départ d'Ali Khamenei et de son entourage ? Des concessions dans le dossier nucléaire ? Dans le pétrole ? L’objectif officiel des Etats-Unis, c’est de se désengager du Moyen-Orient pour se concentrer sur leur hémisphère et sur le pétrole du Venezuela. Mais ils se sont aperçu que cela prendra des années avant qu'il soit pleinement exploitable. En attendant, il faut bien s’adapter et maintenir les flux transitant par le détroit d'Ormuz.

    Hostilité et instabilité

    L'Iran réagit par la menace. Ce qui indique que le régime sent le danger. L'Iran considérera les pays voisins comme « hostiles » si « leur sol, leur ciel ou leurs eaux sont utilisés » pour des frappes contre le pays, a averti hier un haut responsable des forces navales des Gardiens de la Révolution. Le président iranien a même averti directement le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane que les menaces américaines ne feront que produire de l’instabilité pour les pays de la région.

    Eviter l'escalade

    Des pays qui depuis des jours et des jours font tout pour retenir le président américain d’agir. Et des pays qui font partie de son conseil pour la paix lancé il y a quelques jours. On y retrouve le Qatar, les Emirats Arabes unis et l'Arabie saoudite. On sait que le royaume saoudien s’est beaucoup fait entendre à Washington pour éviter une escalade qui déstabiliserait la région. Peut-être que l’Arabie saoudite préfère avoir face à elle un régime affaibli par les coups reçus par ses alliés dans la région mais un pays connu, plutôt qu’un pays de 90 millions d’habitants en pleine tourmente politique. Car en cas de changement de régime, on sait ce que l'on perd, mais on ne sait pas ce que l'on gagne.

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  • Pour les Européens, le chemin de l'autonomie numérique est encore long
    Jan 27 2026

    Quelques jours après la passe d’armes entre les États-Unis et plusieurs pays européens sur le Groenland, l’Union européenne continue d’avancer sur sa volonté d’autonomie vis-à-vis des États-Unis. Notamment dans le domaine numérique et de la sécurité.

    L'Union européenne a ouvert lundi 26 janvier une enquête concernant le réseau social X et l’apparition ces dernières semaines de fausses images de femmes dénudées, donc certaines étaient mineurs. Celles-ci étaient générées par Grox, l’outil d’intelligence artificielle de la plateforme. En décembre, le réseau social avait été frappé d’une amende pour non-conformité aux règles européennes sur les services numériques.

    Le patron et propriétaire de X, Elon Musk, s’en était pris à l’Union européenne en la comparant à l'Allemagne nazie et en appelant à son abolition. L’ancien commissaire européen français Thierry Breton, à l’origine de la réglementation, s’est vu interdit de territoire américain. Toujours

    lundi, l’Union a désigné la très populaire messagerie instantanée WhatsApp, du groupe Meta comme étant suffisamment importante pour devoir se conformer à encore davantage de réglementation européenne.

    Solutions souveraines

    Pas de recul, donc, et même une volonté de se sevrer des outils numériques américains. Le week-end dernier, la France a annoncé que les administrations vont progressivement adopter une nouvelle solution pour les réunions en visioconférence devenues indispensables depuis la crise du coronavirus : en employant un outil maison, l'État cherche des solutions techniques et des infrastructures souveraines pour remplacer outils majoritairement américains que sont Teams, Zoom, Google Meet ou autres.

    C’est un début, parce que de nombreux services informatiques sont basés sur des solutions américaines et notamment les suites bureautiques signées Microsoft, qui équipent une grande majorité des environnements professionnels - qu’ils soient publics ou privés.

    Risques pour les libertés et la sécurité

    La dépendance existe aussi au-delà des environnements de travail, sur des questions qui relèvent de la sécurité nationale. Lundi soir, l’Académie des sciences morales et politiques recevait discrètement à Paris l’un des barons du complexe techno-industriel américain, Peter Thiel. Soutien de la première heure de Donald Trump et financeur des campagnes électorales du vice-président JD Vance, Peter Thiel ne fait aucun mystère de son mépris de la démocratie et de son souhait de voir les structures étatiques dirigées sur le mode entrepreneurial tel qu’il le conçoit : avec un patron tout-puissant.

    Il est le cofondateur de Palantir, un outil de traitement des données à destination des États qui utilise l’intelligence artificielle pour faciliter la surveillance. Il est notamment utilisé actuellement par la police anti-migrants ICE, sous le feu des critiques aux États-Unis après avoir abattu deux personnes à Minneapolis. Mais des services de renseignements européens l'utilisent également, dont la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) en France.

    Les ONG dénoncent un risque pour les libertés et la sécurité de données sensibles maîtrisées par une entreprise proche du pouvoir américain. Présenté au départ comme une solution provisoire par la DGSI après les attentats de 2015, le contrat a été sans cesse renouvelé depuis, notamment en décembre, pour trois années supplémentaires. Trois années de plus à dépendre d’une organisation et d’un environnement qui n’apprécient pas spécialement le modèle européen.

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  • En Inde, l'UE lancée dans la course à la diversification des partenariats internationaux
    Jan 26 2026

    C’est la fête de la République en Inde lundi 26 janvier, avec son traditionnel défilé dans le centre de New Delhi. Comme souvent en pareille occasion, le Premier ministre indien Narendra Modi accueille des invités d’honneur et cette année, ils sont européens.

    La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Antonio Costa vont pouvoir admirer les acrobaties des motards des forces de sécurité, véritable clou du spectacle traditionnel du défilé, mais ils ne viennent pas pour ça.

    Ils sont en Inde pour conclure à partir de demain un accord de libre-échange en négociation depuis presque 20 ans entre le pays le plus peuplé du monde, davantage que la Chine, et le marché unique européen de 450 millions d’habitants. Les Européens espèrent une baisse des droits de douane dans un pays traditionnellement protectionniste. Les Indiens espèrent eux avoir accès à des technologies et à des investissements qui leur manquent. Ce n’est pas tout, un partenariat en matière de sécurité et de défense est également sur la table.

    Nouveaux débouchés

    L’Inde et l’Union européenne ont en commun d’être sous la pression commerciale de l’administration américaine. L’Europe a vu tripler l’été dernier la surtaxe sur ses exportations à destination des États-Unis. Très récemment, lors de la brusque montée de tension sur le Groenland, le président américain a menacé plusieurs pays européens d’aller encore plus loin avant de se rétracter, au moins provisoirement.

    L’Union européenne cherche donc de nouveaux débouchés avec cet accord, comme avec celui sur le Mercosur signé très récemment malgré les craintes pour son agriculture. Quant à l’Inde, elle s’est vu imposer 50 % de droits de douane sur ses exportations à destination des États-Unis l’été dernier. Le pays porte aussi une longue tradition de non-alignement : il continue par exemple de commercer avec la Russie en matière d’énergie et ne semble pas avoir du tout l’intention d’arrêter, même si cela contribue au financement de la guerre en Ukraine, l’une des principales préoccupations européennes.

    Nouvelle donne géopolitique

    La diversification, c’est le mot d’ordre aujourd’hui dans les relations internationales. Selon le principe éprouvé qu’il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier, le premier ministre canadien Mark Carney a conclu il y a quelques jours un accord de partenariat avec la Chine, ce qui lui vaut à lui aussi des menaces américaines de droits de douane. Mais les ambitions de domination mondiale de la Chine sont connues.

    La montée en puissance manufacturière chinoise a aussi entraîné un mouvement général de délocalisations qui a nourri les populismes, dont celui qui est au pouvoir aux États-Unis. C’est pourquoi, dans un discours qui a marqué les esprits la semaine dernière au Forum économique mondial de Davos, Mark Carney prenait acte de la nouvelle donne géopolitique et appelait les puissances moyennes à s’unir. Pour tenter d’éviter de vivre dans un monde que les grandes puissances semblent avoir l’intention de se partager en sphères d’influence.

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